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Lamy Guy
(1914-2000)
2400,00 CHF
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Janebé
(1907-2000)
750,00 CHF
sachiko-imai-41cm-33cm
Imai Sachiko
(1933)
1800,00 CHF

 

Charles BARRAUD

(1897-1997)

Peintre neuchâtelois 

Né à La Chaux-de-Fonds le 19 avril 1897, Charles Barraud, fils de graveur, est l'aîné d'une famille de sept enfants dont quatre seront peintres. Parallèlement à un stage de doreur et de travailleur en bâtiment, il suit les cours du soir de l'Ecole d'art de La Chaux-de-Fonds à l'instar de ses frères François, Aimé et Aurèle.

De 1922 à 1924, il travaille à Reims sur le chantier de la cathédrale, puis au musée de cette ville. Rentré à La Chaux-de-Fonds, Barraud ouvre un petit atelier d'encadrement et entame sa carrière de peintre. Très vite, il se distancie du style réaliste de ses frères, optant pour une peinture empâtée, discrètement colorée, avec une dominante de gris, assez proche de Charles Humbert et de Madeleine Woog, mais d'une veine poétique évidente.

En 1940, Barraud s'installe à Areuse. Il se consacre alors au paysage, s'inspirant des rives du lac, du hameau de Grandchamp et des bords de la rivière. Il se voue également, à ce moment, à des compositions de personnages ainsi qu'à une série d'auto-portraits.

Après un déménagement à Cortaillod, où son activité sera intense, Charles Barraud acquiert une maison dans le Midi de la France, à Blauzac, village qui sera le thème de plusieurs dizaines de tableaux où la lumière et la couleur éclateront. Si-multanément l'artiste produira, jusqu'à une période toute récente, des compositions de personnages imaginaires où l'effet coloré domine, évocations du cirque, de baignades, de scènes pastorales qui échappent à la réalité. Barraud crée là un monde onirique qui rejoint celui, merveilleux, de l'enfance.

Charles Barraud, toujours resté très modeste, a présenté ses oeuvres au public dès les années vingt. Il a participé à des quantités d'expositions collectives sur le plan local (expositions des Amis des arts de La Chaux-de-Fonds, salon des Amis des arts de Neuchâtel) et sur le plan national (Expositions nationales des beaux-arts, etc...) Plusieurs expositions personnelles ont eu lieu en Suisse. En outre, il a participé à quelques expositions internationales.

Les oeuvres de Charles Barraud figurent dans de nombreuses collections privées ainsi que dans diverses collections publiques: Confédération, Etat de Neuchâtel, Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel. Musée des Beaux-Arts de La Chaux-de-Fonds, musée des Beaux-Arts du Locle. 

   

La fin d'une époque et d'un Age d'or

La mort de Charles Barraud, la semaine dernière à l'aube de ses cent ans, plonge dans la tristesse ses amis et admirateurs, qui se réjouissaient de fêter avec lui cet anniversaire dans le contexte de l'exposition que lui prépare la galerie des Amis des arts de Neuchâtel. Mais, surtout, elle marque la fin du phénomène des quatre frères Barraud et clôt l'Age d'or de la peinture chaux-de-fonnière.

A La Chaux-de-Fonds, à l'écart des courants internationaux et répondant à un extraordinaire dynamisme culturel malgré les menaces des temps, l'Age d'or de la peinture s'est fait jour à la veille de la Première Guerre mondiale, tandis que l'Ecole d'art de la ville rayonnait de toute la palette effervescente des meilleurs peintres locaux qu'elle a' produits au XXe siècle. Parmi eux, Madeleine Woog, Charles Humbert, Charles, Aimé, Aurèle et François Barraud, Janebé, Georges Dessouslavy, André Evard, Charles L'Eplattenier ou encore les frères Locca, Lucien Schwob...

Si les genres et les manières permettent des regroupements distincts, tous ces artistes se sont nourris d'une même pâte: école, enseignements, professeurs, atmosphère, souci tout à fait horloger de la bienfacture. Pour ce qui concerne les frères Barraud, tout comme Woog et Humbert, leur oeuvre se rattache au figuratif, au précisionnisme et à la recherche du détail, propres à la région qui voue son savoir à la mesure du temps.

Néanmoins, si dans un premier temps, il n'est pas trop audacieux de parler d'une école des frères Barraud, Charles (1897-1997), l'aîné qui survivra à ses trois frères. s'engagera, lui, dans une voie propre, adoptant une touche un rien cézanienne, privilégiant l'harmonie à la forme strictement cernée.

