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Paul FROIDEVAUX 

 (1918-1998)

Peintre lausannois

Paul Froidevaux, peintre vaudois (1918-1998)

Peintre, né a Genève le 23 août 1918, décédé à Lausanne en 1998. Etudes secondaires en France, cours de peinture à l'Académie Madeleine Frisson à Paris puis à l'atelier d'Henri Royer. De retour en Suisse à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale durant laquelle il est mobilisé pour de longues périodes. 

Domicilié à Lausanne depuis 1939, nourri par de très fréquents séjours à l'étranger. Italie, Provence, Espagne, Grèce, Tunisie et Portugal sont tous des découvertes qui révèlent cette lumière méditerranéenne qui illumine nombre de ses tableaux. Autres sujets présents dans son oeuvre sont les paysages d'hiver du Jura ou du Pays de Vaud. Il écrira en 1979 dans son journal: "Le choc initial peut naître de rapports colorés ou de matières entre un mur à Myconos et la mer comme aussi des rapports de gris et de blancs dans un paysage hivernal."

Expose à de nombreuses reprises en Suisse. Il est présent dans des collections publiques, par exemple au Musée Cantonal des Beaux arts à Lausanne et au Musée Jenish à Vevey.

 

Paul Froidevaux expose à la société des Amis des Arts

Novembre 1992 (Neuchâtel)

Paul Froidevaux est né à Genève en 1918 d'une famille d'origine jurassienne.

En France entre 1925 et 1939, il étudie le dessin et la peinture à l'Académie Madeleine Frisson. Rentré en Suisse en 1939, il s'installe à Lausanne où il vit et travaille.

En 1963, il reçoit la Bourse Alice Bailly et depuis 1966 fait partie du Conseil de la Fondation du même nom.

Il est membre de la Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses, section vaudoise.

A partir de 1946, Paul Froidevaux ne cesse d'exposer en Suisse et en France notamment.

De nouveaux prix récompensent son travail et ses œuvres sont présentes à travers le monde dans des collections publiques et privées.

Sa vie est ponctuée de voyages et de séjours d'étude en France, en Italie, en Espagne et en Grèce, pays qui lui révèlent une certaine qualité de lumière. D'où le titre «Paul Froidevaux, la lumière du peintre» qu'a donné Michel Terrapon à la monographie parue en 1988, à l'occasion du 70e anniversaire de l'artiste et de sa première exposition à Neuchâtel, à la Galerie des Amis des Arts.

«Quel que soit le sujet, nature morte, nu, hiver dans le Jorat vaudois ou paysage du bassin méditerranéen... Paul Froidevaux chante un hymne à la lumière. M. Terrapon ».

Peintre de vocation et de tempérament, Paul Froidevaux ne cherche pas à reproduire ou à décrire, mais à dire une sensation, un état, un moment du monde.

 

Paul Froidevaux dans la Collection jurassienne des beaux-arts (*)

La Collection jurassienne des beaux-arts conserve neuf oeuvres de Paul Froidevaux, toutes des paysages: campagnes hivernales (notamment jurassiennes), vues portuaires (Ouchy), certains plus exotiques.

La vie lausannoise du peintre est en effet ponctuée de très fréquents séjours à l'étranger: Portugal, Italie, Provence, Espagne, Grèce et Tunisie. la lumière de la Méditerranée le fascine.

Paul Froidevaux est né à Genève dans une famille originaire des Bois. Il vit en France entre 1925 et 1939, étudie le dessin et la peinture à Paris, à l'Académie Madeleine Frisson et à l'atelier d'Henri Royer. Rentré en Suisse en 1939, le peintre, dessinateur, illustrateur et créateur de tapisseries, s'installe à Lausanne où il vit et travaille jusqu'à son décès.

A partir de 1946, il présente son travail collectivement et en solo, en France et en Suisse. En 1963, Paul Froidevaux reçoit la bourse Alice Bailly.

Il expose notamment à Lausanne, en 1980 au Musée des beaux-arts et trois ans plus tard à la galerie Paul Vallotton. Le Musée historique de Lausanne lui consacre une rétrospective en 1988.

