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guy-lamy-hotel-du-nord-65cm-81cm-1968
Lamy Guy
(1914-2000)
2400,00 CHF
janebe-paysage-hivernal-38cm-51cm
Janebé
(1907-2000)
750,00 CHF
sachiko-imai-41cm-33cm
Imai Sachiko
(1933)
1800,00 CHF

 

Gérard Bregnard, peintre jurassien

GERARD-BREGNARD-abstrait-1990       BREGNARD-portrait-jardinier-1988

Oeuvres de Gérard Bregnard en vente

Gérard Bregnard, peintre et sculpteur jurassien (1920 – 2003)  

Le temps est venu de replacer en pleine lumière une oeuvre forte et singulière. 

Fils unique, Gérard Bregnard naît le 8 décembre 1920, à Fontenais. Son père, qu'il admire, est guérisseur, musicien, intéressé par les forces cosmiques l'univers. Sa mère, timorée, limite ses contacts avec l'extérieur. Cette atmosphère familiale particulière contribuera à forger une personnalité hors norme.

Artiste autodidacte

Le jeune Gérard commence à gagner sa vie dès l'âge de 14 ans: il sera successivement commis de pharmacie, aide jardinier, ouvrier dans une fabrique de chaussures, dans une fabrique d’huile, de vinaigre et de moutarde et enfin, durant dix-huit ans, à l'étampage d'une fabrique de boîtes de montres.

Mais en fait, il mène une double vie, consacrant passionnément tous ses loisirs à la lecture et au dessin. En 1948, il décide d'être peintre professionnel. Il lui faudra quatorze ans pour y parvenir. Le premier prix d'un concours national de sculpture, en 1962, donnera l'impulsion décisive pour qu'il puisse s'adonner complètement à sa passion.

Grâce à une bourse, il séjourne six mois en Amérique du Nord durant l'année 1966. Dès lors s'ouvre à lui une vie entièrement dédiée à l'art.

Il s'installe en 1974 à Bressaucourt où il demeurera jusqu'à la fin de sa vie.

Membre de l'Institut jurassien des sciences, des lettres et des arts, il fut aussi membre fondateur de la Société des peintres et sculpteurs jurassiens. 

GERARD-BREGNARD-le-journal-50-60cm-1981 bregnard-personnage-au-cafe-1958

L'art sous toutes ses formes

Trois courants majeurs traversent l'oeuvre de cette grande figure de l'art jurassien:

- inspiration surréaliste
- inspiration constructiviste
- inspiration baroque d'esprit surréaliste.

Parallèlement à son oeuvre pictural, il crée des sculptures, notamment pour l'École professionnelle de Delémont et pour l'École normale de Porrentruy. De grandes peintures murales sont imaginées pour la Télévision suisse romande et le Lycée cantonal.

En 1989, il peint un de ses chefs-d'oeuvre: un polyptique constitué de onze tableaux pour le choeur de la chapelle Saint-Charles. 

Illustrateur, il collabore avec Alexandre Voisard, Weber-Perret, Jean Osiris, Pierre-André Marchand. Il aimait aussi s'exprimer par l'écriture, utilisant les mots pour donner libre cours à son imagination, à son esprit inventif et à son sens poétique. Son Livre de bord, édité en fac-similé par les Éditions du Faubourg, en témoigne avec talent. 

Son ami, le poète Alexandre Voisard, a dit de lui: «Homme des profondeurs - il s'y connaissait en matière de secrets de pénombre - il aurait pu faire sien cet axiome: c'est dans les profondeurs que gît la lumière. » 

Chantal Calpe
Migros Magazine (22 février 2010) 

 

Une création à coeur ouvert

Avec Gérard Bregnard, nous sommes jetés au centre vif d'une création à coeur ouvert dont l'authenticité se situe à un niveau supérieur: sans se soucier des formules en vogue ou des contingences d'une «carrière» à assurer de manière mondaine, l'artiste se laisse porter par les uniques injonctions de son imagination et de sa sensibilité. Il lance son chant avec la fougue heureuse, et en même temps inquiète, d'un oiseau solitaire. Précis comme un artisan, il atteint sans cesse, porté par une imagination aux larges envols, la haute liberté lyrique et déflagrante qui est le signe auquel nous pouvons reconnaître les vrais poètes. Sa vie, bien entendu, ne peut pas être dissociée de l'éclosion de son oeuvre; elle la nourrit et s'y accomplit.