Ses huiles séduisent par leur éclat, leur douceur de tons, dans des chromatismes gris-rose-beige-marron. En témoignent «Evasion», nus sur la plage (modèle Janebé, sa femme), réalisé en 1935, au musée du Locle; «Mélancolie», magnifique composition mettant en scène Janebé en tenue d'intérieur, peint un an plus tard, au musée de La Chaux-de-Fonds. On est loin, là, de la précision de François ou d'Aimé, poussant, bien plus loin la méticulosité, dans un registre plus fort. Malgré les liens qui les unissent, Charles poursuivra toujours son individualisme et la simplification, ainsi que le montrent ses oeuvres successives, celles des dernières années en particulier où il atteint à une fraîcheur toute enfantine et qui plaisent tant aujourd'hui.

Nés dans une famille de graveurs, les frères Barraud ont effectué des apprentissages de doreurs ou plâtriers, se formant au dessin auprès de William Stauffer aux cours du soir de l'Ecole d'art. Exerçant différentes tâches alimentaires - un conseiller communal avait la bonne idée parfois de les faire peindre -, tous quatre devaient fuir le chômage en 1922 pour trouver de l'embauche sur le chantier de la cathédrale de Reims.

Grâce à des bourses fédérales, enfin, Charles Barraud put voyager, en Afrique du nord notamment (1935-36), d'où il ramena une belle série d'oeuvres.

Dans la région, les travaux de cet artiste attachant ont été acquis par nombre de collectionneurs, mais on peut également en voir au Musée d'art et d'histoire de Neuchâtel, ainsi qu'aux Musées des beaux-arts du Locle et de La Chaux-de-Fonds.

Sonia Graf

 

La longue marche de Charles Barraud

Par Jean Buhler (L'Express, 1997)

Chez lui, la modestie accompagne la sagesse comme la cerise vient sur le gâteau. Demandez-lui comment il a fait pour arriver à l'âge de cent ans malgré ce qui peut encombrer le chemin d'un artiste absent de toute coterie, indépendant en diable, il vous répondra de cette voix flûtée, presque lointaine, qu'il a maintenant: - La chance !

Dire qu'il aura fallu près d'un siècle pour qu'il vous murmure une bêtise ! La chance n'a joué aucun rôle dans ce qui lui arrive.

Né le 19 avril 1897 à La Chaux-de-Fonds, dans une rue du Grenier qui a vu démarrer dans la vie des gens dotés d'un grain de plus que les autres, comme Louis Chevrolet, les Zwahlen avec leur goutte de sang éthiopien, et une cohorte qui n'en finit pas, Charles Barraud était le plus frêle des cinq enfants d'un couple de graveurs, l'aîné.

Ses frères ont disparu, François, Aimé, Aurèle, tous acharnés au travail, tous ayant passé par l'Ecole d'Art, tous marqués par l'apprentissage d'un métier qui exigeait la, précision sans refuser la fantaisie. Lui, Charles, sans fracas, sans grandiloquence, s'est dégagé année après année, coup de pinceau après coup de pinceau, des pesanteurs de l'héritage, de la nuit des racines, pour aller vers la lumière et la liberté, sa lumière et sa liberté.

Je lui demande pourquoi il arrive au seuil d'un siècle de vie. Il a un geste presque défensif, son regard est affectueux, il désire être compris sans s'expliquer et il me glisse: - J'ai rien fait. Seigneur, si vous n'avez pas trop de boulot là-haut devant vos écrans d'Interstar, avec votre maman et ces nuées de saints qui n'arrêtent pas d'intercéder, veuillez nous refaire de temps en temps des Charles Barraud qui n'ont rien fait pour aboutir à la maîtrise de soi et de la vie: rien, sinon dominer l'argent; rien, sinon ignorer la mode; rien, sinon allumer les cinq feux des poêles à bois tous les matins au sortir du, lit; rien, sinon travailler chaque jour et garder du temps à donner aux amis, aux moments de plaisance, aux générosités de l'échange fraternel, aux voyages dans le Sud tunisien avec des ballots de vêtements à distribuer aux oasiens et aux nomades; Seigneur, veuillez remettre quelques Barraud de ce calibre à notre cage et la vie nous paraîtra plus claire, plus douce!

