Nos nouveautés

guy-lamy-hotel-du-nord-65cm-81cm-1968
Lamy Guy
(1914-2000)
2400,00 CHF
janebe-paysage-hivernal-38cm-51cm
Janebé
(1907-2000)
750,00 CHF
sachiko-imai-41cm-33cm
Imai Sachiko
(1933)
1800,00 CHF

 

EDMOND BILLE

(1878-1959)


Edmond Bille, peintre illustrateur et verrier suisse né le 24 janvier 1878 à Valangin (canton de Neuchâtel) et décédé le 8 mars 1959 à Sierre (Valais).

Edmond Bille passe une partie de son enfance à Dombresson (NE).

En 1892, à l'âge de 14 ans, il séjourne une année à Winterthour, où il est confronté à l’industrie et aux inégalités sociales.

En 1893 élève au gymnase scientifique à Neuchâtel, où enseigne notamment l’écrivain et critique d’art Philippe Godet

De 1895 à 1897 il s'inscrit à l’École des beaux-arts de Genève, où il est l’élève de Barthélemy Menn, et d'Hugues Bovy pour la classe de modelage.  Il y rencontre Edouard Vallet, et se lie avec Henri Demole.

Edouard Castres et Louis Dunki influencent sa peinture et ses l’illustrations militaires de l'époque.

D’octobre 1895 à mai 1896, fréquente l’Ecole des arts décoratifs de Paris, avec son colocataire Charles L’Eplattenier. Fait la connaissance d’Eugène Grasset et d’Ernest Biéler.

En 1896 il participe au concours pour l’affiche et pour la couverture du journal de l’Exposition nationale suisse. Publie et illustre son premier article: «Le vieux "couvent" à Dombresson» dans la revue Musée neuchâtelois.

En été visite l’Exposition nationale suisse à Genève; enthousiasme pour le Village suisse.

Second séjour à Paris entre Octobre 1896 et avril 1897 où il fréquente l'Atelier Julian, sous la direction de Benjamin Constant et de Jean-Paul Laurens.

A Paris il fréquente également l’Atelier Colarossi.

Eugène Grasset le persuade de rentrer en Suisse.

1897 :  Premier séjour en été dans le val d’Anniviers en compagnie de son père.

Renonce à rentrer à Paris en automne.

Deux anciens camarades de l’Atelier Julian, Jakob Herzog et Hans Widmer, l’invitent à partager leur chalet à Brienzwiler dans l’Oberland bernois où il y séjourne de septembre 1897 à mai 1898.

   

* Lettre d'Edmond Bille à sa mère (1897)


Cette lettre donne le ton de l’engagement artistique du jeune Edmond BILLE. Sa profession de foi et sa détermination expliquent l’authenticité de sa vocation. 

Brienzwyler, ce 18 nov. 1897

Ma chère Maman, cette fois c’est dans l’atelier que je t’écris ; il est terminé depuis midi et nous y serons la plupart du temps. Nous y travaillerons et nous y prendrons les repas depuis demain ; cet atelier est assez grand pour nous trois. Afin d’éviter les reflets du bois blanc nous avons verni au brou de noix les parois et le plafond et maintenant tout ce bois est d’une belle couleur brun chaud… Qu’il y a de belles choses à faire !

Je ne peux pas me figurer qu’il existe des gens qui ne veulent pas croire qu’on peut faire de l’art et apprendre quelque chose dans un petit village ; « après Paris, les ateliers et les professeurs, il n’y a plus rien » nous dit-on volontiers. Bêtise !

On ne fait des progrès, on travaille avec fruit que dans un milieu où l’on se plaît et où l’on se sent soutenu par tout ce que l’on a sous les yeux; j’aime notre nature grandiose, je la comprends et je voudrais la rendre comme je la sens.

Pour travailler dans ce but, ne suis-je pas mille fois mieux ici qu’à Paris ? Non pas que je croie qu’un peintre doit vivre sans cesse à Brienzwyler ou au Val-de-Ruz, il faut voir de temps en temps du nouveau, aller se retremper souvent vers les vieux maîtres qui nous apprennent tant de choses.

Je compte bien revoir le Louvre souvent ; j’espère faire quelques voyages, plus tard…

 

Premières commandes importantes

1898 : Signe sa première affiche, pour le Tir fédéral de 1898 à Neuchâtel.

Enseignant remplaçant de dessin au collège du Locle.

Rend visite à l’écrivain T. Combe. Publie sa première critique d’art, dans le National Suisse, sur le peintre Rudolf Koller.

Octobre 1898 à mars 1899, second séjour à Brienzwiler avec Hans Widmer.

1899 : Prend part pour la première fois aux expositions des sociétés des amis des arts de Neuchâtel (1899-1958) et de La Chaux-de-Fonds (1899-1948).