Gérard Bregnard est né le 8 décembre 1920 à Fontenais où il a suivi l'école primaire. Très tôt il a dessiné, sans rien connaître de l'histoire de l'art. Très tôt aussi il a dû travailler, ce qui ne l'a jamais empêché de méditer devant la nature et les hommes en explorant, simultanément, la nuit constellée d'émois de sa propre subjectivité. Employé dans une pharmacie, ouvrier chez un horticulteur il est ensuite, pendant seize années étampeur de boîtes de montres dans une usine. Ce labeur ne l'empêche pas de s'épanouir. Il dessine, il peint, il rêve de réaliser des sculptures, mais il ne possède pas d'outillage.

En 1961, sans rien dire à personne, il participe à un concours pour l'édification d'une oeuvre monumentale devant un nouvel immeuble à Wangen près d'Olten. Sa maquette anonyme, obtient le premier prix. Stupeur du jury en trouvant le nom de cet inconnu dans l'enveloppe ! Du coup Bregnard sort de l'ombre. Il peut, dès lors, décider de se consacrer uniquement à l'expression des forces qui le hantent depuis toujours. Il s'y livre avec une identique autorité inspirée par les moyens de la peinture et ceux de la sculpture.

En dix années, son évolution le conduit à la pleine maîtrise d'un style personnel. Parti de personnages fantastiques proches parents des êtres de cauchemar chers à Paul Klee au moment de ses débuts, il suit l'itinéraire cubiste pour parfaire sa technique, mais il demeure fondamentalement toujours proche d'un surréalisme qu'il réinvente d'instinct. Sans doute découvre-t-il Miro, Tanguy, Dali ou Magritte, sans doute aussi apprend-il à connaître Gonzalès, mais ces influences restent passagères et vite assimilées.

Après un moment d'incertitude au terme d'une recomposition analytique de l'espace, il repart en flèche et ses dernières oeuvres picturales nous le montrent en pleine effervescence, réalisant selon une dynamique harmonie, un bel accord magique de l'onirisme dévoilé avec une facture très rigoureuse.

En sculpture, ses qualités sont du même ordre. Si nous devions pour les besoins d'une classification arbitraire (mais utile) chercher absolument une référence pour situer Gérard Bregnard, c'est au génie fougueux de Max Ernst, à son amour de l'insolite prismatique, à son humour décapant, que je le comparerais. C'est assez dire, je l'espère, que nous nous trouvons en présence d'un être rayonnant qui mérite maintenant une reconnaissance étendue aux principales villes de notre pays avant que l'étranger ne le découvre pour nous.

Freddy Buache (Revue Neuchâteloise, été 1969, No 47)

 

Gérard BREGNARD

 (1920 - 2003)

 

En permanence à la galerie des Annonciades

Peintures et dessins surréalistes

 

 

Ouvert samedi et dimanche

de 14h à 18h sur rendez-vous 

Tél 079 / 153.91.91

 

Oeuvres de Gérard Bregnard en vente

 

 

 

 

 portrait-walter-bucherWALTER-BUCHER-vignette-1991

Walter Bucher, peintre jurassien

  WALTER-BUCHER-hiver-pres-des-Emibois-1985

Walter Bucher (1925) 

Walter Bucher est né à la rue de Chêtre à Delémont en 1925. Tout jeune déjà, il dessine. Au cours des leçons de dessin avec son professeur Armand Schwarz, artiste-peintre dont il s'inspira, il se découvre une passion pour cet art.

Après un apprentissage de dessinateur en bâtiment, il obtient le diplôme d'architecte au Technicum de Bienne, métier qu'il pratiquera jusqu'en 1958, année où il fut nommé au Service des ponts et chaussées en tant qu'adjoint de l'ingénieur cantonal. Egalement appelé à donner des cours à l'Ecole professionnelle de Delémont, c'est avec enthousiasme qu'il a transmis ses connaissances aux apprentis dessinateurs en bâtiment durant de nombreuses années.

