GÉRARD BREGNARD (1920 - 2003)
Exposition du 1 septembre au 21 octobre 2018

« À COEUR OUVERT»
Peintures et dessins surréalistes
Ouverture: samedi et dimanche 14h-18h et sur rendez-vous

Oeuvres de Gérard Bregnard en vente sur notre site
Gérard Bregnard, peintre et sculpteur jurassien (1920 – 2003)
Le temps est venu de replacer en pleine lumière une oeuvre forte et singulière.
Fils unique, Gérard Bregnard naît le 8 décembre 1920, à Fontenais. Son père, qu'il admire, est guérisseur, musicien, intéressé par les forces cosmiques l'univers. Sa mère, timorée, limite ses contacts avec l'extérieur. Cette atmosphère familiale particulière contribuera à forger une personnalité hors norme.
Artiste autodidacte
Le jeune Gérard commence à gagner sa vie dès l'âge de 14 ans: il sera successivement commis de pharmacie, aide jardinier, ouvrier dans une fabrique de chaussures, dans une fabrique d’huile, de vinaigre et de motarde et enfin, durant dix-huit ans, à l'étampage d'une fabrique de boîtes de montres.
Mais en fait, il mène une double vie, consacrant passionnément tous ses loisirs à la lecture et au dessin. En 1948, il décide d'être peintre professionnel. Il lui faudra quatorze ans pour y parvenir. Le premier prix d'un concours national de sculpture, en 1962, donnera l'impulsion décisive pour qu'il puisse s'adonner complètement à sa passion.
Grâce à une bourse, il séjourne six mois en Amérique du Nord durant l'année 1966. Dès lors s'ouvre à lui une vie entièrement dédiée à l'art. Il s'installe en 1974 à Bressaucourt où il demeurera jusqu'à la fin de sa vie. Membre de l'Institut jurassien des sciences, des lettres et des arts, il fut aussi membre fondateur de la Société des peintres et sculpteurs jurassiens.

L'art sous toutes ses formes
Trois courants majeurs traversent l'oeuvre de cette grande figure de l'art jurassien:
- inspiration surréaliste
- inspiration constructiviste
- inspiration baroque d'esprit surréaliste.
Parallèlement à son oeuvre pictural, il crée des sculptures, notamment pour l'École professionnelle de Delémont et pour l'École normale de Porrentruy. De grandes peintures murales sont imaginées pour la Télévision suisse romande et le Lycée cantonal. En 1989, il peint un de ses chefs-d'oeuvre: un polyptique constitué de onze tableaux pour le choeur de la chapelle Saint-Charles. Illustrateur, il collabore avec Alexandre Voisard, Weber-Perret, Jean Osiris, Pierre-André Marchand. Il aimait aussi s'exprimer par l'écriture, utilisant les mots pour donner libre cours à son imagination, à son esprit inventif et à son sens poétique. Son Livre de bord, édité en fac-similé par les Éditions du Faubourg, en témoigne avec talent.
Son ami, le poète Alexandre Voisard, a dit de lui: «Homme des profondeurs - il s'y connaissait en matière de secrets de pénombre - il aurait pu faire sien cet axiome: c'est dans les profondeurs que gît la lumière. »
Chantal Calpe
Migros Magazine (22 février 2010)

Une création à coeur ouvert
Avec Gérard Bregnard, nous sommes jetés au centre vif d'une création à coeur ouvert dont l'authenticité se situe à un niveau supérieur: sans se soucier des formules en vogue ou des contingences d'une «carrière» à assurer de manière mondaine, l'artiste se laisse porter par les uniques injonctions de son imagination et de sa sensibilité. Il lance son chant avec la fougue heureuse, et en même temps inquiète, d'un oiseau solitaire. Précis comme un artisan, il atteint sans cesse, porté par une imagination aux larges envols, la haute liberté lyrique et déflagrante qui est le signe auquel nous pouvons reconnaître les vrais poètes. Sa vie, bien entendu, ne peut pas être dissociée de l'éclosion de son oeuvre; elle la nourrit et s'y accomplit.