Participe également pour la première fois aux expositions collectives zurichoises du Künstlerhaus, avec deux peintures: Village suisse et Automne.

En automne, entre dans l’atelier du verrier, émailleur et mosaïste anglais Clement Heaton à Neuchâtel, qu’il quitte après quelques mois.

     

Val d'Anniviers / Les Plan-Pras - photo d'Edmond Bille datant de 1912 - Source : circuit Edmond Bille

   

Chandolin et le Val d'Anniviers

C’est à la fin 1899 que son destin va basculer avec la découverte du village de Chandolin, dans le Val d'Anniviers.

De décembre 1899 à février 1900, séjour à Chandolin pour y peindre une vue singulière du Cervin, Le Sphynx, commande du pasteur Fritz de Rougemont. Il habite à la cure chez le curé Joseph Pralong.

1900 : Présente le tableau Le temps des fenaisons dans la section suisse de l’Exposition universelle de Paris. Première participation à l’Exposition municipale de Genève (1900-1907).

1901: Membre de la Société des peintres et sculpteurs suisses. Participe pour la première fois à l’Exposition nationale suisse des beaux-arts (1901-1936).

Prononce une conférence sur «Les Hautes Alpes et leurs habitants».

Second séjour à Chandolin en hiver 1901/1902.

On le dit personnage turbulent, avant-gardiste, s’exprimant sans aucune gêne ; ce Neuchâtelois protestant surprit quelque peu les Valaisans conservateurs.

Il faut dire ici que notre peintre a tellement été séduit par la sauvage beauté des paysages valaisans qu’il se fixa définitivement dans ce canton.

C’est déjà en 1904, lors de son premier mariage, qu’Edmond BILLE s’installe à Sierre. Il y mourra le 8 mars 1959, âgé de quatre-vingt-deux ans ; la rue qui conduit à son atelier-château porte désormais son nom.

     

Le Valais, pays d'élection du peintre Edmond Bille

Dès 1904, à la suite de sa découverte de Chandolin, le Valais devient son pays d’élection : Bille se construit un une somptueuse demeure à Sierre, le « château du Paradou », ainsi qu’un chalet à Chandolin. Cette même année, il épouse Elisa Mayor, de Clarens; le couple s’installe à Sierre.

En 1911, Elisa Mayor meurt. Edmond Bille se remarie en 1912 avec une femme de la région, Catherine Tapparel.

En 1912, elle donne naissance à Stéphanie Bille, connue sous le nom de plume de S. Corinna Bille, ainsi qu'à René-Pierre Bille et André, décédé en 1985.

Pendant la Première Guerre mondiale, Bille est très actif. Il s’engage à travers des publications critiques sur la politique suisse de ce temps. Dans sa résidence sierroise, il reçoit des personnalités françaises antibellicistes, autrefois proches du groupe de l'Abbaye : Romain Rolland, Pierre Jean Jouve ou René Arcos.

Il est à l'origine de la création du périodique satirique L'Arbalète, éditée à Lausanne par La Tribune de Lausanne, entre juillet 1916 et décembre 1917 (soit 34 livraisons).

Durant l’entre-deux-guerres, il met cependant son activité de peintre de chevalet en veilleuse, au profit de la technique de la gravure qu'il a découverte, ainsi qu'à l'art du vitrail.

      

Au Portugal

Edmond Bille réside au Portugal de 1935 à 1942. Il utilise diverses techniques telles que la gouache, l'aquarelle et la gravure.

Il pratique aussi le vitrail et la mosaïque.

Son œuvre de peintre est montrée dans les plus importantes expositions de son temps, aussi bien dans les grands rendez-vous internationaux (Pittsburgh, Venise, Munich) que nationaux.

Il a participé à plus de 250 expositions au cours de sa vie.

De nombreuses institutions publiques conservent des œuvres d’Edmond Bille: notamment le Musée d’Art de Sion, qui possède la collection la plus complète, le Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel, le Kunstmuseum de Soleure, le Musée d’Art et d’Histoire de Genève, le Musée Jenisch de Vevey, le Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne.

Un certain nombre des œuvres de ces musées sont des dépôts de la Confédération.

 

Caricaturiste et illustrateur 

En 1907, il illustre "Le Village dans la montagne" de Charles-Ferdinand Ramuz.

En 1915, il publie "Au pays de Tells", volume de dessins satiriques.

En 1916-1917, il lance "L'Arbalète" - revue satirique et pacificiste - avec Paul Budry, Victor Gottofrey, Charles Clément et Maurice Hayward.

En 1919 il publie un recueil d'estampes, "Une Danse macabre".