Nos vieilles maisons de la Béroche ou du Gard (Blauzac depuis des décennies, à quinze pas de chez moi) ont besoin de ces hypnotiseurs de chats, tourneurs de moulin à café, siroteurs d'atmosphère, piétons qu'attendrit une hérissonne avec ses mômes, cinéastes qui se lèvent à quatre heures pour aller voir s'ouvrir la coquille d'un œuf de cygne dans les roseaux, peintres qui ne lâchent pas une toile sans l'avoir munie d'un cadre en harmonie avec ce qu'il enserre. Le credo de Charles Barraud devant l'espace à peindre tient presque entier dans le refus de la fausse note.

L'heure de peindre est pour lui le début du concert. Il croit toujours qu'il va improviser; la loi de l'oeuvre en gestation lui demande d'orchestrer. Il y va d'un pinceau-baguette scrupuleux, il se surveille, il évite les pièges de l'anecdote, il arbitre le duel entre ce qu'il voudrait montrer et ce que les frémissements de la profondeur, les cris de la lumière exigent.

Ses volontés à lui ne sont pas toujours impérieuses, il doit souvent attendre que les conflits de couleurs se résolvent par opposition ou juxtaposition; des toiles sont restées dans un coin de sa chambre-atelier, plantées sur un pied comme des pêcheurs nubiens, jusqu'au moment où l'équation se résout d'elle-même, où l'évidence s'impose, où le tableau s'équilibre. - Il faut savoir se tenir sur son vélo, m'a dit un jour Charles.

Des leitmotive dominent le travail des vingt dernières années. La femme, l'enfant, le jardin, l'innocence. Il y a eu prolifération de personnages qui flottent dans un espace idéal, des pierrots qu'on croit connaître, lutins, tziganes, titis, minots de Marseille ou apprentis clowns au paradis. Ils dansent, flottent dans une ambiance qui n'est pas définissable, on en a le nom sur la langue, on sait bien qu'il s'agit d'un lieu qui n'est plus, qui peut-être ne fut jamais, mais enfin du moment qu'on s'y retrouve d'instinct, ça ne devrait pas être au bout du monde. Et pourtant, cet espace secret est justement le bout du monde, le point d'intersection de l'art que fait la main, que désire le coeur et que définit l'esprit. Ces centaines de petits bonshommes chez des dizaines de particuliers. Comme autant de Peter Pan qui ouvrent une fenêtre invisible et s'envolent en vous invitant à les suivre. J. B.

 

 4 volets de l'oeuvre de Charles Barraud

Par Gérald Comtesse

En quatre-vingts ans de peinture, Charles Barraud a produit, lentement et obstinément, une œuvre originale qui évolue au gré du siècle, loin cependant des modes imposées.

Formé à l'école chaux-de-fonnière, il s'en distancie très tôt, ne goûtant ni les hardiesses de Charles l'Eplattenier, ni le pessimisme de Charles Humbert. Comme ses frères, il s'engage dans un réalisme qui semble aller à contrecourant de son temps. Pourtant il se détourne vite du style familial, du perfectionnisme de François, de la crudité d'Aimé ou de la virtuosité d'Aurèle.

Moins doué que ces derniers, mais plus sensible aussi, il refuse de s'enfermer dans une formule esthétique unique. Pour Charles, la peinture est avant tout émotion et expérience.

A le suivre, à le voir peindre, on a l'impression que chaque toile est un recommencement, un nouveau départ, une remise en question totale du travail de la veille. C'est ce qui rend le parcours de Barraud si authentique et passionnant.

L'ceuvre peut se diviser en quatre volets majeurs : l'intimisme des années trente après une période de formation, le «paysagisme» d'Areuse et de Cortaillod, les séries provençales et le petit théâtre de compositions de personnages.

Mais elle est faite aussi d'incessants retours, de cycles involontaires suivant l'inspiration du moment, du lieu ou encore de la mémoire.

          

Charles, au vrai sens du terme, est un artiste

Sous des aspects un peu frustres, il est profond, tourmenté et inventif, sans autre parti pris que celui du travail constant, prenant, tel un danseur de corde, des risques périlleux. Risques sur la toile en donnant le coup de chiffon fatal à l'ouvrage, risques face à son public quand, renonçant aux charmes verdoyants des sous-bois d'Areuse, il lui propose des visions noires presque lugubres ou quand, rompant avec une figuration précise, il se lance dans l'imaginaire de ses petites compositions éclatantes de couleurs audacieuses.