 «Grèce» (*)

Au loin, une côte qui est peut-être celle d'une île voisine. Au premier plan, très proche, un village désert, adossé au pan abrupt de la roche qui surplombe la baie.

Loin des clichés en bleu et blanc immaculés, Paul Froidevaux livre une vision des îles grecques - à moins qu'il ne s'agisse de la côte - plus intime et moins conforme aux prospectus.

Comme on peut les sentir en automne, lorsque la terre sèche se mêle aux reflets dorés de la végétation brûlée par le soleil d'été. Une douceur qui s'accommode des tons discrets des bâtisses toutes simples, au sommet arrondi en berceau, enchâssées les unes aux autres sans autre délimitation que celle des plages de couleur. Des teintes récurrentes chez un peintre à la palette constamment réduite aux teintes minérales communes. Ce sont elles qui expriment les jeux d'ombre sur les façades, rythmées par les rectangles sombres et étroits des ouvertures, permettant cette composition cubiste.

Par la touche de peinture très visible, qui entraîne des nuances, des épaisseurs accrochant la lumière, le paysage tout entier vibre. Une économie de moyens formels et de couleurs telle que sans la coupole dominant le bourg comme un phare clair dans le cie l gris, immédiatement identifiée à une église orthodoxe, on peinerait peut-être à reconnaître le sujet. On pourait même y voir, en pied au premier plan, un portrait de femme...

(*) Source : Le Quotidien Jurassien, 30 novembre 2024

 

Oeuvres de Paul Froidevaux en vente sur notre site

  

 

 

Aurèle BARRAUD

(1903-1969)

Peintre neuchâtelois 

  

Photos de la délégation chaux-de-fonnière au congrès fondateur du parti communiste suisse à Zurich en 1936 (fin mai-début juin).

Aurèle Barraud est la 3ème personne au premier rang (photo du haut) et au premier rang (photo du bas. Sa femme est la 4ème personne au dernier rang avec le point levé (photo du bas) et la cinquième au deuxième rang (photo du bas) avec une chemise blanche.

Né le 6 juin 1903 à La Chaux-de-Fonds, mort le 7 décembre 1969 à Genève.

Il étudie la gravure à l'École d'art de La Chaux-de-Fonds, travaille deux ans à Reims et passe neuf ans à Paris avec son frère Aimé avant de retourner à La Chaux-de-Fonds.

Il s'installe ensuite à Genève.

Aurèle Barraud

au musée du Locle

(Novembre 1962)


La biographie des quatre frères Barraud, c'est une épopée de bravoure et de mélancolie. Les quatre frères, c’est les Quatre Fils Aymon chevauchant la Chimère.

Aurèle, lui, c'est le cadet des sept enfants que comptait la famille. Mais quand il déclare qu'il n'a pas appris de métier, on serait tenté de lui répondre : « Tant mieux, la peinture y eût perdu ! ».

Tout de suite, il connaît la lutte pour la vie. En 1920, pas de travail. Alors il s'expatrie. A Reims, dans les régions dévastées de la Champagne. Il s'y improvise peintre en bâtiment, mais sa vocation le tient, et ses moments libres, il les passe devant «le motif».

On lui offre des bourses d'étude s'il veut se naturaliser français. Il refuse. Il reste de son pays. Il veut garder aussi son caractère. Il ne se sacrifie à aucune mode. Mais le travail manque. Il doit revenir au pays.

Pas pour longtemps cependant, Avec un frère, il part à Paris vers la grande aventure. Le soir et le dimanche, il travaille « sa » peinture, car il sait déjà qu'il ne doit se noyer dans aucune école.

Il exposera à la « Foire aux Navets » à Montparnasse, à la « Foire aux Croûtes» de Montmartre. Et c'est le premier miracle. Ce sont les frères Barraud qui imposent leur manière de voir aux artistes français.

Ce caractère méticuleux qu'il doit à son origine et qu'il conserve jalousement contre vents et marée, ouvrira à Aurèle Barraud (comme à ses frères) les portes de Ia célèbre galerie Bernheim à Paris.

