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Charles Humbert

(1891-1958)

 Peintre de l'espoir

 

Auto-portrait (1919) 

Oeuvres de Charles Humbert sur notre site 

Charles Humbert est né au Locle et mort à La Chaux-de-Fonds. C’est au Locle qu’il passe ses années d’enfance et de jeunesse. Il y suit sa scolarité et montre très tôt des talents artistiques tant musicaux que picturaux.

Elève de l’école secondaire du Locle en 1904, Charles Humbert montre alors un talent sûr pour le dessin. Son professeur, le peintre Jacot-Guillarmod, l’encourage à embrasser une carrière artistique. Le jeune homme est également attiré par la musique, mais choisit finalement de fréquenter l’Ecole d’Art de La Chaux-de-Fonds de 1906 à 1911 et suit le Cours supérieur de Charles L’Eplattenier.. Il est dans la même classe que Madeleine Woog sa future épouse.

   

Après l’obtention du brevet d’enseignement du dessin, Charles Humbert séjourne en 1913 à Paris. Son séjour lui permet de côtoyer les peintres cubistes et fauvistes. Il se rend ensuite en Italie du Nord pour y étudier les grands peintres italiens, tels Giotto, Raphaël et Léonard de Vinci, mais aussi les contemporains.  Il s'initie à la mosaïque à Ravenne, art qui le fascine et qui va marquer son œuvre.

En 1914, il revient à La Chaux-de-Fonds pour s’y fixer définitivement. Par sa vaste culture, il marque profondément la vie culturelle et artistique de la ville.  

En 1918, il expose au Salon romand à Zurich aux côtés du Français Henri Manguin.

Charles Humbert est notamment une des figures centrales de la revue Les Voix, qui paraît à La Chaux-de-Fonds de 1919 à 1920 et à laquelle ont contribué peintres, musiciens et écrivains chaux-de-fonniers, dont Madeleine Woog (1892-1929), peintre, qu’il épouse à cette époque. Cette effervescence intellectuelle est d’ailleurs illustrée dans Le concert sans orchestre, roman de Jean-Paul Zimmermann.

Charles Humbert est rapidement remarqué par la communauté israélite, argentée et jouant un éminent rôle de mécène dans la ville de La Chaux-de-Fonds en plein développement. Consacré dans sa région, ne cherchant pas comme Le Corbusier, à se faire connaître sur une scène plus large, son oeuvre est malheureusement restée méconnue.

Le Corbusier lui a proposé de venir à Paris, de l'introduire dans les milieux artistiques, mais Humbert poursuit sa devise: «Fais ce que tu voudras avoir fait quand tu mourras.» Humbert tourne volontairement le dos à la renommée. Dès 1920 il se contente d'exposer régulièrement à la manifestation organisée par les Amis des arts de sa ville natale.

Les oeuvres laissées par Charles Humbert affichent une grande diversité, tant par les différentes techniques employées, que par le choix de ses sujets. Outre la peinture sur chevalet, il s’est intéressé à de nombreuses techniques telles que la mosaïque, la fresque, le dessin et l’illustration de livres.

Portrait de sa femme Madeleine Woog "Les amis" /  Photo : Musée des beaux-arts, La Chaux-de-Fonds

Charles Humbert est un artiste qui ne se limite pas à une technique. Il peint - notamment sur chevalet -, il réalise quelques œuvres monumentales, il dessine, il illustre et enlumine, et il exécute des mosaïques. Ses sujets également sont divers : portraits, natures mortes, paysages et compositions se retrouvent pour toutes les techniques.

Depuis 1921, et cela durant 4 ans, il décore les parois de la salle de chant du Gymnase de La Chaux-de-Fonds de toiles marouflées.

Entre 1926 et 1929, c’est lui le créateur de la mosaïque qui orne le hall du Musée des Beaux-Arts de sa ville natale. 

Il illustre des livres de collection comme «L’Enfer» de Dante et «Gargantua» de Rabelais.

La bibliothèque de La Chaux-de-Fonds abrite la peinture monumentale de la salle de chant de l'ancien gymnase peinte entre 1920 et 1925 par Charles Humbert.  Chaque thème est animé de personnages parmi lesquelles des professeurs, des proches de Charles Humbert et de quelques personnalités de l'époque.

 

 Les arts et les métiers (1925-1929) Mosaïque - 335 cm x 281 cm
 

A propos de Charles Humbert par Jean-Paul Zimmermann (pdf)

(Les Voix - octobre 1919 - pages 197 à 203) 

 


 

«UN HOMME DANS LA CITÉ»

Hommage à Maurice Favre par Jean-Marie Nussbaum 

Textes concernant Charles Humbert, ami de Maurice Favre

(pages 125 à 131)

Charles Humbert ou le «Hamlet de faubourg» (1)

Le « Hamlet de faubourg » comme l'appela ingénieusement Zimmermann à leur première entrevue. Humbert avait tout appris seul, ou aux cours de Charles L'Eplattenier, ce découvreur de talents et dévoileur de l'art chaux-de-fonnier, vers les 1905-1910.

Mémoire quasiment infaillible mais brutale, main très sûre, dessin irréprochable, Humbert écrivait très bien, des choses fortes, sonores, assénées. Rien n'était indifférent chez lui. Ses outrances, ses grosseurs, son honnêteté sourcilleuse, ses injustices, sa délicatesse, sa générosité, tout disait l'homme de caractère, d'éclats, plein moins de lui-même que de tout ce qu'il avait en lui.

Peut-être a-t-on mal compris sa riposte à Le Corbusier, quand l'architecte déjà célèbre lui proposa d'aller le rejoindre à Paris: Je n'ai pas besoin d'aller à Paris; (s'ils le veulent) ce sont les Parisiens qui viendront à moi !

