FRITZ BOEGLI
Peintre prévôtois
(1912-2000)
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Fritz Boegli est né à Delémont en 1912 et décédé à Moutier en 2000. Il était le 9ème d’une famille de 11 enfants. Arthur Boegli, son père, avait une entreprise de gypserie-peinture dans laquelle le jeune Fritz fit son apprentissage.
En 1928, l’un des frères ainés de Fritz, deuxième enfant de la famille, étudiant à l’école des Beaux-Arts de Buxtehude, près de Hamburg en Allemagne, décédait tragiquement dans un accident de la route. Ce frère s’appelait Walter, et se destinait à une carrière d’artiste-peintre. Il montrait déjà un magnifique talent : les quelques oeuvres qui sont restées de lui en témoignent. La mort de Walter, le frère aîné tant admiré, fut une grande peine pour Fritz l’apprenti et aussi une prise de conscience. Pour honorer la mémoire du disparu, il décida de devenir lui aussi artiste-peintre, non pas en suivant une école des beaux-arts, mais en travaillant la peinture artistique en complément de son métier de peintre en bâtiment.
Fritz était aussi doué que son frère disparu, mais privé d’une formation académique, il se forma "sur le tas", à travers son métier d’artisan-peintre, de peintre en lettre, en fréquentant d’autre artistes, notamment Armand Schwarz, mais surtout en travaillant des tableaux, à l’huile ou à l’aquarelle. Suivant la mode de ses jeunes années, sa peinture était orientée vers les paysages, qu’il peignait d’après nature, mais aussi vers des natures mortes et des portraits : ceux de sa mère, de son épouse, de ses enfants, de personnes de son entourage.
En 1939 Fritz Boegli épousa Suzanne Vorpe de Moutier et c’est à Moutier qu’il s’établit avec sa famille et développa une entreprise générale de peinture, gypserie, maçonnerie, mais aussi de construction de cheminées. Il associa trois de ses fils à l’entreprise jusque dans les années 90, où ils reprirent le flambeau à des titres divers.
Tout au long de ces années Fritz Boegli trouva le temps et l’énergie pour développer ses activités d’artiste-peintre. Il installa son atelier dans sa propriété de la Montagne de Moutier.
Dès 1973, c’est dans son atelier de la Montagne de Moutier qu’il réalisa bon nombre de ses peintures (compositions florales, scènes de vie, portraits).
Fritz Boegli a exposé ses oeuvres plusieurs fois à la Galerie du Tilleul à Perrefitte ainsi qu’à Bâle, Olten, Ostermundigen, Spreitenbach. Il participa souvent à des expositions collectives, notamment avec la Société des peintres et sculpteurs jurassiens dont il était membre de la première heure, et il y a longtemps déjà, avec la défunte Société des peintres prévôtois.

Oeuvres de Fritz Boegli en vente
EDOUARD BAILLODS
(1918-1988)

Edouard Baillods - huile sur toile «Saint Julien et le Dragon», 1977
A lui seul, le village de Bevaix près de Neuchâtel est parsemé d'une vingtaine d'oeuvres d'Edouard Baillods. Parmi celles-ci, on compte des fresques, des mosaïques et parfois des vitraux. D'autres réalisations du même artiste se retrouvent un peu partout où l’architecte René Gassmann a construit.
Né à La Chaux-de-Fonds, en 1918, Baillods suit les écoles d'art de sa ville natale, puis de Zurich et de Munich. Il travaille ensuite dans diverses académies parisiennes, dont celle de La Grande Chaumière, puis il partage sa vie entre la métropole horlogère où il a vu le jour et sa maison de La Vallette-du-Var, où il meurt en 1988.
Chaque année, il prend quelques jours de vacances à Montalchez, dans le chalet que René Gassmann met à sa disposition. Il y vient avec sa famille et y crée en toute liberté, faisant l'admiration de son hôte par l'aisance avec laquelle il martèle les plaques de cuivre dont il tire, comme par miracle, des coqs de bruyère, des soleils resplendissants ou les motifs les plus divers que lui suggère son inspiration.
Mais cet homme d'exception fut aussi sans doute le dernier helvète à avoir kidnappé l'héroïne dont il était tombé amoureux et dont il fit sa femme ! Ayant repéré une superbe jeune fille que ses parents avaient enfermée dans un pensionnat du bord du lac des Quatre-Cantons pour la protéger de ses nombreux soupirants, il gagne les lieux en barque et l'enlève comme aux temps les plus romantiques, avec l'accord tout attendri de la belle Loulette, bien sûr !
En souvenir de cet exploit, elle lui donnera cinq enfants, Laurent et Pierre-Olivier, mais aussi de magnifiques triplés, Yves, Marc et Luc.
Source : « René Gassmann, architecte » - Imprimerie Gessler, Colombier