On le retrouve encore chez Fabre, chez Carpentier. Malheureusement, ces treize années de lutte quotidienne à Paris n'ont pas été sans laisser de traces. Il revient malade.

Le voici donc de nouveau installé à La Chaux-de-Fonds. De plus en plus le nom de Barraud s'impose. Ce sont donc des expositions au Locle, à Zurich, à Bâle, à Berne.

Aurèle Barraud devient membre des « Peintres sculpteurs et architectes suisses ». Il émigre encore une fois. A Genève où il réside depuis 23 ans. Et s'il y avait quatre Barraud à La Chaux-de-Fonds, Aurèle en trouve un autre à Genève : Maurice.

Travaillant toujours avec acharnement, il parvient à s'imposer. L'Athénée s'ouvre à ses travaux, le Musée Rath abrite les quatre frères. L'étranger l’appelle et on le trouve à Messine, à Rimini, à Paris, à Bruxelles, à Moscou, à Sofia, en Corée. Et comme cet internationalisme lui convient, il épousera une Belge dont il aura deux filles.

Aurèle Barraud apparaît, dans ses oeuvres, comme le représentant d'un humanisme lyrique. Il a eu soin de ne jamais s’engager dans une voie déjà frayée comme trop de ses collègues. « Au fond, aime-à dire Aurèle Barraud, nous avons toujours été d'avant-garde. Voilà quarante ans que nous sommes des néo-réalistes ! » Mais qu'on ne s'abuse pas ! Aurèle Barraud va au-delà du réalisme.

Comme ses frères, il a su créer un univers. Sans jamais rien renier de ses origines. Il s'oppose au réalisme brutal des peintres anecdotiers, aux puérilités des fabulistes, aux abstractions des avant-gardistes. Il ne se rattache à aucune école, ou plutôt à une seule : l'école Barraud. Son oeuvre annonce le retour de la peinture à l'humain.

La palette et le dessin d'Aurèle s'accordent à ses thèmes, créent un « climat moral » qui donne à ses peintures leur signification et leur résonnance chez le spectateur. Il fait concourir forme et sujet, à un effet d'ensemble. Aurèle peint son poème de la vie.

Mais il y a aussi un autre Aurèle Barraud. C'est l’Aurèle Barraud aquafortiste. Aurèle Barraud graveur. Il est vrai qu'il a de qui tenir. Son père était lui aussi graveur. Et quel graveur ! C'est ainsi que les quatre frères apprirent à dessiner « à la graveur », avec cette minutie, ce goût de l'ouvrage bien faite qui jamais ne se démentiront. Et c'est ainsi qu'Aurèle Barraud est devenu un graveur magnifique.

Jamais nous nous lassons à ses eaux-fortes, toutes de spontanéité, de finesse et d'équilibre et où le sel attique ne manque pas. Mais cela ne vient-il pas précisément pas du fait qu'Aurèle sait graver sa plaque directement devant la nature ? Car il est vraiment graveur-paysagiste.

Enfin il serait injuste de passer sous silence ses lavis qu'il soient à l'encre de Chine ou au sépia. La spontanéité de la composition s'allie de fort belle façon à une recherche de matière avec des rehauts de gouache blanche. Mais nous ne pouvons tout citer : les gouaches et les dessins. D'ailleurs une exposition de peinture ne se raconte pas, elle se voit ! Surtout quand il s'agit d'un artiste comme Aurèle Barraud qui a su triompher sans concession.

 

Source : Feuille d’Avis des Montagnes No 269, samedi 17 novembre 1962

Les 4 fils du Duc Aymon : Renaud, Allard, Richard et Guichard vivaient à la cour de Charlemagne. Suite à une querelle au cours d'une partie d'échec, Renaud tue le neveu de l'empereur, ce qui oblige les quatre frères à fuir la colère de Charlemagne.
Chevauchant tous les quatre le cheval-fée  Bayard, ils se réfugient dans la forêt d'Ardenne. Avec l'aide de leur cousin l'enchanteur Maugis, ils bâtissent Montessor, un château sur un roc dominant la vallée où coule la Meuse. Mais bientôt Charlemagne connaît leur retraite et avec une troupe importante, il fait le siège du château.