Il était - il le dit- enraciné dans cette terre, dans sa peinture, dans son être. Amoureux de musique, il renonça du jour au lendemain d'aller au concert: - Si je veux écouter Beethoven, je fais silence en moi, et je l'entends. Là aussi sa mémoire le servait. Orgueilleux, certes, refusant toute contradiction, il était au fond timide (comme tous les Romands), et ne put jamais accomplir la moindre démarche pour lui-même.

Entier et solitaire, ne fréquentant que les «sommets», il se créa une sorte de familiarité avec l'absolu; bref, déconcertant, difficile à vivre, dévoué comme personne mais implacable dans ses exigences, il mena avec Maurice Favre une amitié sans faille, durant près de quarante ans. Celui-ci lui adresse, à sa mort, un bien bel éloge :

 

Ce bloc que rien ni personne n'a pu entamer (1)

« Lorsque en 1939 le peintre Humbert reçut l'ordre de se présenter aux services complémentaires de l'armée pour aller camoufler les fortins dissimulés sur le Jura, ses amis ont bien ri, alors que lui prenait très au sérieux cet ordre de marche. C'était la première fois de sa vie qu'il recevait un ordre... péremptoire. Il avait quarante-huit ans. » Heureusement que cet ordre est resté sans effet, car Charles-Auguste Humbert n'a jamais admis que l'obéissance librement consentie.»

» A l'école primaire, il fut toujours un bon élève, mais un élève insoumis. Il l'est resté toute sa vie. Il n'a jamais suivi l'enseignement, a tout appris par lui-même, en se donnant les maîtres de son choix, aussi bien en peinture qu'en musique, en littérature qu'en morale.»

» Son intelligence, son bon sens, sa droiture l'ont préservé de trop grandes erreurs; son sens inné de la perfection et son ardeur infatigable au travail, soutenue par une santé de fer, ont fait de lui un «bloc» que jamais rien ni personne n'a pu entamer. Ce qui fait qu'on l'admirait, et qu'on le craignait tout autant, mais que ceux qui le connaissaient l'aimaient, tout simplement ! Quittes à s'écorcher de temps en temps aux arêtes de granit dont il était fait.

  

» Pourtant, Madeleine Woog, sa femme, arrivait à force de douceur et de persévérance à le persuader... à longue échéance. Ceci n'a rien à voir avec l'obstination, mais il mettait tant de soin, tant d'ardeur, et tout son coeur, à ce qu'il faisait qu'après avoir tout donné, il s'étonnait qu'on pût lui demander encore autre chose.

» Chère Madeleine, elle s'est consumée à convaincre son grand homme de mari ! Et pourtant, lui l'adorait, cette petite femme extra-sensible morte en 1929, après neuf ans de mariage seulement.»

» On s'est parfois étonné de la qualité des amitiés qu'Humbert a suscitées autour de lui, aussi bien au haut de l'échelle sociale (dont il n'avait aucun souci) que dans le petit monde des travailleurs dont il faisait partie, ou dans celui des intellectuels vis-à-vis duquel il ne se cachait pas d'un peu de méfiance, ayant tout au long de sa vie constaté que la valeur d'un homme ne se mesurait pas à la longueur des articles de revues ou de journaux qui lui sont consacrés.

Ses talents, son érudition, sa rude franchise lui attiraient autant de solides inimitiés que de fidèles amis, mais au-dessus de tout et de tous planait une droiture parfaite, imposante dans sa continuité, sans défaillance ni compromission.

» S'il ne tolérait pas qu'on touche à ses amis ou aux maîtres qu'il admirait, il ne se faisait pas faute pourtant de les contrarier, de les critiquer, en leur disant vertement sa façon de penser, des nuits durant, car ce travailleur infatigable ne dormait que fort peu. »

 

L'atelier des beaux-arts (1920-1924) huile sur toile - 300 cm x 380 cm

 

Humbert, Zimmermann et les «Voix» (1)

Louis Loze: « Devant ses oeuvres, nous retrouvons nos yeux de dix-huit ans. Son souvenir est lié à nos découvertes et à nos enthousiasmes de collégiens. Sa mort nous rend plus présente et plus précieuse sa jeunesse. Pour tous ceux qui l'ont connu vers 1920, à l'époque des Voix, Charles Humbert n'a ni changé ni vieilli.

» Il demeure tel qu'il s'est représenté dans un autoportrait assez romantique, le front ceint d'un fichu noir et la branche de laurier à la main. Il accompagne Jean-Paul Zimmermann au Gymnase, mais il est déjà pour nous le créateur, le maître; Zimmermann n'a alors publié que dans de rares revues, Humbert accède tout jeune à la maturité, à une notoriété qui pour nous est déjà la gloire. Il commente pour nous sa grande toile La Tour de Babel; il parle de Dante, il accueille beaucoup d'entre nous dans sa maison de la rue du Grenier où Madeleine Woog reçoit avec une gentillesse qui n'a jamais été égalée; nous suivons le peintre dans son petit atelier de la rue de Gibraltar, dont le poêle au tuyau noir et la bouteille de Dôle composent le décor en marge des esquisses, des reproductions et des toiles.»

» Cet autodidacte a la passion d'instruire les autres; il reporte sur ses cadets la confiance qu'il a en lui-même. Il est le maître d'un royaume dont il lui plaît visiblement de faire les honneurs. Mais s'il veut régner, c'est comme un bon paysan sur un domaine bien tenu. Ce Jurassien a hérité des chronométriers et des graveurs le culte de la belle main et du probe ouvrage. Mais aussi l'inlassable ténacité, le goût de la recherche pour elle-même, la méthode des travaux alternés, le dessin relayant la lecture ou l'audition d'un concert.