En 1988, il s'établit à Jongny sur les hauts du lac Léman et au pied de la Gruyère. Les paysages fascinants de cette région inspireront ses oeuvres du moment. Il saura y intégrer l'atmosphère des lieux. Après le décès de son épouse Anne-Marie, en 2013, il se rapproche de sa famille, à Bienne, où il réside.

Remarqué par Paul Bovée et Laurent Boillat, il est invité, en 1955, à participer à la fondation de la Société des Peintres et Sculpteurs Jurassiens.

Walti, comme on le nomme, pratique son art dans diverses techniques telles que le crayon, l'encre, la craie, la gouache, l'huile et l'aquarelle. Chaque instant de libre est prétexte à coucher sur la toile un sujet croqué sur le vif dans son carnet d'esquisses, dans lequel il précisait notamment les couleurs, le lieu et la date.

Les thèmes sont variés : paysages des Franches-Montagnes, patrimoine construit, chevaux, personnages, portraits, musiciens, natures mortes, arbres, faune, etc.... la France et en particulier la Loire, la Normandie et la Bretagne avec ses ports de pêche, les chalutiers et les crustacés, mais aussi l'Italie avec Rome et Venise, la Sardaigne, Israël avec Jérusalem et ses contrées, sont des lieux qui l'ont enthousiasmé et dont il a su retranscrire l'ambiance. Les scènes bibliques représentées dans sa peinture, c'est aussi son désir de partager son amour pour le Christ.

Son coup de crayon sûr, la maîtrise de la perspective, l'harmonie des couleurs, la construction sur la trame des proportions de la section d'or, sont perceptibles dans chacune de ses compositions. Elles donnent un sentiment de plénitude devant ces lignes où la rigueur architecturale du dessin forme la base solide exprimée dans son oeuvre.

Ses dons ne s'arrêtent pas à la peinture, il troque volontiers son pinceau pour l'un des quelques instruments qu'il aime jouer, avec une prédilection pour les oeuvres de Jean-Sébastien Bach.

A l'occasion de la 45ème Danse sur la Doux, pour la première fois, ses croquis et esquisses sur sa ville natale sont présentés et reproduits dans ce carnet. Certains croquis sont accompagnés de la reproduction de l'oeuvre aboutie.

Environ 75 années de production artistique, une vingtaine d'expositions en Suisse, plus de 1700 oeuvres numérotées, de nombreuses lithographies, reproductions en couleurs et affiches, constituent ainsi un document important pour le patrimoine, jurassien en particulier. 

Walter-Bucher-lithographie

Oeuvres de Walter Bucher en vente sur notre site

 WALTER-BUCHER-expositions-1954-2000

Oeuvres de Walter Bucher en vente sur notre site 

 

 

 

 

GÉRARD BREGNARD (1920 - 2003)

Exposition du 1 septembre au 21 octobre 2018

GERARD BREGNARD

« À COEUR OUVERT»

Peintures et dessins surréalistes

Ouverture: samedi et dimanche 14h-18h et sur rendez-vous

gerard bregnard contenant contemple 100 80cm 1984 BREGNARD-portrait-jardinier-1988

Oeuvres de Gérard Bregnard en vente sur notre site

Gérard Bregnard, peintre et sculpteur jurassien (1920 – 2003)  

Le temps est venu de replacer en pleine lumière une oeuvre forte et singulière. 
Fils unique, Gérard Bregnard naît le 8 décembre 1920, à Fontenais. Son père, qu'il admire, est guérisseur, musicien, intéressé par les forces cosmiques l'univers. Sa mère, timorée, limite ses contacts avec l'extérieur. Cette atmosphère familiale particulière contribuera à forger une personnalité hors norme.