 

Les 4 frères Barraud - L'Impartial (1963) 

Oeuvres d'Aurèle Barraud en vente

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie-Claude PURRO

Expose à la Galerie des Annonciades

Du 24 avril au 14 juin 2026

"J'expose ce que je ressens dans le monde où je vis"

Marie-Claude Purro est née en 1962 à Fribourg.

Elle commence à peindre ses premiers tableaux, les poyas, à l 'âge de 25 ans après avoir vécu quelques années à l'alpage, en Gruyère et expose ses premières oeuvres en 1991 à Avry-Art Galerie, "les poyas à l'honneur".

En 1993 elle part au Portugal et dès 2014 elle installe son atelier en Espagne, tout en venant régulièrement en Suisse.

Marie-Claude Purro expose régulièrement à Barcelone et ses environs.

Divers types de poyas

Poya signifie la montée à l'alpage dans le canton de Fribourg, en Gruyère. Elle représente le troupeau d'un paysan, donc sa fierté, c'est pour cette raison que l'on peut voir, très souvent, ces tableaux exposés sur la façade de leurs fermes.

Sur une poya traditionnelle, peinture d'art naïf, on peut voir en tête du troupeau, la plus belle bête ou la cheffe, viennent les autres vaches et enfin le chariot, tiré par un mulet, chargé du matériel nécessaire à la traite et la fabrication du fromage. Les armaillis sont présents, habillés de leurs costumes traditionnels.

Réalistes, fantaisistes voir très fantaisistes, les poyas de Marie-Claude Purro se veulent aussi différentes qu'originales.

Fribourg, sa ville chérie et source de tant d'inspirations

La ville de Fribourg est une source d'inspiration pour Marie-Claude Purro. Elle ne se lasse pas de peindre les rues de Fribourg où se mélangent contes, légendes, rêves et fantaisies. 

"Sans objets superflus, dans un silence qui semble protéger cette rue d'Or des agressions de la ville, Marie-Claude Purro dessine et peint. Qu'il s'agissent d'oeuvres sur toile (huile ou acrylique), l'artiste exprime avec ardeur sa vision de la vie et des autres. Il y a dans ses peintures une intensité, une force d'où jaillit une lumière intérieure.

Je me souviens de toiles qu'elle avait exposées en Gruyères et qui représentaient des personnages féminins, à mi-chemin entre la procession de la Fête-Dieu et le Carnaval, entre le rêve et la réalité. Ils déambulaient sur la toile à la recherche de je ne sais quel but enveloppés dans de lourdes capes, dans une atmosphère remplie de mystère.

Marie-Claude Purro et ses tableaux sont comme ces images récurrentes que l'on garde en mémoire après avoir reçu l'impression lumineuse qu'est l'émotion." Hubert Audriaz

 

Vivre la peinture !

"Vivre de la peinture est un rêve à notre époque où l' art n'est plus un métier. Si depuis plus de trente ans, je m'y consacre corps et âme, je le fais car je suis convaincue que la peinture est ma voie.

Je crois profondément que j'ai quelque chose à dire par mes tableaux. Mes traits, mes formes, mes sujets sont toujours le résultat d'une longue gestation. Ce monde imaginaire, je le soumets à ceux qui veulent bien consacrer quelques instants à mes rêveries si peu académiques."

 