C'est la force de cet être frêle, de ce poète hypersensible qui montre une détermination sans faille créant une oeuvre unique dans sa diversité.

Charles Barraud nous a quittés le 29 janvier dernier (1997). L'exposition que nous présentons, prévue de longue date pour célébrer son centenaire, prend donc la forme d'un hommage particulièrement émouvant, conjugué à la parution du premier ouvrage consacré à l'artiste.

Gérald Comtesse, rétrospective Charles Barraud, Galerie des Amis des Arts - avril 1997.

 

Oeuvres de Charles Barraud sur notre site

 


"Les 4 frères Barraud" 

(Article de L'Impartial datant de 1963) 

 

 

 

OCTAVE MATTHEY 

(1888-1969)

Peintre suisse né à La Brévine (NE)

  

Artiste peintre né le 1er mars 1888 à La Brévine, mort le 16 mars 1969 à Neuchâtel.

De 1904 à 1910, Matthey suit les cours de Charles L'Eplattenier à l'Ecole d'art de La Chaux-de-Fonds. Il étudie ensuite à Munich et de 1912 à 1914 il est à New York.

De 1920 à 1939, il vit à Paris avant de revenir s'installer à Neuchâtel. Il revient en Suisse pendant la guerre.

Il peint de nombreux portraits et bouquets de fleurs, ainsi que des paysages souvent inspirés de ses voyages en Italie, Allemagne, Belgique, Hollande.

Oeuvres d'Octave Matthey sur notre site

     

Né à La Brévine, le 1er mars 1888. C'est ce jour-là, en effet que, comme il le dit, Octave MATTHEY, «en passant de la nuit maternelle à la lumière de Dieu», devint « un citoyen de l'univers ».

L'enfant apprit à lire, écrire et dessiner sur les genoux de sa mère, dès l'âge de trois ans.

En 1900, ses parents quittèrent ce village agricole pour le village industriel de Serrières. Il y suivit l'école où la note la plus basse qu'il obtint au certificat d'études fut celle du dessin ! Il en rejette la responsabilité sur le maître qu'il accusa de n'être pas peintre, mais décorateur, car il leur avait demandé de « décorer un triangle ». Or, dit-il encore, cela «n'a rien à voir avec le dessin » qui, selon Larousse, définit le dessin comme la « représentation au crayon, à la plume ou au pinceau, d'objets, de figures, de paysages, etc.».

A l'école secondaire, il eut un professeur de dessin, Walter RACINE, qui le guida de manière efficace. Les résultats obtenus le conduisirent ensuite à l'Ecole d'art de La Chaux-de-Fonds, où il travailla sous la direction de William AUBERT, M. STAEBLER et Charles L'ÉPLATTENIER, fondateur du « cours supérieur ».

Ses stages terminés, Octave MATTHEY partit à Munich (1910), où il travailla beaucoup à la bibliothèque et dans les musées. Il s'y familiarisa avec les mythologies orientales.

    

Un voyage d'études, sous la conduite d'Eugène FROMENTIN, mena O. MATTHEY en Allemagne, en Belgique, en Hollande pour se terminer à Paris où il séjourna pendant un an environ. Il y fréquenta les bibliothèques, les musées et l'Académie de la Grande-Chaumière.

1912. — Retour à La Chaux-de-Fonds où les choses avaient changé. Le « cours supérieur » était devenu les « Ateliers d'Art Réunis ». Sensible à cette «défaite», dit-il, il partit pour New York où il demeura jusqu'à la fin de 1914. Devenu soldat, il le resta jusqu'en 1918. Il eut alors l'occasion de peindre de nombreux portraits de soldats, de colonels et même du général WILLE, à Berne.

     

Portrait de sa fille janine (non daté) et d'un proche de sa famille (1944)

En 1916, il exécuta le portrait du conservateur du Musée d'histoire de Bâle, de sa femme et de sa fille; à La Chaux-de-Fonds, il fit celui de Paul DITISHEIM, de sa femme et de son fils; celui de l'avocat JEANNERET, qui, dit-il, ressemblait à un tigre; celui du pasteur PETTAVEL, de Jeanne PERROCHET, sculpteur. En 1919, il peint à Chaumont le portrait de Charles-Edouard GUILLAUME, Prix Nobel de physique.