 

Les vitraux d'Edmond Bille

Il a créé les vitraux du déambulatoire de la cathédrale de Lausanne et en 1935 les vitraux et les peintures de l'église de Fully (VS) avec l'aide de Joseph Gautschi, Albert Chavaz (que Bille a engagé en 1934 pour un projet à l'église de Fully et Paul Monnier.

Entre 1950 et 1956, Edmond Bille signe la grande série de vitraux de la basilique de l'Abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune, qui illustre notamment des scènes du martyre de Maurice d'Agaune et de sa légion thébaine.

On trouve aussi ses vitraux dans d'autres églises, notamment à Sierre, Chamoson, Chandolin, Saint-Pierre de Clages, Saint-Blaise.

Il a également travaillé à la décoration murale de l'église de Fully.

Edmond Bille est reconnu comme l’un des meilleurs peintres et verriers de son temps. Décorateur d’églises, il laisse plus de cent-vingt fenêtres imagées dans la première moitié du XXe siècle.

* Histoire d'un tableau peint par Edmond Bille


« LE SPHINX », quelques lignes tirées de JEUNESSE D’UN PEINTRE, par lui-même :

«… pour Monsieur Frédéric de Rougemont, pasteur à Dombresson, les grandes cimes semblaient des sommets redoutables mais peu attirants, aussi c’était au Cervin qu’il revenait toujours. Ah ! le Sphinx, murmurait-il, l’étrange Sphinx de ces pyramides; il y en a de plus hautes, mais cette étonnante borne les écrase toutes. »

Ce matin-là, écrit Bille, M. de Rougemont et moi avons grimpé très haut et nous nous reposions, dans un paysage désertique, impressionnant comme un décor des premiers âges.

Mon vénérable compagnon se tourna vers moi : « tu vas me quitter tout à l’heure. J’ai une idée… quelque chose à te proposer. Tu en feras ce que tu voudras.

– Je vous écoute, dis-je, pressentant un sermon paternel…

– Edmond, je te propose de ne pas quitter cette vallée avant d’avoir vu Chandolin. Tu monteras à deux cents, trois cents mètres plus haut que les derniers aroles, au-dessus du village. De là, tu verras le Cervin, tel qu’il m’est apparu vers la fin d’un beau jour comme aujourd’hui. II ne ressemble à rien de ce que nous connaissons. Tu ne verras que lui ; c’est un sphinx accroupi au milieu d’un cirque de cimes et de glace, un roi des neiges. Prends ton temps. Essaie défaire un croquis de ce fond du Val d’Anniviers. Ce sera du jamais vu. Avant l’hiver, à ton retour, tu me feras voir ce que tu a rapporté de là-haut.

Il ne me restait plus qu’à tenir ma promesse, grimper à trois cents mètres, même un peu plus haut pour admirer ce fond de vallée qui avait fait vibrer le cœur de mon vieil ami et mécène. Je fis sans grand plaisir le croquis proposé.

« Le Sphinx » fut exposé selon le désir de son mécène. Il ne trouva pas d’amateur, ni pour dix mille francs, ni même pour les deux mille que j’eusse rendus avec joie à mon généreux prêteur. Par contre, le pasteur de Dombresson, qui m’avait fait partager sa passion pour le Sphinx vu de Chandolin, avait fait beaucoup plus et mieux que d’accepter le parrainage de cette première œuvre. D’un doigt paternel, il avait tracé ma voie, mais il ne se doutait pas alors que cette voie n’était autre que celle de ma destinée…

Edmond BILLE avait fait son instruction religieuse à Dombresson où son père dirigeait l’institution Borel; cela explique qu’il ait été catéchumène du pasteur de Rougemont.

 

* « LE VILLAGE DANS LA MONTAGNE »

Oeuvre conjointe de Charles-Ferdinand RAMUZ et d'Edmond BILLE

Lors d’un séjour à Chandolin durant l’hiver 1901-1902, Edmond Bille, déjà imprégné de la vie rude des montagnards valaisans, mûrit le projet d’illustrer le livre que lui écrirait un poète.

En automne 1906, Bille entre en relation avec l’éditeur lausannois Payot, ceci pour une parution sur le hautes Alpes. A partir de là, Bille dresse une liste des activités des gens de Chandolin, les tourmentes de l’hiver, les outils, les veillées ; il fixe un plan et envoie à Charles-Ferdinand Ramuz sa demande de collaboration.

Ramuz s’y intéresse et fait un bref séjour à Chandolin.

Durant l’été 1907, l’écrivain-poète s’est suffisamment pénétré de l’âme valaisanne pour accepter d’écrire conjointement aux dessins d’Edmond Bille pour leur livre Village dans la Montagne mais Ramuz ne doit pas écrire des légendes pour les illustrations de Bille et, de son côté Bille ne doit pas accompagner de dessins les pages écrites par Ramuz.