Expositions

1990 : Expo Avry-Art Galerie, "les poyas à l'honneur", Avry-sur-Matran

1991 : Expo au home d'Humilimont, Gruyère

1997 : Keller-poche, Théâtre, Fribourg

1998 : Usine Vuille, Fête des Arts (J.C.E.), Fribourg

1999 : Expo bien-être, LIFAT, collège de Gambach, Fribourg

2001 : Expo des peintres romands à Swisscom Galerie, Fribourg

2002 : Expo collective, parcours des lutins, Fribourg

2003 : Expo galerie Isabelle Le Peintre, Fribourg

2006 : Expo à Encadrement d'Art, Donatienne Berset, Fribourg

2008 : Expo Artposition 08, Payerne

2011 : Expo galerie Plexus, Marly

2013 : Expo au restaurant du Boccalino, Fribourg

2015 : Expo au B&B Villa Pensieri, Italie

2015 : Expo à la Sala Municipal d'Exposicion, Canet de Mar, Barcelone, Espagne

2016 : Expo galerie Osmoz, Bulle

2017 : Expo galerie L'Art'monie, Genève

2018 : Expo à la Grange à Emile, Martigny

2021 : Expo à l'imprimerie Longchamp, Fribourg

2021 : Expo chez Fillistorf Farben-Couleurs AG, Fribourg

2022 : Expo au restaurant le Set, Villars-sur-Glâne

2023 : Expo illustration de la légende de St-Pierre, Treyvaux

EN PERMANENCE

À LA GALERIE DES ANNONCIADES 

 

Oeuvres de Marie-Claude Purro en vente

Exposition du 24 avril au 14 juin 2026

 

 

 

 

 

 

Albert SCHNYDER

Artiste jurassien


Albert Schnyder (1898-1989)

Né et mort à Delémont, bourgeois d'honneur de Delémont (1978).

Formation: apprentissage de lithographe à Berne (1914-1918) et école des arts appliqués de Bâle (1918-1921).

Au cours de séjours d'études à Munich, Berlin et Paris, il découvrit la peinture cubiste et expressionniste.

Ses œuvres de jeunesse sont influencées par l'art naïf et le cubisme.

Revenu à Delémont en 1924, Albert Schnyder se mit à peindre des paysages jurassiens, en créant un style figuratif caractéristique.

En dehors des paysages, ses motifs de prédilection furent des personnes de son entourage.

Avec René Auberjonois, il représenta la Suisse à la Biennale de Venise de 1948.

 


Albert Schnyder, doyen des peintres jurassiens 

Article paru dans Le Démocrate - 27 avril 1985

Albert Schnyder, le doyen des peintres jurassiens, fêtera ses 87 ans le 9 septembre prochain. Dans sa retraite des Adelles à Delémont, l'ami de Paul Klee et d'Auberjonois continue de promener avec le même bonheur son pinceau à travers le paysage jurassien. Nul n'est prophète en son pays : c'est bien le cas d'Albert Schnyder dont la renommée est énorme en dehors de nos frontières plus que chez nous. Ainsi, paradoxalement, Albert Schnyder demeure un inconnu. On sait peu de choses de lui. Il faut dire que le peintre a toujours été d'une remarquable discrétion. Il a néanmoins consenti à nous ouvrir la porte de son atelier, et celle de son coeur…

Pénétrer dans l'univers d'Albert Schnyder, c'est entrer dans le paysage jurassien que l'accoutumance nous poussait à ne plus voir réellement. Dans l'atelier du peintre règne un ordre indescriptible : les pinceaux sont à leur place bien définie, le chevalet est propre et, chose curieuse, tous les tableaux du maître sont retournés. Pourquoi ? Schnyder s'en explique : 

- J'en ai besoin pour garder l'esprit clair, pour recommencer  toujours, l'esprit «vierge...

Itinéraire

L'aventure d'Albert Schnyder a commencé en 1914, date à laquelle il s'engage réellement dans la voie qui sera la sienne, en accomplissant tout d'abord un apprentissage de lithographe à Berne, puis en complétant son instruction à Bâle, à l'Ecole des arts et métiers où deux excellents maîtres lui enseignent le dessin.

Schnyder se familiarise avec les musées bâlois et découvre les oeuvres des illustres «anciens»: Delacroix, Corot, Courbet, Rodin, Gauguin, Van Gogh, Cézanne, Matisse, Derain. Il poursuit sa formation de peintre dans les principales villes allemandes, à Munich puis à Berlin principalement, où il découvre l'avant-garde artistique avec Picasso, De Vlaminck, Braque.

A l'automne 1924, Albert Schnyder, retrouve son pays et commence à se mesurer sérieusement avec le paysage jurassien. Puis ce sont de nouveaux départs : Zurich, et surtout la France, avec la Provence et Paris.