Humbert est encore jurassien par son goût de la solitude auquel succèdent de brusques fringales de camaraderie et de société. Bientôt, il dé-corera les murs du Gymnase; bientôt la Tour de Babel, puis les Disciples d'Emmaüs seront connus bien au-delà des frontières régionales; Edmond Bille dans ses critiques oppose le «sombre Humbert» au «faune Bosshardt», et voit dans ces peintures contrastées deux pôles de la sensibilité romande; vint le jour où, devant le projet des mosaïques du musée, Bourdelle dit à Charles Humbert: «Vous avez plus que du talent.» Le sentiment de cette plénitude a soutenu Humbert au lendemain du deuil comme durant sa maladie.

 

Une ville qui s'affirme (1)

» De son amitié avec les artistes, disciples comme lui de L'Eplattenier, avec Zimmermann, avec Pierre Humbert, avec William Hirschy, avec Lucien Schwob et quelques autres, est née une revue, Les Voix, qui marque une tentative encore inconnue chez nous. La générosité de Georges Haefeli (l'éditeur, ndlr) permit de donner aux Voix une tenue graphique digne de sa tenue artistique. Ainsi l'exemple des Cahiers vaudois avait porté; les collaborateurs des Voix voulaient dire, préciser et approfondir, eux aussi, leur « raison d'être ». Et cela explique qu'à l'éclectisme des débuts - on trouve au sommaire les noms de Pierre Godet, de Virès, de Baudouin, de Faller, d'Adolphe Veuve - s'oppose bientôt une volonté de doctrine, entraînant un choix plus limité des oeuvres et des hommes. A l'exemple de la NRF, Humbert et Zimmermann veulent créer le groupe et l'esprit du groupe. Ils le disent, sans aucune obscurité, dans un éditorial: « Nous sommes une coterie; l'esprit de coterie est nécessaire; il est à la base de tout groupement, de toute société, de toute nation.»

» Et bientôt les Voix deviendront un dialogue. Celui que Jean-Paul Zimmermann et Charles Humbert poursuivent inlassablement à travers les orages et les joies de l'amitié. Cette autorité exercée par les dioscures, le peintre et l'écrivain, nous vaut de connaître un Humbert critique musical, critique de cinéma, curieux de tout et sûr de tout. Le premier par exemple il voit dans les sketches de Charlot l'ébauche d'un style nouveau. Et le portrait de Beethoven nous montre assez que la musique, pour Humbert, c'est d'abord l'Héroïque, le culte du rythme puissant et des grandes architectures.

» Ce sédentaire demeura jusqu'à sa maladie l'hôte le plus généreux, l'ami le plus exigeant de la réussite des autres. Ah ! qu'il détestait la paresse ! Mais ceux qui lui étaient présentés étaient toujours mis au bénéfice de la confiance et de l'estime. Il faisait fête à Louis de Meuron, à Hugonnet, à Hans Berger, comme aux musiciens venus donner concert en notre ville. Il exerçait d'ailleurs sur eux, et en pleine conscience, la puissance de son charme personnel et de son art. Et bien souvent la visite devenait un pèlerinage.»

» De ce temps et de ces hommes des Voix, Jean-Paul Zimmermann a écrit la chronique dans le Concert sans Orchestre, roman précisément de reclus, d'artistes entièrement voués à leur art, et jamais délivrés de leurs passions. Oui, ce Concert a été admirable, et il a été «sans orchestre» faute d'un public déjà assez nombreux ou assez attentif, faute peut-être aussi d'un grand vent du large ou des sommets.

» Mais l'exemple d'Humbert a suscité des vocations, ouvert des chemins; son oeuvre peinte se double d'une influence dont certains ne mesurent plus exactement aujourd'hui la portée ni la valeur. L'un des premiers, Charles Humbert a donné à ses amis comme à sa ville la volonté et les raisons de s'affirmer et de s'élever.»

Pour la salle de chant du Gymnase, devenue depuis bureau directorial, Charles Humbert (1891-1958) a peint sur quatre parois entières les arts et les sciences. Cette vaste peinture murale où l'on retrouve maîtres et élèves, artistes et hommes de science, magistrats, artisans de La Chaux-de-Fonds d'alors, est la fresque de la culture s'incarnant dans une époque et un milieu.

«Donnez-moi des parois et je vous les décorerai», dit ce puissant créateur, qui revient alors d'Italie. Son oeuvre est l'une des plus grandes pages de la peinture classique, mais aussi du romantisme chaux-de-fonniers. Il y travailla quatre ans, de 1921 à 1925, et en fit don au collège pour son vingt-cinquième anniversaire.

 

Voici un fragment qui fait partie des Sciences naturelles: on voit de gauche à droite Pierre Hirschy (devenu colonel divisionnaire), Jean Egger, ébéniste racé qui a exécuté entre autres le salon Le Corbusier actuellement au Musée historique, Yvonne Roulet, Maurice Favre, Justin Stauffer, premier président de commune socialiste, Edouard Stauffer, son fils, professeur de sciences naturelles au Gymnase.

 (1) Extraits de «Un homme dans la cité». Hommage à Maurice Favre par Jean-Marie Nussbaum

 


 
Les différents registres *
 
Le nombre d'éléments, dont l'heureuse disposition crée l'harmonie, n'est pas déterminant. La simple ligne figurative d'un Matisse ou la géométrie abstraite d'un Vasarely contrastent avec la complexité d'autres peintres, qu'ils soient ou non figuratifs. Charles Humbert sait se contenter de quelques traits. Avec des moyens restreints, il démontre un étonnant sens du chic.
 
Mais il réserve cette manière, que l'on pourrait dire élégante, à des illustrations ou à des croquis. Dans ses toiles, où son habileté permet de tout reproduire, il déborde de vitalité et met en oeuvre plusieurs registres d'éléments, dont voici quelques exemples.
 