1919. — Retour à Paris. O. MATTHEY fait partie des « Artistes indépendants ». Il expose en divers salons. Il fréquente les bibliothèques, les musées, les académies, les quartiers pittoresques, les quartiers mal famés, les filles, les pauvres, les clochards. Il fait quantité de portraits, comme celui de M. Gustave FAYET, grand collectionneur, qui possédait dans son château d'Igny un important ensemble de Van GOGH et de GAUGUIN. Il exécuta également le portrait d'Henri CHRÉTIEN, de l'Institut d'optique de Paris, astronome, inventeur du cinéma en relief, encore invisible pour des raisons financières.

   

Entre autres portraits, il peint encore celui de l'historien Emile MAGNE, historien de Mme de LA FAYETTE, de Ninon de LENCLOS, de Nicolas POUSSIN. Parmi ces portraits, il faut mentionner ceux de la vieille aristocratie parisienne et française et ceux de la comtesse Bruno de BOISGELIN, la comtesse Jean de BOISLILE, de BELLEROY, de MUN, la princesse Lucien MURAT. Quelques-uns de ces portraits ont été reproduits dans l'« Illustration » de 1929 ou 1930.

O. MATTHEY a plus de mille portraits à son actif en Suisse, à Paris, à Metz, à Strasbourg, à Nancy, à Béziers, à New York, en Afrique, en Angleterre, en Suède, au Brésil.

Oeuvre d'Octave Matthey exposée au salon des indépendants (Paris)

1939. — Retour à Neuchâtel à cause de la Seconde Guerre mondiale. C'est dès ce moment qu'outre la réalisation de nombreux portraits il écrit « son journal ». Il couvre de nombreuses pages de ses réflexions, de ses « correspondances » à différents journaux, dont en particulier l'« Observateur », de Genève, qui publia ses articles à raison de un par mois. Il reconnut que ses écrits « lui valurent plus d'ennemis que d'amis ».

En vérité, c'est un grand polémiste, un véritable bretteur qui fait siffler l'air ambiant, luttant contre « les vendus au dieu Mercure » ou ceux qui prétendent que « dessiner ce n'est pas copier, mais composer ». Pour lui, la plus belle définition que l'on ait donnée de cette activité (celle de peintre) pieuse entre toutes est « le but est d'imiter ce qui est, de faire aimer ce qu'on imite ». Définition que nous devons à Fromentin qui parlait excellemment et la langue de sa tribu et la langue universelle de la peinture. La connaissance de ces deux langues est absolument nécessaire pour parler intelligemment de la peinture. Et FROMENTIN donne du même coup une leçon de morale à ceux qui ont la prétention de gouverner les hommes en parlant pour ne rien dire et par le plus profond mépris de ce qui est, c'est-à-dire de ce que nous devons à Dieu ! 

Jean-Pierre Baillod

(Source: brochure du Grand-Cachot-de-Vent, 1974) 

   

Octave Matthey, non-conformiste déclaré

Octave Matthey, l'une des figures les plus originales de la peinture neuchâteloise. Son aventure ne manque pas de piquant; parti jeune pour Paris, au début du siècle, il s'intéresse passionnément aux écoles nouvelles; il n'y a pas, à cette époque de sa vie, plus révolutionnaire que lui.

Rentré au pays, il médite, et peu à peu découvre, ou croit découvrir, que tout dans la peinture moderne est bluff, machinations, coups montés par les marchands de tableaux. A l'heure où toutes les extravagances enfin sont admises, il soutient qu'il n'existe de vraie peinture que chez Titien et Léonard, fidèle d'ailleurs en cela à son rôle de non-conformiste déclaré, toujours en guerre avec l'opinion dominante.

La noblesse d'Octave Matthey, ce qui fait la grandeur de son attitude, c'est d'aimer fanatiquement la peinture. L'écrivain n'est qu'un assembleur de mots; l'hérésie majeure, c'est de croire en la "parole", cette menteuse professionnelles; et Farel, statufié sur l'esplanade de la collégiale, commet à perpétuité l'erreur de brandir un livre qu'il prétend mettre au-dessus de la vie. Seule la peinture est dans le vrai, car seule elle va droit au réel, pour en faire resplendir intégralement la beauté.