Gérard Bregnard est né le 8 décembre 1920 à Fontenais où il a suivi l'école primaire. Très tôt il a dessiné, sans rien connaître de l'histoire de l'art. Très tôt aussi il a dû travailler, ce qui ne l'a jamais empêché de méditer devant la nature et les hommes en explorant, simultanément, la nuit constellée d'émois de sa propre subjectivité. Employé dans une pharmacie, ouvrier chez un horticulteur il est ensuite, pendant seize années étampeur de boîtes de montres dans une usine. Ce labeur ne l'empêche pas de s'épanouir. Il dessine, il peint, il rêve de réaliser des sculptures, mais il ne possède pas d'outillage.
En 1961, sans rien dire à personne, il participe à un concours pour l'édification d'une oeuvre monumentale devant un nouvel immeuble à Wangen près d'Olten. Sa maquette anonyme, obtient le premier prix. Stupeur du jury en trouvant le nom de cet inconnu dans l'enveloppe ! Du coup Bregnard sort de l'ombre. Il peut, dès lors, décider de se consacrer uniquement à l'expression des forces qui le hantent depuis toujours. Il s'y livre avec une identique autorité inspirée par les moyens de la peinture et ceux de la sculpture.
En dix années, son évolution le conduit à la pleine maîtrise d'un style personnel. Parti de personnages fantastiques proches parents des êtres de cauchemar chers à Paul Klee au moment de ses débuts, il suit l'itinéraire cubiste pour parfaire sa technique, mais il demeure fondamentalement toujours proche d'un surréalisme qu'il réinvente d'instinct. Sans doute découvre-t-il Miro, Tanguy, Dali ou Magritte, sans doute aussi apprend-il à connaître Gonzalès, mais ces influences restent passagères et vite assimilées.
Après un moment d'incertitude au terme d'une recomposition analytique de l'espace, il repart en flèche et ses dernières oeuvres picturales nous le montrent en pleine effervescence, réalisant selon une dynamique harmonie, un bel accord magique de l'onirisme dévoilé avec une facture très rigoureuse.
En sculpture, ses qualités sont du même ordre. Si nous devions pour les besoins d'une classification arbitraire (mais utile) chercher absolument une référence pour situer Gérard Bregnard, c'est au génie fougueux de Max Ernst, à son amour de l'insolite prismatique, à son humour décapant, que je le comparerais. C'est assez dire, je l'espère, que nous nous trouvons en présence d'un être rayonnant qui mérite maintenant une reconnaissance étendue aux principales villes de notre pays avant que l'étranger ne le découvre pour nous.
Freddy Buache (Revue Neuchâteloise, été 1969, No 47)
Peintures et dessins surréalistes
Exposition du 1 septembre au 21 octobre 2018
Ouverture: samedi et dimanche 14h-18h et sur rendez-vous
Oeuvres de Gérard Bregnard en vente sur notre site
Gérard BREGNARD
(1920 - 2003)
Centième anniversaire
10 octobre au 28 février 2021
Ouvert sur rendez-vous
Peintures et dessins surréalistes

Gérard Bregnard, peintre et sculpteur jurassien (1920 – 2003)
Le temps est venu de replacer en pleine lumière une oeuvre forte et singulière.
Fils unique, Gérard Bregnard naît le 8 décembre 1920, à Fontenais. Son père, qu'il admire, est guérisseur, musicien, intéressé par les forces cosmiques l'univers. Sa mère, timorée, limite ses contacts avec l'extérieur. Cette atmosphère familiale particulière contribuera à forger une personnalité hors norme.
Artiste autodidacte
Le jeune Gérard commence à gagner sa vie dès l'âge de 14 ans: il sera successivement commis de pharmacie, aide jardinier, ouvrier dans une fabrique de chaussures, dans une fabrique d’huile, de vinaigre et de motarde et enfin, durant dix-huit ans, à l'étampage d'une fabrique de boîtes de montres.