Le cadrage
 
Avant de les reproduire, il faut disposer les motifs. Le bon photographe le sait, qui veut donner une touche artistique à son cliché. Zimmermann rapporte qu'Humbert dit à son élève : « Une autre fois, tu choisiras mieux ton motif. Comment peux-tu t'éreinter sur un premier plan aussi morne ? » L'intérêt de la disposition dépend du coup d'oeil, qui est plutôt un coup de coeur. Entre la banalité de la symétrie et le trouble de l'asymétrie, il faut trouver le bon rapport. Un motif riche est mis en valeur par un milieu pauvre. Mais celui-ci peut acquérir une valeur en soi et rivaliser avec celui-là.

Les formes
 
Proche du cadrage, la diversité des formes donne vie au tableau. Pour Baudelaire, « les parfums, les couleurs et les sons se répondent ». Pour tous, les formes en font de même. Le plein répond au creux, le précis au flou, le colossal au minuscule.
 
Les volumes
 
Une toile n'a que deux dimensions, mais peut suggérer la troisième. Certains peintres y renoncent, se contentant de faire jouer les surfaces ou la lumière. Charles Humbert s'attache aux volumes. Il veut les rendre, tout comme marquer leur situation harmonieuse dans l'espace. Il a, dit-il, digéré en cela les leçons du cubisme.
 
Les valeurs
 
Le même objet peut être reproduit avec plus ou moins de précision, acquérant plus ou moins de valeur par rapport aux autres. Le jeu qui en résulte importe particulièrement lors de la reproduction d'un ensemble de choses semblables. Les fleurs d'un bouquet ne doivent pas avoir la même valeur. A l'harmonie qui en résulte se joint une remarquable impression de vie. Dans la réalité, l'attention ne porte pas sur toute l'étendue du champ visuel. Elle n'en saisit qu'une partie, le reste, plus effacé, attendant une autre direction du regard pour se préciser. Sur la toile, ce même regard ne peut rendre précis ce qui ne l'est pas, mais il est renvoyé à ce qui l'est. Ce renvoi, qui rappelle la mobilité de l'attention, crée l'impression de vie.
 
Les couleurs
 
« La couleur est femelle et le dessin mâle », écrit le peintre, donnant à entendre qu'ils sont faits l'un pour l'autre. Aussi, tout en se défendant d'être coloriste et se préférant constructeur, demeure-t-il attentif aux rapports de tons. Il joue, bien entendu, de la complémentarité. Mais il préfère souvent la subtilité des nuances voisines, comme le démontrent les pages enluminées du manuscrit Gargantua. Faites pour être regardées deux à deux, paire à gauche, impaire à droite, elles donnent à l'ensemble une tonalité propre. Mais au sein de l'ensemble, le ton de chaque page varie, bien qu'il soit accordé à celui de la voisine.
 
Les accents
 
L'ombre et la lumière permettent des accents appuyés, dont le jeu s'ajoute à celui des autres éléments. Charles Humbert l'affectionne particulièrement. Sa peinture est violente. Elle se situe à l'opposé de celle de son ami de jeunesse Louis de Meuron. Il sait, cependant, se montrer sensible au chatoiement de la lumière. Certains extérieurs, vus de sa fenêtre, dans le contre-jour d'un matin ensoleillé, ont un aspect impressionniste. Cependant il s'y trouve toujours un accent pour faire contraste, une sorte de coup de poing qui rompt la quiétude.
 
Les rendus
 
L'étoffe ne se représente pas comme le bois. Celui-ci se distingue de la pierre, comme la chair du plâtre ou l'éclat de l'oeil de celui d'une flamme. Le peintre rend à merveille de tels effets. Il reproduit à s'y méprendre la souplesse d'une étoffe, le velouté d'une épaule, le fard d'un fruit ou le pollen d'une étamine. Mais il s'applique sur-tout à harmoniser de tels rendus, sachant que les plus réussis sont les plus rares.
 
Les fonds
 
Le fond de la toile, le plus souvent tourmenté, forme à lui seul une oeuvre abstraite. Important autant que le motif lui-même, il est un élément essentiel, ce qui échappe généralement au public, comme à maint critique.
 
L'architecture
 
«Assez d'impressions, donnons-nous des architectures pour y loger nos rêves», s'écrie le peintre en 1919.  Il écrit encore: «Les peintres ont le droit de raisonner et le devoir de calmer cette brosse démoniaque que Delacroix leur a transmise.» L'architecture est pour lui le sommet de l'art. Ses toiles sont d'abord construites. Il écrit: « Un tableau n'est pas une esquisse, mais un corps organisé, proportionné, avec une tête, des bras et des jambes, des rondeurs, des méplats, des passages de formes, des harmonies contrastées.»  Toutes ses toiles sont architecturées.
 
L'harmonie finale
 
L'oeuvre est terminée lorsque les différents effets s'équilibrent. Elle demande ainsi trois à quatre semaines de travail. Lorsqu'il s'agit d'un bouquet, les visiteurs qui surprennent le peintre à l'atelier s'étonnent souvent de le trouver en présence de fleurs fanées, alors qu'elles sont fraîches sur la toile en travail. C'est que l'artiste ne s'intéresse plus au motif originel, qui s'est transformé, mais à sa toile, dont il recherche l'harmonie.
 
La signature
 
Sous réserve des oeuvres de jeunesse, le peintre signe toutes ses productions, qu'il s'agisse d'une peinture, d'un dessin ou d'un simple croquis. C'est un effet de son esprit méthodique. Mais sa griffe est un élément esthétique en elle-même. On le remarque à la place, à la couleur, aux dimensions, à l'intensité du graphisme. Une petite toile se révèle un jour impossible à signer. Quel qu'en soit l'endroit, un élément nouveau détruirait l'équilibre. Le peintre met au défi de le contredire et la toile demeure sans signature.
 