Par leur existence et leur esprit propre, leurs deux arts doivent se compléter. L’œuvre paraît en décembre 1908.

L’accueil est favorable. Les critiques insistent sur la complémentarité du texte et de l’image, précisant combien l’un et l’autre ont leur existence propre ; Bille et Ramuz ont réussi leur collaboration. 

 

Le Paradou **


Construit en 1905 entre Glarey et Borzuat, le château du Paradou d'Edmond Bille possède un mystérieux atelier prenant la forme d'une chapelle. C'est dans cet espace que le peintre et verrier a réalisé la plus grande partie de son art d'église.

Impossible de le rater. Il trône là-haut avec son air majestueux, contemplant à travers le regard de ses arcades la ville de Sierre et le val d'Anniviers. Bâti en 1905 par le peintre et verrier Edmond Bille, le château dal Paradou attise depuis lors la curiosité et la fascination des passants.

 

Un atelier décoré du sol au plafond

Dans la région, rares sont ceux qui ont pu arpenter les dédales de cette demeure de seize pièces, située entre Glarey et Borzuat. Rares sont aussi ceux qui savent que l'artiste y a fait construire un mystérieux atelier prenant la forme d'une chapelle, avec sa nef, son choeur, sa tribune et ses voûtes.

Selon les spécialistes, cette pièce dont l'aspect originel a été préservé au fil des décennies constitue le coeur du château. C'est notamment l'avis de Bernard Wyder, historien de Part et auteur en 2008 de l'ouvrage «Edmond Bille, une biographie». «C'est dans cet atelier, décoré du sol au plafond avec des mosaïques et peintures, qu'Edmond Bille a donné vie à la majeure partie de son art.»

A entendre l'expert, certaines de ses œuvres peuvent encore y être observées. «Deux des vitraux de l'atelier sont signés Bille. Il pourrait s'agir des premiers essais de son apprentissage à la technique du vitrail.

 

Illustration de la sacralité de l'art

Professeur honoraire de l'Université de Lausanne, Gaëtan Cassina a lui aussi pu découvrir l'atelier de ses propres yeux, notamment lors des journées européennes du patrimoine de 2016. L'historien explique que la lumière pénètre dans cet espace via une verrière installée sur la toiture. «L'atelier a été placé dans la partie nord du château, ce qui permettait au «maître des lieux de travailler avec une lumière régulière tout au long de la journée.»

Historienne de l'art pour le Service immobilier et patrimoine, Sophie Providolli ajoute que du marbre de Saillon a été utilisé dans la construction de l'atelier. «L'architecture et le décor de cette pièce sont particulièrement riches.»

Quant à la raison qui aura poussé Edmond Bille à s'inspirer de l'architecture religieuse pour créer son atelier, elle reste un mystère aux yeux des experts. Pour Bernard Wyder, il faut y voir «l'illustration concrète de l'idée de sacralité de Part, chère au peintre».

«La folie d'un jeune homme»

D'abord utilisé exclusivement par l'artiste, le château s'est progressivement agrandi pour devenir en 1919 une maison d'habitation de la famille Bile. Enfants de René-Pierre, petits-enfants d'Edmond, Geneviève Grandjean-Bille et Nicolas Bille y ont passé toute leur jeunesse, entre la fin des années 50 et les années 80.Ils se souviennent d'une maison «hors du temps, qui inspirait à la rêverie». Leur tante, l'écrivaine Corinna Bille, y revenait régulièrement avec son époux Maurice Chappaz.

«Le Paradou et ses jardins sont évoqués à plusieurs reprises dans ses écrits», explique Geneviève Grandjean-Bille. Elle voit en l'imposante demeure de son grand-père «la folie d'un jeune homme qui, arrivé à Sierre à 27 ans, avait l'ambition de mettre de l'art dans tous les recoins de la bâtisse».

Jouve, Rolland et Ramuz y sont passés

D'autres grands noms de la scène culturelle de l'époque sot également passés par le Paradou, parmi lesquels les écrivains Pierre Jean Jouve, Romain Rolland et Charles Ferdinand Ramuz.

«Notre grand-père aimait recevoir», note Nicolas Bille. Et d'ajouter que le maitre des lieux avait un goût prononcé pour la mise en scène. «Des photos montrent Edmond en train de marcher dam le promenoir du château vêtu d'un habit de moine. Ce choix de vêtement se trouvait en accord avec le style architectural d'inspiration religieuse de la bâtisse. Nous savons également qu'il lui arrivait d'organiser de grandes fêtes costumées à l'attention de ses enfants.»

Les génération Bille se sont succédé au Paradou jusqu'en 2009, année à laquelle le château fut vendu à un couple azéri-russe. Il a récemment été remis en vente. Aujourd'hui, et malgré des travaux de rénovation entrepris ces dernières années, la demeure conserve encore son aura d'antan.