Mais en fait, il mène une double vie, consacrant passionnément tous ses loisirs à la lecture et au dessin. En 1948, il décide d'être peintre professionnel. Il lui faudra quatorze ans pour y parvenir. Le premier prix d'un concours national de sculpture, en 1962, donnera l'impulsion décisive pour qu'il puisse s'adonner complètement à sa passion.
Grâce à une bourse, il séjourne six mois en Amérique du Nord durant l'année 1966. Dès lors s'ouvre à lui une vie entièrement dédiée à l'art. Il s'installe en 1974 à Bressaucourt où il demeurera jusqu'à la fin de sa vie. Membre de l'Institut jurassien des sciences, des lettres et des arts, il fut aussi membre fondateur de la Société des peintres et sculpteurs jurassiens.

L'art sous toutes ses formes
Trois courants majeurs traversent l'oeuvre de cette grande figure de l'art jurassien:
- inspiration surréaliste
- inspiration constructiviste
- inspiration baroque d'esprit surréaliste.
Parallèlement à son oeuvre pictural, il crée des sculptures, notamment pour l'École professionnelle de Delémont et pour l'École normale de Porrentruy. De grandes peintures murales sont imaginées pour la Télévision suisse romande et le Lycée cantonal. En 1989, il peint un de ses chefs-d'oeuvre: un polyptique constitué de onze tableaux pour le choeur de la chapelle Saint-Charles. Illustrateur, il collabore avec Alexandre Voisard, Weber-Perret, Jean Osiris, Pierre-André Marchand. Il aimait aussi s'exprimer par l'écriture, utilisant les mots pour donner libre cours à son imagination, à son esprit inventif et à son sens poétique. Son Livre de bord, édité en fac-similé par les Éditions du Faubourg, en témoigne avec talent.
Son ami, le poète Alexandre Voisard, a dit de lui: «Homme des profondeurs - il s'y connaissait en matière de secrets de pénombre - il aurait pu faire sien cet axiome: c'est dans les profondeurs que gît la lumière. »
Chantal Calpe
Migros Magazine (22 février 2010)

Une création à coeur ouvert
Avec Gérard Bregnard, nous sommes jetés au centre vif d'une création à coeur ouvert dont l'authenticité se situe à un niveau supérieur: sans se soucier des formules en vogue ou des contingences d'une «carrière» à assurer de manière mondaine, l'artiste se laisse porter par les uniques injonctions de son imagination et de sa sensibilité. Il lance son chant avec la fougue heureuse, et en même temps inquiète, d'un oiseau solitaire. Précis comme un artisan, il atteint sans cesse, porté par une imagination aux larges envols, la haute liberté lyrique et déflagrante qui est le signe auquel nous pouvons reconnaître les vrais poètes. Sa vie, bien entendu, ne peut pas être dissociée de l'éclosion de son oeuvre; elle la nourrit et s'y accomplit.
Gérard Bregnard est né le 8 décembre 1920 à Fontenais où il a suivi l'école primaire. Très tôt il a dessiné, sans rien connaître de l'histoire de l'art. Très tôt aussi il a dû travailler, ce qui ne l'a jamais empêché de méditer devant la nature et les hommes en explorant, simultanément, la nuit constellée d'émois de sa propre subjectivité. Employé dans une pharmacie, ouvrier chez un horticulteur il est ensuite, pendant seize années étampeur de boîtes de montres dans une usine. Ce labeur ne l'empêche pas de s'épanouir. Il dessine, il peint, il rêve de réaliser des sculptures, mais il ne possède pas d'outillage.
En 1961, sans rien dire à personne, il participe à un concours pour l'édification d'une oeuvre monumentale devant un nouvel immeuble à Wangen près d'Olten. Sa maquette anonyme, obtient le premier prix. Stupeur du jury en trouvant le nom de cet inconnu dans l'enveloppe ! Du coup Bregnard sort de l'ombre. Il peut, dès lors, décider de se consacrer uniquement à l'expression des forces qui le hantent depuis toujours. Il s'y livre avec une identique autorité inspirée par les moyens de la peinture et ceux de la sculpture.