Le cadre
 
Le peintre n'expose que des oeuvres encadrées par ses soins. Il finit par adopter un modèle unique, formé d'un champ plat, à l'intérieur biseauté et bordé à l'extérieur de deux arêtes en biseau. Il teinte lui-même la dorure, veillant à l'accorder à la toile.
 
* Extrait d'une présentation du peintre par Maurice Favre (pages 10 et 11). Texte patronné par l'institut neuchâtelois.
 
 
 

 


 

 

 

 

  

 

Claude Loewer

(1917-2006)

Artiste peintre neuchâtelois

 

Oeuvres de Claude Loewer sur notre site 

Claude Loewer est le lauréat de l'année 1954. L'oeuvre de cet artiste est aujourd'hui à portée de main (...) dans un ouvrage de référence intitulé «Peintres suisses. La Sculpture suisse», ouvrage en deux volumes. L'éditeur Marcel Joray a organisé en 1957, au Musée des beaux-arts de Neuchâtel, une importante exposition portant le titre: «La Peinture abstraite en Suisse». Parmi les artistes de renom, nous trouvons les Neuchâtelois Carlo Baratelli, Pierre-Eugène Bouvier, Ugo Crivelli, Jules Kilcher, Georges Froidevaux, Blaise Jeanneret, Claude Loewer, Gérard Schneider et Lucien Schwob.

Je mentionnerai encore Sophie Taeuber-Arp (*), qui s'est engagée dans l'abstraction géométrique en même temps que Mondrian, alors qu'il est de quinze ans son aîné, et deux autres artistes représentant l'abstraction strictement géométrique appelée style concret zurichois: Max Bill et Camille Graeser. Ces derniers se fondent sur des calculs mathématiques pour construire un tableau et sur les lois physiques régissant la combinaison des couleurs. 

(*) Sophie Henriette Gertrude Taeuber connue sous le nom de Sophie Taeuber-Arp, née en 1889 à Davos, en Suisse, et morte le en 1943 à Zurich, est une artiste, peintre, sculptrice et danseuse suisse, ayant participé aux mouvements dada puis surréaliste avec son époux, Jean Arp. Son œuvre, marquée par la géométrie et le rythme, embrasse des formats à deux dimensions (tableaux, travaux sur tissu), à trois dimensions (sculpture, reliefs) et le spectacle vivant (danse, théâtre)

 

Claude Loewer a volontairement choisi l'isolement et l'indépendance.

Claude Loewer grandit à La Chaux-de-Fonds. En 1936, âgé de 19 ans, il part pour Paris. Braque, Picasso, Léger, Kandinsky, Arp, Chagall, Brancusi, Villon, Bissière, Bazaine sont à voir à l'époque. De Klee, on ne parle pas. Loewer s'intéresse à l'oeuvre de Villon, fréquente des académies libres, l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts et copie Poussin, Tintoret, Ingres au Louvre.

Après une année de séjour dans la capitale, il expose au pavillon suisse lors de l'Exposition universelle. La guerre éclate et le jeune Loewer rentre au pays. L'artiste, alors âgé de 23 ans, aurait pu se joindre à deux groupes actifs de peintres, à savoir «Allianz» à Zurich ou le «Groupe 33» à Bâle, mais il a volontairement choisi l'isolement et l'indépendance.

Son oeuvre s'est construite discrètement, sans tapage, et certaines pièces se trouvent dans des collections publiques comme le Centre d'art contemporain à Paris ou dans des collections privées à New York, à Singapour. Que dire encore des tableaux, des collages et des tapisseries de Loewer après la parution de tant d'écrits sur cette oeuvre?

Dans le catalogue publié par Emi Galerie Verrière (Lyon, 1967), Pierre Masteau écrit :

«Dans le fond, Loewer est un envoûteur. Il agit avec patience pour nous conquérir et peut-être faisons-nous, en contemplant son oeuvre, le même chemin qu'il a accompli pour les élaborer, mais en sens inverse.» 

»Ce chemin en tout cas est enrichissant, et c'est bien là l'essentiel. Il ne suffit pas que l'oeuvre qu'un artiste nous propose nous plaise. Il ne suffit pas que ses qualités esthétiques, ses vertus plastiques nous satisfassent. Nous demandons cela, certes. Nous l'exigeons même en priorité. Mais au-delà de ces premières et immédiates satisfactions nous cherchons toujours, consciemment ou non, une plus grande joie. Nous voulons que notre esprit autant que notre coeur éprouvent des satisfactions plus profondes. Nous voulons, derrière l'artiste, retrouver l'homme et que puisse ainsi s'établir un contact entre lui et nous. » Peu d'artistes permettent que s'établisse un pareil contact. Claude Loewer est de ceux-là, et c'est bien en cela qu'il nous est cher et que son oeuvre est précieuse.»

Je laisserai encore parler Paul Seylaz, ancien conservateur du Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds, à travers les lignes extraites de son avant-propos du catalogue en question :

«Mais toutes ces vertus que je découvre à l'artiste, qui le peuvent faire paraître comme un pur esprit emporté dans de savantes supputations et de perpétuels calculs, n'est-ce pas un peu un portrait-robot ? Je le crains, et je crains aussi que l'on puisse croire à un homme tout abstrait, inventeur en peinture de l'accouchement sans douleurs. Or une visite d'atelier m'a ramené notre artiste à la commune mesure de tous, et des plus grands: Loewer peine, comme peinent tous ceux pour qui chaque toile est un nouveau problème que l'autocritique remet sans cesse en question. L'artiste, si maître qu'il soit de sa stratégie, est toujours joué ou sollicité par les hasards du jour. Contre ces circonstances «indépendantes de la volonté» il y a la volonté de vaincre. Aussi je crois rendre hommage à ce peintre, inquiet à 50 ans comme il l'était à 20, en étant indiscret : je louais une peinture à mon sens particulièrement réussie.