 

 ** Source : Le nouvelliste - 9 septembre 2020, Laurent Bagnoud

 * Source : https://www.sngenealogie.ch/

 

 

 

 

 

 

LUCIEN GROUNAUER

(1906-1997)

 

« Réalité poétique »

Du 28 août au 25 octobre 2026

 

Lucien Grounauer "Maroc" - 1973

 

Né dans une famille de cabinotiers* installée à Genève depuis plusieurs générations, Lucien Grounauer est âgé de 10 ans, quand à la suite de diverses circonstances professionnelles, son père décide de se fixer au Locle avec sa famille.

Les premières études terminées, il fera un séjour fructueux à l'Académie Loup de Lausanne, avant de passer à l'Ecole des Beaux-Arts de Genève, dont il ne garde aucun souvenir - Pignolat, Alfred Martin, Louis Gaud n'y étaient plus -.

Dans la liberté d'esprit la plus totale, ce sont alors des voyages pour découvrir les "grands" de tous les temps dans les musées de Belgique, d'Italie, de France et de Paris surtout.

C'est en 1931 que trois toiles du peintre sont acceptées par le jury de l'Exposition nationale qui a lieu à Genève: son oeuvre "Les soucis" ne laisse pas la critique indifférente.

Par la suite, diverses expositions se suivent à Paris, Neuchâtel, Genève, Winterthur.

Cette peinture faite de paysages et de portraits essentiellement - il fait une carrière de portraitiste pendant 15 ans - ne connait ni l'influence du cubisme, ni celle du fauvisme pas plus que l'abstraction.

Le peintre Renoir restera un grand exemple pour Grounauer; il travaille sans se préoccuper d'une certaine critique qui ne comprend pas très bien, dans le bouillonnement des recherches contemporaines, cette fidélité à l'impressionnisme.

Et pourtant ! Se souvient-on qu'au lendemain de 1918 déjà, les mêmes reproches s'adressaient à Dunoyer de Segonzac, Luc-Albert Moreau et Boussingault ?

Or, en 1945, sous le signe de Bonnard, c'est le même phénomène qui se reproduit avec Brianchon, Planson, Legueult. C'est à cette tendance que pourrait être rattaché Lucien Grounauer : la réalité poétique.

La forme est souple et sensible, la lumière joue avec délicatesse sur les objets, la touche garde tout son pouvoir de séduction. Poésie des choses, joie de vivre et de créer, la peinture de Grounauer, à travers et malgré les années grises (1939-1945 ndlr), sans y être insensible, n'a jamais voulu exprimer autre chose.

 

* Un cabinotier est, historiquement, un ouvrier horloger genevois spécialisé du XVIIIe et XIXe siècle, travaillant à son compte dans un petit atelier nommé « cabinot », situé sous les toits pour bénéficier de la lumière naturelle. Ces artisans hautement qualifiés étaient connus pour leur savoir-faire exceptionnel, fabriquant des montres complexes, et sont aujourd'hui considérés comme les pionniers de la Haute Horlogerie

 Exposition Lucien Grounauer à la Galerie des Amis des arts

M. Alex-Billeter excusa tout d'abord l'absence de M. Jean-Paul Robert, président de la société, puis M. Aurèle Cattin prit la parole.

On ne présente pas Lucien Grounauer, dit-il, à un public de Neuchâtelois, et par surcroît de connaisseurs, tant sa peinture est connue et appréciée. 

Grounauer est, il a été et il reste notre meilleur portraitiste ; s'il n'y a ici qu'un unique portrait de jeune fille bien moderne, c'est que les acquéreurs gardent jalousement ces portraits, qui sont ceux d'enfants, d'adolescents, de femmes, de personnalités diverses de la société neuchâteloise. 

Grounauer est ensuite un extraordinaire paysagiste. Voici ses fameux paysages de neige avec leurs étendues soufflées par la bise, ces villes hivernales où les rues silencieuses sont emprisonnées entre leurs remblais glacés.

Passons à des saisons plus clémentes : voici Neuchâtel, son port, ses voiliers, ses coteaux aux vues plongeantes; voici le lac de Morat et le Vully en fleurs.

Voici le Midi avec ses campagnes blondes, ses plages bariolées, sa végétation luxuriante, ses femmes nues dorant leur beauté au soleil des plages.

Paris nous offre un aspect inattendu : la place de la Concorde sous un ciel jaune pâle. Les paysage d'Espagne chantent sous la fixité da la chaleur qui eclate de partout. 

Voici la Bretagne avec ses ciels pommelés. Autre face de ce riche talent : les natures mortes, bouquets sécrétant d'invisibles parfums.