En dix années, son évolution le conduit à la pleine maîtrise d'un style personnel. Parti de personnages fantastiques proches parents des êtres de cauchemar chers à Paul Klee au moment de ses débuts, il suit l'itinéraire cubiste pour parfaire sa technique, mais il demeure fondamentalement toujours proche d'un surréalisme qu'il réinvente d'instinct. Sans doute découvre-t-il Miro, Tanguy, Dali ou Magritte, sans doute aussi apprend-il à connaître Gonzalès, mais ces influences restent passagères et vite assimilées.
Après un moment d'incertitude au terme d'une recomposition analytique de l'espace, il repart en flèche et ses dernières oeuvres picturales nous le montrent en pleine effervescence, réalisant selon une dynamique harmonie, un bel accord magique de l'onirisme dévoilé avec une facture très rigoureuse.
En sculpture, ses qualités sont du même ordre. Si nous devions pour les besoins d'une classification arbitraire (mais utile) chercher absolument une référence pour situer Gérard Bregnard, c'est au génie fougueux de Max Ernst, à son amour de l'insolite prismatique, à son humour décapant, que je le comparerais. C'est assez dire, je l'espère, que nous nous trouvons en présence d'un être rayonnant qui mérite maintenant une reconnaissance étendue aux principales villes de notre pays avant que l'étranger ne le découvre pour nous.
Freddy Buache (Revue Neuchâteloise, été 1969, No 47)
Gérard BREGNARD
Peintures et dessins surréalistes
Exposition du 10 octobre au 28 février 2021
Ouvert sur rendez-vous
Oeuvres de Gérard Bregnard en vente sur notre site
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HELVETICA
Gravures Helvetica en vente sur notre site Dans le processus de reproduction graphique classique, on désigne par les termes de gravure ou d'estampe toute image exécutée par un procédé manuel et généralement imprimée sur papier (Imprimerie). La gravure servit d'abord à enseigner ou à édifier, puis aux XIXe et XXe siècle, surtout, à rendre accessibles au plus grand nombre les œuvres d'art. Il faut distinguer la gravure originale exécutée par l'artiste et la gravure de reproduction exécutée d'après un dessin ou une peinture. Le concepteur et l'exécutant ne sont pas toujours identiques; pendant longtemps, on a considéré l'inventeur de l'image comme un artiste et l'exécutant comme un artisan. Au début de la gravure, soit à l'époque des bois gravés (taille d'épargne ou en relief: le graveur détoure le dessin en creusant le bois), les artistes suisses égalèrent leurs collègues européens. A Bâle, où le premier moulin à papier avait vu le jour en 1433, la gravure sur bois servit, vers 1450, à fabriquer des jeux de cartes. En 1565/1566, le maître Firabet de Rapperswil (SG) imprima la première feuille signée et on lui attribue aussi le premier livre-blocs ou livret xylographique rapportant la légende de saint Meinrad. Au XVIe s., Bâle, où œuvraient des dessinateurs exceptionnels comme Urs Graf le Vieux, Hans Holbein le Jeune et Conrad Schnitt (Dessin), resta un centre majeur de production; des œuvres monumentales comme La bataille de Dornach (vers 1500) de Daniel Schwegler ou la Généalogie des comtes palatins de Johann Basilius Herold (1556) sont des produits bâlois. Dans le domaine du livre illustré (Illustration), les exemples zurichois les plus fameux sont la Chronik der Eidgenossenschaft (1547/1548) de Johannes Stumpf et l'Historia animalium de Konrad Gessner (1551-1558). La gravure sur bois traditionnelle, au