L'artiste m'a alors confié: «Oh! vous savez, celle-là m'a fait transpirer singulièrement. Elle a mal tourné trois fois, jusqu'au moment où, désespéré, j'allais la détruire... J'ai trouvé la solution.»

Quant à moi, placée devant un tableau de Loewer, seule l'expression «c'est beau» me vient à l'esprit. Le reste est du domaine de l'émotion...

Source : Catherine Renaud (Nouvelle revue neuchâteloise No 23, automne 1989)

Claude Loewer

Aménagement des espaces à la Nationale Suisse Assurances à Bâle, 1985-1986.
Photo: P. Bohrer  

 


 

Claude Loewer

NOTES BIOGRAPHIQUES

1917 : Claude Loewer naît à Le Chaux-de-Fonds, Suisse.

1936 : Après des études classiques au Gymnase de sa ville natale, part pour Paris, où il séjournera jusqu'en 1940, fréquentant les Académies libres: Cola-Rossi, Ranson (atelier Bissière), puis, pendant trois ans, l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Il exécute de nombreuses copies dans les musées et s'initie aux différentes techniques de la décoration murale.

1940 : De retour en Suisse, où il habitera désormais, non sans faire de fréquente voyages et séjours à l'étranger: France, Italie, Allemagne, etc.

S'il voue la plus grande part de son activité a la peinture de chevalet, il est aussi très sensible à l'attrait des grandes surfaces et préoccupé par les problèmes de l'esthétique murale. Curieux des ressources offertes par les matériaux traditionnels de la grande décoration: fresque, mosaique, céramique, marqueterie de marbres, tapisserie, il exécute des travaux dans ces différentes techniques, travaux destinés tant a des bâtiments publics qu'à des architectures privées. Sans abandonner les autres techniques, il donnera, dès 1952, sa préférence à la tapisserie. Il pratique également les divers procédés de la gravure: eau-forte, bois, lithographie.

Dès ses années de formation, curieux de structures - structures des formes, structures de l'espace - Claude Loewer sera attiré par les ressources et les modes d'expression de l'abstraction. Il restera néanmoins fidèle, pendant une dizaine d'années, à l'expression figurative. Dès 1952, et après une brève période de transition, il passe à une abstraction de caractère géométrique.

1942-50 : II obtient à deux reprises une Bourse fédérale d'étude et participe à de nombreuses expositions collectives dans les principales villes de Suisse. Il présente régulièrement ses travaux dans des expositions particulieres.

1951 : Participation à la Première Biennale de Sao-Paulo, et it des expositions organisées , la Smithsonian Foundation dans diverses villes des Etats,Unis, Washington, Chicago, Boston, Louisville, Cambridge, etc.

1952 : Année de transition et passage â l'expression non-figurative.

1953 :  Exposition au Musée de La Chaux-de-Fonds, à la Galerie de la Guilde du Livre à Lausanne, à la Galerie Moos à Genève. Dès cette date, exécute de nombreux cartons de tapisserie, dont il confie le tissage ateliers de Raymond Picaud, maître-lissier à Aubusson, réalisations destinées à la décoration de bâtiments publics et privés: écoles, hôtel-de-ville, banques, halls et salles de conseil de diverses grandes sociétés industrielles, etc.

1955 : Expositions au Musée de La Chaux-de-Fonds. à la Kunsthalle de Berne: tapisseries pour les bureaux d'Ebauches S.A. à Neuchâtel (Suisse) et pour l'Hôtel-de-ville de La Chaux-de-Fonds. Prix Bachelin de peinture. Neuchâtel.

1956 : Tapisseries pour le Mobilier National à Paris et pour la coopérative Tapisserie de France, Paris. Bourse fédérale d'étude pour la troisième fois.

1958 : Tapisseries pour le Gymnase cantonal de La Chaux-de-Fonds et pour le Gymnase cantonal de Neuchâtel. Expositions de tapisserie à Mazamet (Tarn) et aux Baux-de-Provence (Galerie G. de Cinarca). Exposition au Musée de La Chaux-de-Fonds.

1959 : Exposition «Tapisseries contemporaines» au Kunstverein de Saint-Gall. Exposition de tapisserie aux Baux-de-Provence (Galerie G. de Cinarca).

1960 :  Exécution de nombreux cartons de tapisserie de moyen format, travaux de mosaïque.

1961 : Exécution d'un panneau décoratif en marqueterie de marbres pour un immeuble de la Dupont-Nenours à Genéve. Cartons de tapisserie de moyen format.

1962 : Participation à la première Biennale Internationate de la Tapisserie à Lausanne. Exposition au Musée de La Chaux-de-Fonds. Travaux de céramique.

1963 : Tapisserie pour la Société de Banque Suisse à Berne. Exposition internationale de Tapisserie contemporaine au Château de Culan (Cher).

 

1964 : Tapisserie pour les bureaux des Fabriques d'Assortiments Réunies au Locle (Suisse). Travaux de céramique. Expositions de tapisserie à la Chapelle de la Charité, Arles (Galerie G. de Cinarca) et à la Galerie du Grenier à Sel, à Pérouges (Ain).