Dans l'oeuvre si vaste d'Octave Matthey, il faut choisir. Retenons pour l'instant ses autoportraits, d'un méphistophélisme fort plaisant. Ne négligeons ni ses aquarelles, ni ses dessins; c'est dans le premier jet qu'il excelle. Lorsqu'il crayonnait lui-même, en quelques traits, les affiches de ses expositions, les gens les décollaient la nuit pour se les approprier. Bel hommage qu'un larcin de cette espèce !

Tiré de NEUCHATEL sur ses vieilles tours...
Pierre-Louis Borel 

Le Salon des indépendants

Le Salon des indépendants est une exposition d'art qui se tient chaque année à Paris depuis 1884, et qui a pour vocation de réunir les œuvres de tous les artistes revendiquant une certaine indépendance dans leur art. L'événement est caractérisé par l'absence de jury et de récompenses. Il est organisé par la Société des artistes indépendants.

Fernand Léger précise ce que le Salon des Indépendants représente pour lui : « c'est avant tout un salon de peintres pour les peintres, [...] , un salon de manifestation artistique, [...] c'est son renouvellement éternel [...] qui fait sa raison d'être. Ici, il doit y avoir la place pour les chercheurs et leurs inquiétudes. [...] Le salon des indépendants est un salon d'amateurs, [...] le salon des Inventeurs. [...] Les bourgeois qui viennent rire de ces palpitations ne se douteront jamais que c'est un drame complet qui se joue là, avec toutes ses joies et ses histoires. S'ils en avaient conscience, car au fond ce sont de braves gens, il entreraient là avec respect, comme dans une église ».

Le Salon des indépendants a permis aux plus grands peintres de la fin du XIXe et du début du XXe siècles de trouver enfin un lieu d'exposition alors même qu'ils faisaient régulièrement partie des "refusés" des grands Salons parisiens. Les peintres impressionnistes, toujours exclus de ces Salons et qui avaient dû mettre en place leurs propres expositions ont ici servi d'exemple.

Le Salon était ouvert aussi largement aux peintres français qu'étrangers, et la liste des exposants aux premiers Salons permet de retrouver de très nombreux artistes représentant les grands mouvements de l'Art à ce tournant du siècle et au début du XXe: néo-impressionnisme et pointillisme puis fauvisme et cubisme.

Octave Matthey, un enfant de la terre neuchâteloise (*)

Comme Blaise Cendrars, comme Le Corbusier, Octave Matthey est un enfant de la terre neuchâteloise, un enfant des hautes terres, de ceux qu'on appelle les «Montagnons». Si les deux premiers sont revendiqués aujourd'hui par la France, Octave Matthey, malgré ses séjours en Allemagne, en Belgique, en Hollande, à New-York et à Paris, revenu au pays, est resté bien Neuchâtelois.

Cependant, ses contacts avec l'étranger lui ont largement orné l'esprit et lui ont donné des ailes qu'il a su déployer au-dessus des marécages où se débattent les misérables humains, et au-delà des frontières étroites du petit pays qui fut le sien.

C'est ainsi que la copie de merveilleuses miniatures persanes, hindoues, arabes, chinoises, à Munich, lui a ouvert les yeux sur des mythologies orientales, comme son professeur de dessin, à l'école secondaire de Neuchâtel, l'avait initié aux chefs-d'oeuvres de la statuaire grecque.

    

A Paris, les Cézanne, van Gogh, Gauguin, Matisse, Degas, Toulouse-Lautrec, Renoir, etc., le séduisent. La Joconde reçoit ses nombreuses visites, comme les bibliothèques et les musées.

Les Etats-Unis l'influenceront aussi. Il y laissa de nombreuses traces, et notamment des vitraux, signés modestement O.M.

Entre 1919 et 1939, associé aux «Artistes indépendants» il travaille ferme et expose aux «Artistes français», à la «Nationale», à Paris.

La deuxième guerre mondiale, comme la première, l'a ramené au pays. Durant la première, sous l'uniforme, il a peint nombre de soldats, colonels et même le général Wille.

Pendant la seconde, il restreignit son activité à celle des portraits.

Dans un bref résumé de sa vie, donné à l'occasion d'une exposition en 1964, il conclut par ces mots, faisant sa profession de foi à laquelle il s'est tenu toute sa vie: «Voici la plus belle définition que l'on ait donnée de cette activité pieuse entre toutes: «Le but est d'imiter ce qui est, de faire aimer ce qu'on imite». Nous devons cette définition à Fromentin, qui parlait excellement et la langue de sa tribu, et la langue universelle de la peinture. La connaissance de ces deux langues est absolument nécessaire pour parler intelligemment de la peinture. Et Fromentin donne du même coup une leçon de morale à ceux qui ont la prétention de gouverner les hommes en parlant pour ne rien dire, et par le plus profond mépris de ce qui est! c'est-à-dire de ce que nous devons à Dieu !».