dessin linéaire, utilisée pour une production populaire, subit une éclipse dès le XVIIe s., mais produisit des représentants remarquables, comme Johann Jost Hiltensperger au XVIIIe s. à Zoug ou la famille Loertscher de Vevey au XIXe s. et ses illustrations d'almanachs. La fabrication de cartes à jouer de Schaffhouse, au cours de ce même siècle, marqua la fin de ce développement. A partir des années 1840 et jusqu'au tournant du XXe siècle, de nombreux ateliers de xylographie s'efforcèrent de couvrir la demande croissante de reproductions avec d'habiles gravures sur bois de bout (taillé perpendiculairement aux fibres). Au XXe siècle, l'impression en à-plat, que Cuno Amiet avait introduite en Suisse autour de 1906, permit à la gravure sur bois de retrouver une place importante dans le domaine artistique avec les gravures expressionnistes d'Ignaz Epper et d'Albert Müller, les manifestes politico-sociaux d'Emil Burki et d'Emil Zbinden, les feuilles virtuoses d'Aldo Patocchi, les illustrations en couleurs de Felix Hoffmann et les travaux surdimensionnés de Josef Felix Müller et Franz Gertsch. Dans les techniques de la taille douce ou en creux (burin, eau-forte, aquatinte, pointe sèche), la gravure sur métal se développa en Suisse à partir de la fin du XVIe s. de façon autonome et provinciale. Vers 1570-1580, Jean Perrissin de Genève et Christoph Murer de Zurich pratiquèrent à la fois la gravure sur bois et l'eau-forte. La plupart des eaux-fortes de cette époque furent gravées sur cuivre; les artistes adoptèrent sporadiquement et avec retard les techniques du mezzo-tinto (ou manière noire) à partir de 1730 et l'aquatinte dès 1790. On ne trouve pas en Suisse des artistes aussi importants que Jacques Callot, Rembrandt, Piranèse ou Goya, qui dominèrent l'estampe originale de leur époque. La gravure helvétique des Temps modernes se caractérise par sa sobriété et, au mieux, par sa précision. Les thèmes patriotiques dominent, de la Naissance de la Confédération (1580) de Christoph Murer au cycle guerrier de Laurent Louis Midart (1779-1788) en passant par la Bataille de Morat (1609) de Martin Martini. Guillaume Tell fut un thème favori pendant des siècles. A partir de 1740, des œuvres topographiques furent créées dans un esprit patriotique par l'aquafortiste David Herrliberger. Conrad Meyer, le graphiste le plus original du XVIIe siècle, fut l'un des cofondateurs des très moralisantes Neujahrsblätter zurichoises. Salomon Gessner, qui cultiva un rococo modéré comme poète, peintre, graphiste original et éditeur, fut un personnage plus singulier. Le graveur sur cuivre Johann Heinrich Lips atteignit un haut niveau technique dans le style classique de l'époque de Goethe. Sous l'Ancien Régime, il n'existait pas en Suisse de grandes entreprises produisant des estampes de haute qualité. C'est pourquoi la série de quelque soixante planches baroques des couvents et des collèges suisses fut, à une feuille près, exécutée à Augsbourg (1661-1794). La gravure suisse se caractérise alors par des entreprises groupant un maître et ses élèves ou les membres d'une famille. C'est le cas par exemple de Johann Ulrich Schellenberg et de son fils Johann Rudolf, à Winterthour, des frères Abraham, Alexandre, Abram-Louis et Charles-Samuel Girardet au Locle au XVIIIe s. ou encore, au XIXe siècle, de Gabriel Lory père et Gabriel Lory fils à Berne et Neuchâtel. Trois éditeurs de livres d'art dirigèrent des entreprises plus importantes. A Bâle, Christian