Le secret de la joie de vivre

Faut-il souhaiter, demande M. Cattin, qu'un tel peintre se mette la mode du jour et qu'il se lance dans le non-figuratif ? Non. Que faux chefs-d'œuvre cache notre peinture moderne !

II est beau de voir un artiste chanter la possession physique du monde en sacralisant le visible avec talent, sagesse, amour et poésie.

Dans un cadre moulé au gré de la sensibilité, ce que Lucien Grounauer nous révèle, c'est le secret de la joie de vivre.

A ces considérations si justes et si nuancées de M. Aurèle Cattin, il n'y a rien d'essentiel à ajouter, tant il a bien défini le climat esthétique où s'est élaboré l'art de Grounauer. Peut-être y aurait-il lieu simplement de chercher par quels chemins le peintre s'est élevé à une vision aussi pure et aussi raffinée.

Si le peintre abstrait court le risque de succomber l'esprit de système, le peintre figuratif est exposé au danger de voir le pittoresque du réel noyer la vision esthétique et le détail l'emporter sur l'ensemble.

A l'oeuvre qui est une simple prise de vue, enregistrant la multiplicité plus ou moins arbitraire du spectacle de la vie, Grounauer, par une ascèse eshétique consciente, tend à substituer une vision savamment structurée, qui va s'élever jusqu'à la spontanéité pure, à la vibration exquise d'une ivresse délicieuse et raffinée.

Trois voies bien distinctes

Cette élaboration, celte recherche épouse trois voies bien distinctes, qui sont autant d'aboutissements. Il y a le paysage hivernal où les ciels brouillés répondent aux étendues enneigées parcourues de petits traits foncés, piquets, troncs d'arbres ou branchages, qui figurent là comme des portées avec leurs noires, leurs croches et leurs doubles croches. Signe de réussite : la chaleur de ces paysages hivernaux.

Le paysage d'été présente en générel un premier plan d'arbustes, explosion de sève, exubérance et orgie de couleurs, se profilant sur le bleu sombre, intense et profond de la mer ; c'est un hymne délirant, mais toujours très bien ordonné, à la beauté insensée de la nature.

Enfin, ce sont les nus d'une grandes pureté, où la chair, diaphane et extasiée, se fait attente et contemplation. Ici, une jeune femme se dresse face un rocher dont la dureté fait ressortir par contraste la fragilité tendre et grave de sa chair. Ailleurs, dans une œuvre intitulée "Sur la plage", face au sable et à la mer, deux corps se présentent à nous triomphalement : l'un, couché, qui dit le plaisir du repos et de la détente ; l'autre, dressé, dont le regard, projeté vers te lointain, reflète un rêve empreint de grandeur et de mélancolie

P.-L. B.

Source : article présentant une exposition de Lucien Grounauer à la Galerie des Amis des arts

 


 

«Liliane Méautis» tableau de Lucien Grounauer  - 65 cm x 55,5 cm - 1939

Lucien Grounauer

S'il est un artiste neuchâtelois à qui l'on peut accoler l'épithète de brio, c'est bien Lucien Grounauer.

Né au Locle en 1906, il choisit, dès la sortie de l'école, la voie de la peinture, négligeant l'avis de ses maîtres qui voulaient en faire un gymnasien.

A Lausanne, il suit les cours de l'Académie Loup, puis à Genève, l'Ecole des beaux-arts qui, selon ses dires, ne lui apporte rien. Grounauer, voulant travailler sur le tas, part pour Paris où il préfère le contact des écrivains et des journalistes à celui des artistes.

Aspirant au calme, au travail régulier, il revient dans sa ville natale, produit portraits et natures mortes, s'essaie à toutes les techniques... bref, complète un apprentissage qui fait de lui un peintre polyvalent, tant dans les sujets que dans les genres abordés.

Grounauer fait les décors de manifestations théâtrales et sportives, crée des affiches, illustre de lithographies certains ouvrages, tel «Le salut à mon pays» de Jules Baillods (1949), et peint une série de cinq fresques à l'usine Dixi.

Doué d'un beau tempérament, d'un métier sûr, Grounauer, dans un premier temps, produit des toiles denses, sobres, relativement peu colorées et généralement vouées au monde des humbles. De cette époque date La femme accoudée, L'apprenti, L'éplucheuse de légumes, un grand Maréchal ferrant ou encore une Pieta, qui doit davantage à l'humain qu'au religieux.

C'est dans cette veine que s'inscrit l'étonnant Chômage (musée du Locle), toile poignante et engagée où il est piquant de voir un peintre, réputé plus tard de «mondain», être pratiquement le seul à évoquer ainsi le phénomène social de la crise de 29 et d'arriver à en traduire l'angoisse avec une évidente économie de moyens.