Dès 1930, l'installation à Delémont est définitive pour Albert Schnyder. Il se marie en 1935. Il se lie d'amitié avec le poète de Saint-Imier, Werner Renfer. Les deux hommes travaillent avec acharnement sans se soucier de l' idecompréhension générale de la quasi-totalité de leurs concitoyens. Le peintre et le poète font figure de véritables «révolutionnaires». Amitié exceptionnelle.

Schnyder prêtera sa collaboration à Werner Renfer pour l'illustration d'Hannebarde. Seule la mort de Renfer, subite, sépare les deux hommes. Schnyder est abattu.

Une nouvelle période commence, il faut réapprendre à vivre. D'autres amis : Coghuf, le peintre de Muriaux, mais surtout Paul Klee qui n'hésitera pas à faire le déplacement jusqu'à Saignelégier pour visiter l'atelier de Schnyder et le complimenter sur ses tableaux. Bel hommage du maître à l'élève. Il fallut vingt ans à Albert Schnyder pour s'imposer. Aujourd'hui enfin, son talent n'est plus discuté, ses œuvres représentent des valeurs sûres. C'est le fruit et la récompense d'une admirable obstination dans le refus de toute concession.

Qu'elle est loin, sa courte et trop brève rencontre avec Pablo Picasso, à Paris, lors de l'exposition Chagall ! Les deux hommes ne se sont rien dit. Schnyder était assis à ses côtés, timide et rougissant comme un adolescent. Picasso, lui, discutait avec un marchand de tableaux. Albert Schnyder est resté muet, préférant discrètement écouter le maître parler à son interlocuteur que de se mêler à leur conversation !

Un constat d'images 

Il a été souvent copié, Albert Schnyder. Quand on le lui fait remarquer, il esquisse un petit sourire et chuchote : - Oui, bien sûr. Que Dieu grand bien leur fasse...

Schnyder est le premier - avec Coghuf - à avoir pris conscience de la véritable dimension du paysage jurassien et l’avoir célébré avec toute sa dureté.

Que pensent les peintres jurassiens, nouvelle génération, d’Albert Schnyder ? Un petit crochet par Saint-Ursanne, dans l’atelier du peintre Gilbert Constantin, un de nos artistes les plus actuels dans les formes et les couleurs, dans l’expression et la lumière. Gilbert Constantin répond :

Pour moi, Albert Schnyder fait partie de cette famille de peintres qui regarde le patrimoine d’un pays et qui le montre. Il fait partie de cette gamme de peintres que l'on regarde aprés deux ou trois générations pour reconstituer physiquement l'environnement d'une microsociété et d'une région. Son regard est différent. Il se pose trés précisément sur une région, Il fait un constat d'images. De l'imagerie populaire à la limite. Il y a d'autres artistes qui vont peut-être chercher de façon beaucoup plus large leur culture latine ou française ou simplement leur état d’homme sur une planète ronde qui se promène dans espace...

La nature est un dictionnaire

Pierre-Olivier Walzer, le maitre spirituel des lettres jurassiennes qui connait bien Schnyder pour avoir étudié Werner Renfer, nous met en garde:

- Qu’on prenne garde toutefois de confondre Albert Schnyder avec le peintre attaché à fixer le pittoresque local d’une région et qui ferait des fermes, des hameaux, des montagnes de chez nous ce que l'aquarelliste de trottoir fait des places de Montmartre ou des quais de la Seine. Pour Albert Schnyder, la nature n'est jamais un recueil de compositions toutes faites : elle est, selon la formule de Delacroix, un dictionnaire.

Quelle discrétion !

Cette discrétion a marqué toute sa vie. Aujourd’hui retiré, Albert Schnyder joue encore parfois avec ses pinceaux, discrètement : «Vous comprenez ? à mon âge, il faut se ménager» explique-t-il.

Une pudeur qui l'a toujours éclipsé de la course aux distinctions et récompenses.

Quand Je Jura lui rendra-t-il enfin un hommage public ? Nos autorités auraient-elles tendance a confirmer le fameux mot de Jean Cocteau : «Tout artiste est posthume».

Arnaud Bédat

  

Oeuvres d'Albert Schnyder sur notre site

 

 

 

 

 

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