(*) Source : texte de Jean-Pierre Baillod, revue neuchâteloise été 1974 

  

Oeuvres d'Octave Matthey en vente sur notre site 

  

Felix Stöckli

(1926–1999)

31 mai 1926 Aarau, † 26 octobre 1999 Eichberg SG ; Ville natale : Aarau

Peintre, sculpteur, graphiste, dessinateur et architecte d'intérieur

Felix Stöckli a grandi à Aarau et y a fréquenté l'école. Après l'école, il a suivi un apprentissage de menuisier à Schöftland. Les belles figures en bois, les stèles et les reliefs muraux en témoignent encore aujourd'hui.

A Zurich, Felix Stöckli fréquente la Kunstgewerbeschule dans la classe générale de dessin et de peinture avec Heinrich Müller et Ernst Gubler.

Après 3 années supplémentaires (1947 à 1950), au cours desquelles il fréquente la classe spécialisée en design d'intérieur, il ouvre son propre bureau à Zurich après avoir obtenu son diplôme d'architecte d'intérieur en 1951, qu'il dirige jusqu'en 1969.

La conception de meubles le fascinait. Il a simplifié leur forme pour fonctionner, en laissant de côté les fioritures et les garnitures.

S'il trouvait le temps, il s'occupait de la peinture parallèlement à son travail. Au début figuratif, au fil du temps expérimentant de plus en plus l'abstrait dans des formes puissantes.

À l'automne 1969, il s'installe à Eichberg au pied du Hirschberg dans la vallée du Rhin de Saint-Gall, où il construit son propre atelier et se consacre exclusivement à la peinture. 

  

Expositions:

1974, du 12 octobre au 3 novembre, Gallery Cistern Aarau 

1976, déc., Galerie Koller Zurich

1979, 22 août–8 septembre, Galerie Kornfeld, Zurich 

1992, jusqu'au 25 avril, Galerie Kornfeld Zurich.


Sources :

Aargauer Tagblatt 16 octobre 1974 ;

Aargauer Almanach pour l'année 1975, volume 2, page 557, Aarau 1974 ;

Markus Schürpf, Art à Aarau, une ville et sa collection, Aarau 1998 ;

L'architecture comme peinture, NZZ 14 avril 1992 ;

SIK-ISEA, Archives d'art suisses, Documentation Felix Stöckli

 

Oeuvres de Felix Stoeckli en vente sur notre site

 


 

 Felix Stöckli

(1926–1999)


* 31.5.1926 Aarau, † 26.10.1999 Eichberg SG; Heimatort: Aarau

Maler, Bildhauer, Grafiker, Zeichner und Innenarchitekt 

Felix Stöckli ist in Aarau aufgewachsen und besuchte daselbst die Schulen. Nach der Schulzeit absolvierte er eine Lehre als Schreiner in Schöftland. Davon zeugen noch heute die wunderschön angefertigten Holzfiguren, Stelen und Wandreliefs.

In Zürich besuchte Felix Stöckli die Kunstgewerbeschule in der allgemeinen Klasse Zeichnen und Malen bei Heinrich Müller und Ernst Gubler. Nach weiteren 3 Jahren (1947 bis 1950), während denen er die Fachklasse für Innenausbau besuchte, eröffnete er nach dem Abschluss als Innenarchitekt 1951 sein eigenes Büro in Zürich, das er bis 1969 betrieb.

Der Entwurf von Möbeln faszinierte ihn. Er vereinfachte ihre Form auf die Funktion, ließ Schnörkel und Garnituren weg. Sofern er Zeit dazu fand, beschäftigte er sich neben dem Beruf mit der Malerei. Am Anfang Gegenständlich, mit der Zeit immer mehr mit dem Abstrakten experimentierend in kraftvollen Formen.

Im Herbst 1969 erfolgte der Umzug nach Eichberg am Fuße des Hirschberges im St.Galler Rheintal, wo er sich ein eigenes Atelier baute und sich ausschließlich der Malerei widmete. 