Dès les années trente, Grounauer expose sur le plan national, de même qu'à l'étranger, présent par exemple au Salon des artistes français. C'est également le début d'une série de portraits qui font de lui un des grands spécialistes du genre, avec des réussites incontestables: Léon Savary, Hans-E. Bühler, industriel de Winterthour et grand collectionneur de Géricault, le chirurgien Grounauer (oncle de l'artiste), le conseiller fédéral Max Petitpierre. Ces oeuvres sont caractérisées par un climat intime, cernant la personnalité du modèle qui, par la vie même que lui confère le peintre, prend contact avec le spectateur dans un contexte de monumentalité.

Côté féminin, Grounauer cède au charme et parfois à la mondanité; mais il peut se montrer d'une criante vérité, comme dans le beau portrait de Liliane Méautis.

Avec les années, la peinture de Grounauer se colore. Touchant à de multiples sujets, il produit des nus somptueux, des natures mortes lumineuses, notamment de fleurs. Enfin, il consacre une part importante de son activité au paysage, traitant avec truculence les rives du lac, la nature luxuriante du Midi et les villes marocaines.

Du Jura, il laisse de superbes paysages hivernaux, rendant avec verve et, paradoxalement, avec charme la rigueur du climat, la sensation du froid, l'inconfort de l'humidité.

Gérald Comtesse (Texte extrait de son livre "Les peintres neuchâtelois")

 


 

Exposition au Grand salon des Annonciades:

« Réalité poétique »

LUCIEN GROUNAUER

Du 28 août au 25 octobre 2026

   

 

 

ROLAND KELLER

Peintre sans frontières

 

Roland Keller

(1963)

Artiste jurassien né en 1963 à Delémont.

Il réalise des dessins aux crayons de papier, des peintures acryliques et à l'huile en mixant les techniques traditionnelles au pinceau en combinaison avec l'aérographie.

Roland Keller a toujours été attiré et fasciné par le réalisme. Ses oeuvres sont réalistes, voir hyperréalistes et parfois fantastiques. Ses sujets principaux sont les paysages, les portraits et les animaux.

Deux grandes tendances chez cet artiste : soit des dessins aux crayons de papier avec l'aérographe, soit des peintures acryliques et à l'huile combinée avec de l'aérographie et parfois des reliefs (avec un gel de structure acrylique).

Au fil du temps Roland Keller s'est diversifié en utilisant différents supports comme des véhicules, des murs intérieurs ou extérieurs.


“Ma peinture s'autorise à inclure toutes les formes d'art, sans frontière de genre culturel ni d'origine géographique, et sans hiérarchie de valeurs entre culture savante et culture populaire Les peintres expriment une vision très personnelle sur des supports tels que le papier, la pierre, la toile, le bois, l'écorce, le verre, le béton et bien d'autres. Œuvre de représentation ou d'invention, la peinture peut être naturaliste et figurative, ou abstraite. Elle peut avoir un contenu narratif, descriptif, symbolique, spirituel ou philosophique.”

“La structure ou la matrice directionnel de toute chose est un habile condensé d'harmonie et de chaos. L'elément chaotique participe à la diversité et à la richesse de toute chose dans tout l'univers.”

 

Récompense :

1983 : 1er Prix (publique) des Jeunes Talents Romands, St-Ursanne (JU)

 

Expositions personnelles :

2026 : galerie du Jura, St-Ursanne (JU)

2021 : Galerie Incognito Babershop Lausanne (VD)

2003 : Centre Culturel De Rossemaisson, L'harmonie Et Le Chaos Rossemaisson (JU)

1999 : Prieuré De Grandgourt (JU)

1989 :  Prieuré De Grandgourt, L'amérique Latine Grandgourt, Canton du Jura, Suisse

 

Quelques fresques réalisées par Roland Keller :

Café Pub de la vieille ville à Moutier

Hôtel de ville à Delémont

Bâtiment communal de Montfaucon

Novi SA aux Genevez

Garage privé à Montsoleil

Maison privée à St-Ursanne

Bâtiment (Bleu Lézard) à Delémont

Maison privée à Moutier

Hall d'entrée, S.Hauert SA à Miécourt

 

 

Roland Keller expose du 22 mars au 26 avril 2026 à St-Ursanne

 

GALERIE DU JURA

(En face de la galerie des Annonciades)

Ouverture les dimanches de 14h00 à 18h00 et sur rendez-vous

 

Oeuvres de Roland Keller en vente à la galerie du Jura

Oeuvres de Roland Keller en vente à la galerie des Annonciades

 

  

 

  

 

 

 

 