von Mechel employa de nombreux graveurs à partir de 1764. Plusieurs artistes, dirigés par Lory père, travaillèrent de 1792 à 1809 à Hérisau pour Johannes Walser, se spécialisant dans des paysages russes. Johann Heinrich Bleuler et son fils Johann Ludwig animèrent à partir des années 1790 une école de peinture à Feuerthalen, Schaffhouse et Laufen, qui devait subsister jusqu'en 1873. Vers la fin du XVIIIe siècle, quelques artistes expérimentèrent les techniques de demi-tons, comme Jean-Etienne Liotard qui utilisa la manière noire vers 1780, ou Henri Courvoisier (vers 1790) et Ludwig Hess (vers 1800) qui pratiquèrent l'aquatinte. Au XIXe s., cette dernière fut utilisée exclusivement pour des vedute (Vues) dans lesquelles Franz Hegi et Johann Baptist Isenring excellèrent. A partir de 1850, la gravure sur acier servit le même but. Dans l'histoire de la gravure suisse, il faut citer trois innovations. Vers 1520, Urs Graf le Vieux découvrit la xylographie à lignes blanches qui reproduisait le clair-obscur du dessin et réalisa les premières gravures sur acier; ces deux techniques ne furent pas développées par la suite. Vers 1600, Dietrich Meyer l'ancien inventa un procédé d'eau-forte, adopté par ses fils Rudolf et Conrad, par son élève Matthaeus Merian et, vers 1800, par Johann Heinrich Füssli à Londres et que Félicien Rops et Pierre-Auguste Renoir utilisèrent sous le nom de vernis mou. Au début des années 1760, Johann Ludwig Aberli développa à Berne la technique de l'eau-forte au trait aquarellée, méthode qui permettait une division du travail assez poussée (une fois gravées, les estampes étaient coloriées à la main en série par des aides) et donc réduisait les coûts. Cette technique, essentiellement utilisée jusque vers 1830 par les petits maîtres pour des reproductions de paysages, apporta aux éditions d'art helvétiques une période florissante. Les principaux peintres sur gravure furent, outre Aberli, ses collaborateurs et continuateurs Heinrich Rieter, Sigmund Freudenberger, Balthasar Anton Dunker et Johann Jakob Biedermann, dont les quatre vues de la Suisse en format impérial furent, vers 1800, particulièrement remarquables. Au XIXe s., la lithographie prit la relève de la gravure à l'eau-forte pour la reproduction (l'artiste dessine sur une pierre calcaire à l'aide d'un crayon gras et l'imprimeur se charge des tirages). Son principal représentant fut l'influent paysagiste Alexandre Calame. Les images historiques critiquant l'époque et les caricatures du dessinateur politique Martin Disteli furent popularisées par son Schweizerischer Bildkalender (1839-1844). L'écrivain Rodolphe Töpffer fut un précurseur marquant de la bande dessinée (1827-1845). Au début du XXe s., les pionniers de l'affiche, Henry-Claudius Forestier, Emile Cardinaux, Burkhard Mangold et Otto Braumberger, élevèrent à un haut degré la lithographie en couleurs. Plus tard, des artistes comme Augusto Giacometti, Otto Morach, Niklaus Stoecklin, Hans Erni et Hans Falk maintinrent ce niveau. L'estampe artistique du XXe siècle reprit les anciennes techniques, notamment la taille-douce, que les artistes utilisèrent avec une grande liberté d'invention. On citera surtout les eaux-fortes expressives de Fritz Pauli, les lithographies bouffonnes de Hans Fischer, les aquatintes sur zinc sacralisantes de Max Hunziker, les tailles-douces éruptives de Bernhard Luginbühl, les eaux-fortes de formes sévères de Johannes Gachnang, les gravures sur cuivre en