Ausstellung:

1974, 12.10.–3.11., Galerie Zisterne Aarau

1976, Dez., Galerie Koller Zürich

1979, 22.8.–8.9., Galerie Kornfeld Zürich

1992, bis 25.4., Galerie Kornfeld Zürich

 

Oeuvres de Felix Stoeckli en vente sur notre site

 

 

 

PIERRE STAMPFLI

(1916 - 1975)

 

 

Trente ans de peinture

Une histoire. A coup de flashes et de chocs, à coup de Paris sans odeur de café froid, de femmes dispersées sur les rivages de l'amour.

Une vie. C'est plus qu'une existence d'homme «raisonnable» trente ans de peinture. D’incertitudes de retours brisés et d'envols délicieux avant la chute. Sur la toile. Sur un grand corps étendu ou dans le vert cruel des déserts du printemps.

Pierre, c’est - déjà - trente ans de langage, de «légendes» existentielles, de «ça marche? - ça marche», de «oublier?». D'architecture spirituelle.

Sans attachement sentimental, sans mélodrame, soleil après soleil, lune après lune, orage après orage, Pierre s'est fait. Aujourd'hui, Il est. Sans se savoir, sans comprendre toujours pourquoi les loups avec les chiens se confondent.

Epanouïes – précieusement - les blessures de Pierre ne rassurent pas.

Pierre un temps. Pierre demain.

C'est-encore-trente années de balbutiement. D'accomplissement sans mesure. de fresques jamais reprises quand, dans la tête, Il y a des roses de silence englouti.

Les mots glissent, s'enroulent, culbutent, s'étreignent, trépignent. La peinture de Pierre, c'est autre chose.
Trente ans - toujours - de lassitude écartelée. De mutisme à trop contempler les autres. La misère des autres et leurs irresponsabilités.

Pierre témoin. Pierre prophète, un peu. en taches éclaboussées, en griffures sur le monde. Et l'univers qui se dissimule, ocre et jaune. Ou gris ou vert.

Pierre Stampfli, immobile, la tête dans les mains, dit la terre. S'identifie aux actes des hommes, aux poings brandis, un grand soir de juillet.

Cela fait trente ans que Pierre Stampfli tente de les signifier, de donner au clown les mots qu'il ne sait pas, aux natures mortes le vie dont elles regorgent.

Cela tait trente ans, pas à pas, qu'il s'agit de faire éclater, du dedans de soi, cette boule de feu. - Là, dans le ventre. Insaisissable.

La démarche a son cheminement, ses hésitations, ses douleurs fulgurantes.

Son apaisement aussi. Mais vite remis en question. Parce que tout est relatif, perce que seule la passion a une autre couleur.

Un autre goût.

Pierre, c'est plus qu'une histoire, un conte à dormir debout.

Plus qu'un artiste.

Un peintre, peut-être.

C'est «quelque chose». La mer avec ses entrailles, le sable chaud qui dévore.

La découverte, enfin.

Celle de soi-même.

Et la renaissance très loin dans le temps, d'un rythme. Celui de l'automne, des moissons finissantes. Celui pour qui le cri n'est pas assez. Celui pour qui la quête est (presque) sans importance.

Pierre Stampfli, c'est trente ans de peinture.

Texte de Patrick Feria

 

 

  

 

Peintre suisse né à Saint-Imier en 1916. Décédé à Bienne en 1975. 

Après avoir fréquenté le Technicum de Bienne (1933-1936) il se rend à Paris pour y suivre les cours de l'Ecole des Arts décoratifs, l'Ecole des Beaux-Arts, les ateliers Fougerat et Rapin.

La guerre l'oblige, ainsi que sa femme, à rentrer en Suisse et il s'installe à Bienne en 1940. Tout en effectuant divers petits boulots, Stämpfli s'adonne à sa passion.

En 1946, il retourne à Paris, cette fois pour apprendre la gravure dans l'Atelier de Lacourière.

En 1950, il rentre en Suisse et s'installe définitivement à Bienne. Il continue cependant à aller régulièrement à Paris et voyage aussi en Espagne et au Maroc.

Stampfli est aussi connu pour ses illustrations et éditions de livres luxueux.

 

 

 

PIERRE STAMPFLI

Du 10 mars au 30 avril 2023

Ouvertures: vendredi, samedi et dimanche 14h00-17h30 

et sur rendez-vous

ENTRÉE LIBRE 

 

Oeuvres de Pierre Stampfli en vente sur notre site 

  

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