1965 : Participation à la Deuxième Biennale Internationale de la Tapisserie Lausanne. Exécution d'un grand panneau décoratif en céramique. Tapisserie pour le fabrique d'horlogerie Chs Tissot, au Locle (Suisse). Expositions de tapisserie à la Chapelle de la Charité, Arles (Galerie G. de Cinarca), à Mont-Luçon (Galerie Bosquet), à Amiens (Musée de Picardie), à Toucques (Calvados)

1966 : Tapisserie pour la salle du conseil de la Chambre de Commerce de Neuchâtel. Cartons de tapisserie de moyen format. Maquettes de tapis pour la maison Saint-Frères à Paris. Expositions de tapisserie à la Chambre de Commerce de Mâcon (Galerie Le Griffon, Lyon), à l'Institut national des Sciences appliquées, à Lyon (Galerie Le Griffon), à la Galerie Jacques Verrière à Cannes, à La Baronnie à Douvres-la-Délivranse (Calvados), au Château d'Annecy (Haute-Savoie), à Saint-Etienne (Galerie Bellangreville), à Lyon (Exposition Joies de l'Intérieur).

1966 : Séjour au Japon (participation au Cinquième Congrès de l'Association Internationale des Arts Plastiques, Tokyo). Séjour en Iran.

1967 : Participation au Salon d'Automne, Paris, et au Salon de la Société des Artistes Décorateurs, Paris. Expositions de tapisserie à Roanne, à la Galerie Le Griffon, Lyon, au Musée de la Seyne-s-Mer (Galerie Saint-Laurent), à Saint-Etienne (Galerie Bellangreville), à Orléans (Floralies d'Orléans), au Musée de Bayeux, à Cannes (Galerie Jacques Verrière), à Lyon (Centre du Bâtiment), à Bourges, à Aix-en-Provence (Galerie Martin-Caille).

Exposition de peinture et tapisserie organisée par le Musée de La Chaux-de-Fonds, à l'occasion des cinquante ans de l'artiste.

Claude Loewer pratique également la décoration scénique: décorateur depuis 1951 de la troupe «Les Tréteaux d'Arlequin», à La Chaux-de-Fonds, il a réalisé des décors pour des spectacles Molière, Dancourt, Plaute, Lorca, H. von Kleist, Jules Romains, Tourguéniev, Tchékhov, J.-M. Synge, B. Shaw, Anouilh, R, de Obaldia, etc. 

Membre depuis 1945 de la Société des Peintres. Sculpteurs et Architectes Suisses, dont il est l'actuel président central. Membre du Comité exécutif de l'Association Internationale des Arts Plastiques, Paris. 

 

 

 

 

  

 

Léon Perrin

(1886-1978)

Sculpteur et dessinateur neuchâtelois

leon-perrin-auto-portrait   

Léon Perrin (1886-1978)

Sculpteur. Né le 19 novembre 1886 au Locle, mort le 29 septembre 1978 à Montézillon.

Il étudie la gravure à l'Ecole d'art de La Chaux-de-Fonds de 1900 à 1904 pour suivre ensuite le Cours supérieur de Charles L'Eplattenier.

Il effectue des voyages d'études à Florence en 1907, à Budapest et à Vienne en 1908. Il fréquente l'Ecole des arts décoratifs de Paris en 1908-1909.

En 1909, Perrin fonde avec Georges Aubert et Charles-Edouard Jeanneret les Ateliers d'art réunis.

Il enseigne de 1911 à 1914 à la Nouvelle section de l'Ecole d'art de La Chauxde-Fonds et, par la suite, à l'École d'art et au Gymnase de la ville.

Perrin a sculpté un grand nombre de bustes, de bas-reliefs, de nus féminins, d'oeuvres d'art funéraires et quelques ceuvres monumentales, notamment le monument dédié à Léopold Robert à La Chaux-de-Fonds et celui des Girardet au Locle.

Au château de Métiers (NE), une fondation portant son nom dirige un petit musée.

 

Bibliographie:

Maurice Jeanneret, Léon Perrin, sculpteur, Neuchâtel, La Baconnière, 1949.

 

Oeuvres de Léon Perrin sur notre site 

 


 

Sur les traces de Léon Perrin

par Catherine Favre

L'EXPRESS - L'IMPARTIAL - Mardi 7 juin 2016

Léon Perrin dans son atelier en 1960

 
Mais où donc se sont envolés Pégase et ses lascives Amazones ? En pierre de Comblanchien, cette très belle pièce aux courbes caressantes est due à Léon Perrin. Une photo des années 1990 atteste de sa présence au milieu d'herbes folles dans le jardin de la Maison blanche, villa construite par Le Corbusier pour ses parents au chemin de Pouillerel 12. Le maître des lieux de l'époque, Me Jacques Cornu, avait reçu cette oeuvre en 1953 en cadeau du Syndicat patronal des producteurs de la montre. Depuis ? Mystère ! Ni la fille de Jacques Cornu, ni les propriétaires successifs, dont l'Association Maison blanche, n'en savent davantage.

 

Recherche d'oeuvres d'art

C'est là l'une des oeuvres qu'Anouk Hellmann, conservatrice de la Fondation Léon Perrin, espère voir ressurgir par un de ces miracles propres aux cheminements hasardeux des objets d'art. Auteure d'un ouvrage monographique, l'historienne de l'art travaille à l'inventaire de ce patrimoine: quelque 2300 oeuvres graphiques, 320 sculptures en pierre, terre, bronze, plâtre, 42 carnets de croquis. Catalogue qui pourrait être encore enrichi des pièces non localisées.

Perrin monumental

Léon Perrin fait partie du paysage. Au Locle: le monument aux Girardet, les décorations sculptées de l'Hôtel de ville, c'est lui.

A La Chaux-de-Fonds: l'hommage à Léopold Robert, la fontaine et les bas-reliefs de l'ancienne Chambre suisse d'horlogerie, le Monument aux écoles, aussi. Toute une époque et une oeuvre à redécouvrir car l'artiste excellait aussi dans les bustes, le dessin.