couleurs singulières d'Albert-Edgar Yersin, les techniques mixtes de Dieter Roth, d'André Thomkins, de Markus Raetz et de Martin Disler, sans oublier les sérigraphies constructivistes de Camille Graeser. Dans le domaine de la cartographie, la Suisse a produit des œuvres de classe européenne. Citons les plans de Zurich (1576), de Fribourg (1606) et de Lucerne (1790-1791), les vues à vol d'oiseau des territoires de Berne (1577-1578) et de la Suisse centrale (1830-1835) et la carte Dufour (1845-1864) qui valut à la cartographie suisse une renommée mondiale. Une autre spécialité est le panorama alpin qui fut inauguré en 1788 par la Chaîne des Alpes de Sigmund Gottlieb Studer. Jean-Frédéric d'Ostervald et Jakob Samuel Weibel créèrent la Vue générale de la Chaîne des Alpes (1806). L'ivresse des vues prises du sommet débuta par le Panorama vom Rigi Berg de Heinrich Keller (1815) et culmina dans le Tödi-Panorama inachevé d'Albert Bosshard (1912-1916). Les artistes suisses qui s'expatrièrent donnèrent des élans marquants à la gravure européenne. Au XVIe siècle, Jost Amman exerça ses multiples talents à Nuremberg, tandis que Tobias Stimmer donnait libre cours à son esprit satirique à Strasbourg. Aux XVIIe et XVIIIe siècle, Matthaeus Merian, le plus grand éditeur de livres illustrés du baroque allemand, travailla à Francfort-sur-le-Main, l'aquafortiste Johann Jakob Thurneysen à Lyon, Vienne et Augsbourg, Jakob Frey à Rome, Adrian Zingg à Dresde, Bénédict-Alphonse Nicollet et son élève Abraham Girardet à Paris, Louis Ducros (qui collabora avec Giovanni Volpato) à Rome. Johann Jakob Weber publia à Leipzig avec son Pfennig-Magazin (à partir de 1833) et son Illustrirte Zeitung (dès 1843) les premiers hebdomadaires à grand public d'Allemagne illustrés de xylographies. Dans les années 1880 et 1890, Théophile Alexandre Steinlen et Félix Vallotton s'imposèrent à Paris, l'un par ses affiches de critique sociale, l'autre comme pionnier de la xylogravure moderne à larges plages noires et blanches. Des graveurs de premier plan comme Otto Gampert, Carl Theodor Meyer et Albert Welti s'épanouirent à Munich, Karl Stauffer-Bern à Berlin et Alexis Forel à Paris. Au XXe siècle enfin, Paul Klee (Weimar 1921-1925) et Alberto Giacometti (Paris à partir de 1933) créèrent des eaux-fortes et des lithographies qui comptent parmi les plus belles gravures de tous les temps. Les portraits sont la pierre de touche du savoir-faire et de l'expressivité de la gravure. En témoignent le mieux les images de grandes personnalités intellectuelles. La gravité du modèle et le réalisme du graveur sont caractéristiques de la gravure suisse. On ne citera qu'Erasme de Hans Holbein le Jeune et Veit Speckle (1538-1539), le naturaliste Konrad Gessner sur le bois gravé de Grosshans Thomman et Ludwig Fryg (1564-1565), l'archéologue Johann Joachim Winckelmann portraituré par Angelica Kauffmann (1764), le regard mélancolique du philanthrope Hans Caspar Hirzel vu par Felix Maria Diogg (1794), Hans Conrad Escher de la Linth sur l'eau-forte de Hans Jakob Oeri et Hans Jakob Lips (1823) et le Gottfried Keller de Karl Stauffer-Bern (1887). Source: https://hls-dhs-dss.ch/ Gravures Helvetica en vente sur notre site
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SERGE VOISARD (1913 - 1996)
En 1932 il obtient son brevet d'enseignant et devient instituteur. Exposition à Moutier en 1938, 1939 et en 1946. En 1957 il est nommé maître de dessin à l'école normale de Delémont.