Artiste autodidacte

Le jeune Gérard commence à gagner sa vie dès l'âge de 14 ans: il sera successivement commis de pharmacie, aide jardinier, ouvrier dans une fabrique de chaussures, dans une fabrique d’huile, de vinaigre et de motarde et enfin, durant dix-huit ans, à l'étampage d'une fabrique de boîtes de montres.
Mais en fait, il mène une double vie, consacrant passionnément tous ses loisirs à la lecture et au dessin. En 1948, il décide d'être peintre professionnel. Il lui faudra quatorze ans pour y parvenir. Le premier prix d'un concours national de sculpture, en 1962, donnera l'impulsion décisive pour qu'il puisse s'adonner complètement à sa passion.
Grâce à une bourse, il séjourne six mois en Amérique du Nord durant l'année 1966. Dès lors s'ouvre à lui une vie entièrement dédiée à l'art. Il s'installe en 1974 à Bressaucourt où il demeurera jusqu'à la fin de sa vie. Membre de l'Institut jurassien des sciences, des lettres et des arts, il fut aussi membre fondateur de la Société des peintres et sculpteurs jurassiens. 

gerard bregnard carre rouge 120 130 1989

L'art sous toutes ses formes

Trois courants majeurs traversent l'oeuvre de cette grande figure de l'art jurassien:

- inspiration surréaliste
- inspiration constructiviste
- inspiration baroque d'esprit surréaliste.

Parallèlement à son oeuvre pictural, il crée des sculptures, notamment pour l'École professionnelle de Delémont et pour l'École normale de Porrentruy. De grandes peintures murales sont imaginées pour la Télévision suisse romande et le Lycée cantonal. En 1989, il peint un de ses chefs-d'oeuvre: un polyptique constitué de onze tableaux pour le choeur de la chapelle Saint-Charles. Illustrateur, il collabore avec Alexandre Voisard, Weber-Perret, Jean Osiris, Pierre-André Marchand. Il aimait aussi s'exprimer par l'écriture, utilisant les mots pour donner libre cours à son imagination, à son esprit inventif et à son sens poétique. Son Livre de bord, édité en fac-similé par les Éditions du Faubourg, en témoigne avec talent. 

Son ami, le poète Alexandre Voisard, a dit de lui: «Homme des profondeurs - il s'y connaissait en matière de secrets de pénombre - il aurait pu faire sien cet axiome: c'est dans les profondeurs que gît la lumière. » 

Chantal Calpe
Migros Magazine (22 février 2010) 

 

gerard bregnard les musiciens vignette

Une création à coeur ouvert

Avec Gérard Bregnard, nous sommes jetés au centre vif d'une création à coeur ouvert dont l'authenticité se situe à un niveau supérieur: sans se soucier des formules en vogue ou des contingences d'une «carrière» à assurer de manière mondaine, l'artiste se laisse porter par les uniques injonctions de son imagination et de sa sensibilité. Il lance son chant avec la fougue heureuse, et en même temps inquiète, d'un oiseau solitaire. Précis comme un artisan, il atteint sans cesse, porté par une imagination aux larges envols, la haute liberté lyrique et déflagrante qui est le signe auquel nous pouvons reconnaître les vrais poètes. Sa vie, bien entendu, ne peut pas être dissociée de l'éclosion de son oeuvre; elle la nourrit et s'y accomplit.

Gérard Bregnard est né le 8 décembre 1920 à Fontenais où il a suivi l'école primaire. Très tôt il a dessiné, sans rien connaître de l'histoire de l'art. Très tôt aussi il a dû travailler, ce qui ne l'a jamais empêché de méditer devant la nature et les hommes en explorant, simultanément, la nuit constellée d'émois de sa propre subjectivité. Employé dans une pharmacie, ouvrier chez un horticulteur il est ensuite, pendant seize années étampeur de boîtes de montres dans une usine. Ce labeur ne l'empêche pas de s'épanouir. Il dessine, il peint, il rêve de réaliser des sculptures, mais il ne possède pas d'outillage.

En 1961, sans rien dire à personne, il participe à un concours pour l'édification d'une oeuvre monumentale devant un nouvel immeuble à Wangen près d'Olten. Sa maquette anonyme, obtient le premier prix. Stupeur du jury en trouvant le nom de cet inconnu dans l'enveloppe ! Du coup Bregnard sort de l'ombre. Il peut, dès lors, décider de se consacrer uniquement à l'expression des forces qui le hantent depuis toujours. Il s'y livre avec une identique autorité inspirée par les moyens de la peinture et ceux de la sculpture.