Jean-Claude Kunz

JEAN-CLAUDE-KUNZ-portrait-mai-2014 

Jean-Claude Kunz - Bienne/Biel, juin 2014  © Jean-Luc Barbier

Une Vie - Une Passion

né en 1942 à Bienne
Etudes à l'Ecole des art décoratifs de Genève
Membre d'honneur de la Société des artistes visuels VISARTE
Nombreuses expositions en Suisse et à l'étranger
Illustrations de différents ouvrages littéraires
et diverses publications personnelles
Tableaux dans des collections privées et publiques
Dictionnaire des Artistes suisses contemporains
Répertoire des Artistes suisse
Institut suisse pour l'étude de l'Art à Zürich

 

Ein Leben - Eine Leidenschaft

geboren 1942 in Biel
Studium an der Ecole des Art décoratifs in Genf
Ehrenmitglied der VISARTE Schweiz
Illustrationen verschiedener Werke
und Herausgabe persönlicher Publikationen
Zahlreiche Ausstellungen im In- und Ausland
Werke in privaten und öffentlichen Sammlungen 

 

Biographie de Jean-Claude Kunz

Séjours à Paris "la Grande Chaumière" dans les cours de peinture d'Yves Brahier
Plusieurs séjours dans l'atelier du peintre Albert Chavaz, à Savièse
Participation régulière au Salon d'Automne de Lyon 1969 à 1976
Invité comme artiste suisse à la Fondation Plateau d'Assy/France 1973
Participation à l'Emulation jurassienne 1974
Salon d'Aix-en-Provence 1978
Expose avec 6 peintres jurassiens à l'UBS de Genève en 1978 et au Pavillon Werd à Zürich en 1979
Exposition collective des peintres biennois de Provence, 1984, 1989 et 1995, Evilard
Le Musée de Granges lui consacre une exposition
Une "monographie" a été éditée pour cet événement

Son retour en Suisse apportera une dimension différente à sa démarche picturale, qualifiée de "réalisme imaginaire". Ces dernières années, il découvre une nouvelle ressource d'imagination en travaillant le bois flottant en petites sculptures, des collages avec de vieux matériaux et reste en perpétuelle recherche picturale, ce qui représente de nouvelles démarches qui exigent une prise de conscience dans son travail.


Studien

bei Yves Brahier, Académie de la Grande Chaumière, Paris
und bei Albert Chavaz, Savièse
1967 erste eigene Ausstellung in Grenoble
1969 - 1976 regelmäßige Ausstellungen beim „Salon d'Automne“, Lyon
1973 vertritt Kunz die Schweiz mit seinen Arbeiten bei der Fondation Plateau d´Assy
1974 Teilnahme an der Emulation jurassienne
1978 Ausstellungen beim Salon d´Aix-en-Provence und bei der UBS, Genf
1979 Ausstellung beim Pavillon Werd, Zürich
1984, 1989 und 1995 Gemeinschaftsausstellung Bieler Maler in der Provence, Evilard
1992 Ausstellung Kunsthaus Grenchen anläßlich der Publikation einer „Monographie“ über den Künstler

Nach 25 schaffensreichen Jahren in der Provence, die der Künstler vor allem der Landschaftsmalerei, ab 1976 auch der Lithographie und der Gravierkunst gewidmet hatte, beginnt die Rückorientierung in die Schweiz

Der malerische Aufbau seines Werks gewinnt eine andere Bedeutung, die er als „Réalisme Imaginaire“ bezeichnet
Es entwickelt sich ein umfangreiches Werk an farben-starken Stillleben
Kunz entdeckt auf der immerwährenden Suche nach weiterm Ausdruck seines sich wandelnden malerischen Empfindens immer neue Quellen für seine Arbeit
seit 2010-2012 entstehen Skulpturen und Collagen aus Treibholz.

Publications

Kunz, Une Vie, Une Passion, Ein Leben - Eine Leidenschaft, bilingue, 2012
Kunz, une monographie1992, Ed. Verlag W. Gassmann AG, Biel
Désirs, poèmes et peintures 1968
Peintures - Réflexions 1977
Passion 1987
Mes voyages intérieurs, 1997
Mes Souffrances, mes colères, mes passions, 2005

Illustrations

La Femme et l'Enfant de Paul Thierrin, 1976
A Tain perdu, d'André Imer, 1982
Le singulier destin d'un soulier solitaire, Éditions OSL, 1984
Interludes d'André Imer, 1996

 

Articles de presse

Le réalisme imaginaire et ses valeurs (revue accrochage  - septembre 2002) format pdf

Un monde allégorique et émotionnel (article de Céline Latscha - septembre 2002) format pdf

 

 

 

Artistes

Recherche dans le shop

Votre Panier

 x 

Panier Vide

Nombre de visiteurs

Aujourd'hui : 543

Hier : 1079

Cette semaine 15751

Month 40656

All 1886109