Anouk Hellmann: «Il avait deux passions: la matière et l'âme humaine. Fin psychologue, il avait étudié l'ostéologie pour capter l'expression de ses modèles dans ses bustes remarquables. Il a fait des milliers de croquis, ramené de superbes aquarelles de ses voyages, dessiné des décors et costumes de théâtre.»

Léon Perrin et ses étudiants vers 1935-1940

Né au Locle en 1886 dans une famille de 11 enfants, tailleur de pierre de son premier métier, le Pedzou comme l'appelait affectueusement Charles L'Eplattenier, entre à l'Ecole d'art de La Chaux-de-Fonds en 1900 et n'en sort que 57 ans plus tard: élève tout d'abord (gravure, sculpture, décoration), puis professeur dès 1910.

Il fera partie des dissidents à l'origine de la Nouvelle Section créée avec fracas en 1911 par Charles L'Eplattenier et ses élèves Charles-Edouard Jeanneret (futur Le Corbusier), Georges Aubert. Mais contrairement à ses amis, lui, continue à dispenser ses cours de modelage à l'Ecole d'art avec, en plus dès 1929, un pensum de professeur de dessin au Gymnase. C'est dire si ce pédagogue chevronné a marqué des générations et suscité bien des vocations, parmi les-quelles Mathys, Queloz, Ramseyer, Evrard, Loewer, Siron.

A contre-courant En amoureux de la matière, il se voulait artisan plutôt qu'artiste, «un titre ronflant souvent usurpé», bougonnait-il. Attaché au classicisme, au figuratif; aux matériaux traditionnels, il faisait sienne la formule d'Henry de Montherlant: «Debout sur le seuil de l'ère nouvelle, je me refuse d'entrer».

L'Art ?, répétait-il, «c'est exprimer l'homme, ses racines, ses instincts. Et la femme ! Et surtout ne pas succomber aux tentations de la mode. J'ai toujours aimé nager contre le courant» («L'Impartial», 24 mars 1970). Et s'il se fit souffler quelques mandats mémorables - le bas-relief du fronton du Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds, concours emporté par L'Eplattenier; le Monument de la République au Locle gagné par Queloz (son ancien élève) Léon Perrin n'en garde pas rancune.

Quand l'ombrageux Corbu se brouille avec Anatole Schwob, mandataire de la Villa turque, c'est Perrin qui joue les médiateurs. «Un bon type», sourit Anouk Hellmann. Et il y a tout le respect du monde dans cette exclamation tant l'artiste insufflait aux relations humaines l'harmonie qui irradie de son oeuvre.

 

CHRONIQUE D'UN PATRIMOINE À REDÉCOUVRIR

Le legs: signature en 1960 d'une convention entre Léon Perrin et l'Etat selon laquelle l'artiste, sans descendance, fait don d'une centaine de ses oeuvres destinées à être exposées au château de Métiers. Mais les travaux de restauration du bâtiment s'éternisent et la première exposition n'a lieu que douze ans plus tard.

La fondation: en 1976, le Gouvernement neuchâtelois constitue enfin la Fondation Léon Perrin, une grande joie pour ce dernier, 90 printemps déjà.

La valorisation: en 2004-2005, les collections sont installées à Couvet dans des conditions de conservation plus favorables. Présidée par Thierry Béguin, la fondation nomme au poste de conservateur l'historienne de l'art Anouk Hellmann, auteure déjà d'une monographie sur Charles L'Eplattenier, collaboratrice scientifique de la Ville de La Chaux-de-Fonds pour les festivités Art nouveau 2005-2006, la candidature Unesco et Le Corbusier 2012.

L'anniversaire: publication aux éditions Attinger d'un ouvrage de référence à l'occasion des 40 ans de la fondation. L'unique monographie (partielle) consacrée à l'artiste date de 1949. 

Contact : www.fondation-leonperrin.ch

 

Oeuvres de Léon Perrin sur notre site 

 

 

 

 

  

 

Tableaux d'artistes américains et canadiens

VENTE ET ACHAT DE TABLEAUX

Contactez-nous pour mettre en vente vos tableaux sur notre site ou les présenter dans notre Galerie à Saint-Ursanne.

Cliquez sur les images pour accéder aux oeuvres que nous vendons.

Alfe Michael (1958)

Né en 1958 à Fort Worth, Texas

Peintre de San Francisco

Vente d'une grande oeuvre datant de 1997 "Le Corbeau et le Renard"

 

 

Dixon Angie (1953)

Né à Baltimore, Maryland

Vente d'un dessin

Finley Jo (Seattle, USA)

Vente d'une aquarelle et d'un lavis

 

 

Nelson Marsh (1960)

Marsh Nelson a étudié la peinture à l'Université Berkeley en Californie

Elle vit et travaille à Vallejo, en Californie. 

California artist Marsh Nelson (1960)

Marsh Nelson majored in art at University of California, Berkeley. She lives and works in Vallejo, California.

Remington Frederic (1861-1909)

Vente d'une sculpture en bronze (hauteur : 60 cm)

 The Rattlesnake  -  Le serpent à sonnette

 

 

Rogers J. (?)

Vente d'un tableau "New York"

Sopel Lyle (1951)

Artiste canadien né à Richmond, en Colombie-Britannique

Vente d'une sculpture en bronze "Totem"

Tress Arthur (1940)

Photographe américain né à Brooklyn (New York)

Vente d'une épreuve d'artiste signée (1980)

Shmuel Shapiro (1924-1983)

vente d'une grande lithographie datée de 1971

 

Witebsky Sidney (1925-1966)

Artiste américaine née à Minneapolis

Vente d'une lithographie

   
   

Peintres d'Amérique du Sud et d'Haïti

 

 

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