En dix années, son évolution le conduit à la pleine maîtrise d'un style personnel. Parti de personnages fantastiques proches parents des êtres de cauchemar chers à Paul Klee au moment de ses débuts, il suit l'itinéraire cubiste pour parfaire sa technique, mais il demeure fondamentalement toujours proche d'un surréalisme qu'il réinvente d'instinct. Sans doute découvre-t-il Miro, Tanguy, Dali ou Magritte, sans doute aussi apprend-il à connaître Gonzalès, mais ces influences restent passagères et vite assimilées.

Après un moment d'incertitude au terme d'une recomposition analytique de l'espace, il repart en flèche et ses dernières oeuvres picturales nous le montrent en pleine effervescence, réalisant selon une dynamique harmonie, un bel accord magique de l'onirisme dévoilé avec une facture très rigoureuse.

En sculpture, ses qualités sont du même ordre. Si nous devions pour les besoins d'une classification arbitraire (mais utile) chercher absolument une référence pour situer Gérard Bregnard, c'est au génie fougueux de Max Ernst, à son amour de l'insolite prismatique, à son humour décapant, que je le comparerais. C'est assez dire, je l'espère, que nous nous trouvons en présence d'un être rayonnant qui mérite maintenant une reconnaissance étendue aux principales villes de notre pays avant que l'étranger ne le découvre pour nous.

Freddy Buache (Revue Neuchâteloise, été 1969, No 47)

 

Peintures et dessins surréalistes

Exposition du 1 septembre au 21 octobre 2018

Ouverture: samedi et dimanche 14h-18h et sur rendez-vous

 

Oeuvres de Gérard Bregnard en vente sur notre site

 

 

Gérard BREGNARD

 (1920 - 2003)

Centième anniversaire

10 octobre au 28 février 2021

Ouvert sur rendez-vous

Peintures et dessins surréalistes

GERARD BREGNARDgerard bregnard contenant contemple 100 80cm 1984 

Gérard Bregnard, peintre et sculpteur jurassien (1920 – 2003)  

Le temps est venu de replacer en pleine lumière une oeuvre forte et singulière. 
Fils unique, Gérard Bregnard naît le 8 décembre 1920, à Fontenais. Son père, qu'il admire, est guérisseur, musicien, intéressé par les forces cosmiques l'univers. Sa mère, timorée, limite ses contacts avec l'extérieur. Cette atmosphère familiale particulière contribuera à forger une personnalité hors norme.

Artiste autodidacte

Le jeune Gérard commence à gagner sa vie dès l'âge de 14 ans: il sera successivement commis de pharmacie, aide jardinier, ouvrier dans une fabrique de chaussures, dans une fabrique d’huile, de vinaigre et de motarde et enfin, durant dix-huit ans, à l'étampage d'une fabrique de boîtes de montres.
Mais en fait, il mène une double vie, consacrant passionnément tous ses loisirs à la lecture et au dessin. En 1948, il décide d'être peintre professionnel. Il lui faudra quatorze ans pour y parvenir. Le premier prix d'un concours national de sculpture, en 1962, donnera l'impulsion décisive pour qu'il puisse s'adonner complètement à sa passion.
Grâce à une bourse, il séjourne six mois en Amérique du Nord durant l'année 1966. Dès lors s'ouvre à lui une vie entièrement dédiée à l'art. Il s'installe en 1974 à Bressaucourt où il demeurera jusqu'à la fin de sa vie. Membre de l'Institut jurassien des sciences, des lettres et des arts, il fut aussi membre fondateur de la Société des peintres et sculpteurs jurassiens. 

gerard bregnard carre rouge 120 130 1989

L'art sous toutes ses formes

Trois courants majeurs traversent l'oeuvre de cette grande figure de l'art jurassien:

- inspiration surréaliste
- inspiration constructiviste
- inspiration baroque d'esprit surréaliste.

Parallèlement à son oeuvre pictural, il crée des sculptures, notamment pour l'École professionnelle de Delémont et pour l'École normale de Porrentruy. De grandes peintures murales sont imaginées pour la Télévision suisse romande et le Lycée cantonal. En 1989, il peint un de ses chefs-d'oeuvre: un polyptique constitué de onze tableaux pour le choeur de la chapelle Saint-Charles. Illustrateur, il collabore avec Alexandre Voisard, Weber-Perret, Jean Osiris, Pierre-André Marchand. Il aimait aussi s'exprimer par l'écriture, utilisant les mots pour donner libre cours à son imagination, à son esprit inventif et à son sens poétique. Son Livre de bord, édité en fac-similé par les Éditions du Faubourg, en témoigne avec talent. 