Peintre prévôtois Il n'est évidemment pas le seul artiste-peintre à qui l'on pourrait attribuer ce titre de «peintre prévôtois». Mais il est assurément celui à qui cette« appellation contrôlée » convient le mieux. Pourtant, Serge Voisard n'est pas né à Moutier. Il y est venu d'Ajoie son pays d'origine et de naissance en mars 1935. Il venait, en effet, d'être nommé en qualité de maître de dessin - et d'autres branches - à notre école secondaire. Enthousiaste, plein d'entrain, pétri de talent, il a su emballer ses élèves et provoquer chez certains cette volonté qui conduit au professionnalisme en art. Mais ce n'est pas tout. Dès son arrivée à Moutier, Serge Voisard entra en contact et tout de suite en amitié avec un autre «cinglé» de peinture mon regretté frère Charles, hélas décédé en 1948. Ensemble, Voisard et Robert groupèrent autour d'eux tout ce qui, à Moutier, aimait dessiner et peindre. Ce fut, en 1938, la création de la Société des peintres et sculpteurs prévôtois, avec la première exposition. Treize artistes y présentèrent leurs oeuvres. Voici leurs noms, par ordre alphabétique Walter Aebischer, Fritz Boegli, Ernest Boesiger, César Créa, Walter Fürst, Henri Germiquet, Jacques Kienzle, Frédy Laufer, Hélène Moser, André Nicolet, Charles Robert, Mariette Sauvain et Serge Voisard. Ce n'était pas, on s'en doute, une exposition de première qualité. Certains des artistes étaient vraiment des amateurs. Mais l'enthousiasme, la joie de créer et aussi de se rencontrer entre amis fit merveille. Ces expositions - car il y en eut d'autres après celle de 1938 - attiraient à l'Hôtel de la Gare, puis au Foyer, tout ce qui, à Moutier, s'intéressait aux arts. Pour cela aussi Serge Voisard mérite notre reconnaissance. Un style personnel C'est ce bouillonnement qui a permis, quelques années plus tard, la création du Club Jurassien des Arts puis de son Musée Jurassien des Beaux-Arts. Je ne saurais l'oublier. Mais tout cela ne nous dit rien du talent de Voisard. Qui est-il en peinture et que veut-il ? C'est tout d'abord un parfait individualiste, peu sujet aux emballements en matière de style. Elève de Nicolet, en son temps professeur de dessin et de peinture à Porrentruy. Voisard s'est fabriqué un style personnel. Entre mille oeuvres, nous saurions reconnaître un Voisard. Ses sujets, il ne va pas les chercher très loin. Il les trouve tout naturellement à Moutier et dans le Jura. Comme un bon artisan, il travaille ses huiles, ses aquarelles et ses dessins, honnêtement, sans chercher de midi à quatorze heures. Je ne dis pas que cette manière d'approcher la peinture soit la seule, ni même qu'elle soit la meilleure. Mais c'est là le style de Serge Voisard. Et il y excelle. De nombreuses familles prévôtoises ont accroché dans leur appartement une ou plusieurs oeuvres de notre «peintre prévôtois». Moutier, vue d'une des fenêtres de l'ancienne école secondaire - aujourd'hui Hôtel de Ville - La ville croquée de la nouvelle école secondaire ou d'un des points de vue nombreux entourant Moutier. On ferait, de tous ces tableaux et tableautins, une grande exposition de la gloire de notre ville. Et l'on en ferait autant des villages voisins ou des Franches-Montagnes. Il a également illustré des livres d'école et des palettes de poésie. Signalons, dans ce domaine, «Hiver Gaillard», une réussite toute particulière. Serge Voisard y a illustré des poèmes d'Henry Devain et rarement, sans doute, l'illustration colle au texte de façon aussi parfaite. Il y aurait beaucoup à dire encore sur notre peintre et dessinateur prévôtois. Curieusement, Serge Voisard, dont l'influence sur la jeunesse était - et est sans doute encore importante, même si le maître d'école a pris sa retraite - un personnage peu influençable en art. Il reste fidèle à lui-même, peu soucieux de savoir si cela plait à certains de ses amis ayant subi fortement l'attrait de l'art abstrait. A chacun de nous de dire ou de penser s'il a tort ou raison. Max Robert, 25 février 1982 Divers articles de presse (.pdf)
Les hauts des Montbovats - aquarelle 1986 (31cm x 47cm)
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