Son ami, le poète Alexandre Voisard, a dit de lui: «Homme des profondeurs - il s'y connaissait en matière de secrets de pénombre - il aurait pu faire sien cet axiome: c'est dans les profondeurs que gît la lumière. » 

Chantal Calpe
Migros Magazine (22 février 2010) 

Une création à coeur ouvert

Avec Gérard Bregnard, nous sommes jetés au centre vif d'une création à coeur ouvert dont l'authenticité se situe à un niveau supérieur: sans se soucier des formules en vogue ou des contingences d'une «carrière» à assurer de manière mondaine, l'artiste se laisse porter par les uniques injonctions de son imagination et de sa sensibilité. Il lance son chant avec la fougue heureuse, et en même temps inquiète, d'un oiseau solitaire. Précis comme un artisan, il atteint sans cesse, porté par une imagination aux larges envols, la haute liberté lyrique et déflagrante qui est le signe auquel nous pouvons reconnaître les vrais poètes. Sa vie, bien entendu, ne peut pas être dissociée de l'éclosion de son oeuvre; elle la nourrit et s'y accomplit.

Gérard Bregnard est né le 8 décembre 1920 à Fontenais où il a suivi l'école primaire. Très tôt il a dessiné, sans rien connaître de l'histoire de l'art. Très tôt aussi il a dû travailler, ce qui ne l'a jamais empêché de méditer devant la nature et les hommes en explorant, simultanément, la nuit constellée d'émois de sa propre subjectivité. Employé dans une pharmacie, ouvrier chez un horticulteur il est ensuite, pendant seize années étampeur de boîtes de montres dans une usine. Ce labeur ne l'empêche pas de s'épanouir. Il dessine, il peint, il rêve de réaliser des sculptures, mais il ne possède pas d'outillage.

En 1961, sans rien dire à personne, il participe à un concours pour l'édification d'une oeuvre monumentale devant un nouvel immeuble à Wangen près d'Olten. Sa maquette anonyme, obtient le premier prix. Stupeur du jury en trouvant le nom de cet inconnu dans l'enveloppe ! Du coup Bregnard sort de l'ombre. Il peut, dès lors, décider de se consacrer uniquement à l'expression des forces qui le hantent depuis toujours. Il s'y livre avec une identique autorité inspirée par les moyens de la peinture et ceux de la sculpture.

En dix années, son évolution le conduit à la pleine maîtrise d'un style personnel. Parti de personnages fantastiques proches parents des êtres de cauchemar chers à Paul Klee au moment de ses débuts, il suit l'itinéraire cubiste pour parfaire sa technique, mais il demeure fondamentalement toujours proche d'un surréalisme qu'il réinvente d'instinct. Sans doute découvre-t-il Miro, Tanguy, Dali ou Magritte, sans doute aussi apprend-il à connaître Gonzalès, mais ces influences restent passagères et vite assimilées.

Après un moment d'incertitude au terme d'une recomposition analytique de l'espace, il repart en flèche et ses dernières oeuvres picturales nous le montrent en pleine effervescence, réalisant selon une dynamique harmonie, un bel accord magique de l'onirisme dévoilé avec une facture très rigoureuse.

En sculpture, ses qualités sont du même ordre. Si nous devions pour les besoins d'une classification arbitraire (mais utile) chercher absolument une référence pour situer Gérard Bregnard, c'est au génie fougueux de Max Ernst, à son amour de l'insolite prismatique, à son humour décapant, que je le comparerais. C'est assez dire, je l'espère, que nous nous trouvons en présence d'un être rayonnant qui mérite maintenant une reconnaissance étendue aux principales villes de notre pays avant que l'étranger ne le découvre pour nous.

Freddy Buache (Revue Neuchâteloise, été 1969, No 47)

 

Gérard BREGNARD

Peintures et dessins surréalistes

Exposition du 10 octobre au 28 février 2021

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