Les baigneuses Leda et le cygne - 1962
EDOUARD BAILLODS (1918-1988)
Peintre, mosaïste, sculpteur. Né à La Chaux-de-Fonds, mort à La Valette-du-Var (France). Après avoir fréquenté l'École d'art de La Chauxde-Fonds de 1932 à 1935, la Kunstgewerbeschule de Zurich de 1935 à 1936 et l'Académie de Munich en 1936, il se rend en 1937 à Paris où il travaille dans diverses académies (Grande-Chaumière, Colarossi, Montmartre). En 1939, Baillods revient en Suisse où il peint plusieurs compositions d'inspiration religieuse.
Source : Bibliographie: Maurice Jeanneret, Daniel Vouga, Peintures murales, sculptures décoratives du canton de Neuchâtel, Neuchâtel, La Baconmère, 1960. KLS, p. 44.


La marchande de poisson - 1954 Grand paravent - peinture sur tissu (à restaurer)


«La fille du pêcheur» huile sur toile - 1963 Gravure «L'Été» - 1976


Madame Baillods (1948) Leda et le Cygne (1963)

Edouard Baillods «Les poissons» huile sur toile (70 cm x 80 cm) - 1954
Tableaux, lithographies et gravures d'Edouard-Baillods en vente sur notre site
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FRANCIS ROULIN (1926-1999)
«Outremer» Tapisserie d'Aubusson, atelier Raymond Picaud (140 x 210 cm) Oeuvres de Francis Roulin en vente sur notre site
Francis Roulin, peintre, cartonnier, sculpteur Né en France à Beaufort dans la Drôme, Francis Roulin a vécu son enfance aux Bayards dans le canton de Neuchâtel où son père était pasteur. Il a fait ses études à Neuchâtel en obtenant un bac ès-lettres. Après avoir fait du droit, il bifurque vers une formation artistique, d’abord à l’école d’art de la Chaux-de-Fonds, où il bénéficie notamment de l’enseignement et de l’influence de Georges Dessouslavy et du sculpteur Léon Perrin. Au bénéfice d’un brevet d’enseignement de dessin, il a enseigné à Neuchâtel à temps partiel. En 1968 il part pour Paris compléter son bagage artistique. Pendant un an il suivra les cours de l’école nationale des Beaux-arts, notamment auprès du chef d’atelier Roger Chastel. Depuis lors, dans sa maison de Boudry, il n’exerça plus aucune autre activité que celle relative à ses créations. L’ensemble de son œuvre dépasse le millier de pièces sous formes de dessins, de pastels, d’huiles sur fonds divers, y compris le quartz; d’aquarelles, de gouaches, de crayons de couleurs, de diverses formes de gravures, de tapisseries et de sculptures. Il décrit ses périodes créatives comme tantôt mystiques, tantôt tragiques ou tantôt solaires. Elles s’entrecroisaient au fil des évènements sombres ou heureux qui l’ont atteint au travers de son extrême sensibilité. Roulin était un visionnaire; certaines de ses œuvres démontrent qu’il a ouvert des portes où lui seul avait accès. Etudiant, il chantait Rimbaud, Turner était un de ses Maîtres, mais Mozart l’a imprégné toujours plus profondément, comme en témoignent la fraîcheur des couleurs de ses œuvres des années 80/90. Roulin laisse à la postérité de magnifiques réalisations, extrêmement variées, tantôt empreintes de tensions dramatiques, tantôt d’une luminosité extraordinaire ou d’une tendre sensualité. Certaines expriment le mystère de la création, des saisons ou des Cieux. Il était un graveur à la précision d’horloger. Ses sculptures en bronze sont des chefs d’œuvres. Extrêmement rigoureux, grand travailleur et exigeant jusqu’à l’obsession vis-à-vis de ceux qui devaient réaliser ses tapisseries, il ne put que les confier aux Maîtres d’Aubusson.
Francis Roulin (+) Des traits de lumière De Francis Roulin qui exposait alors à Bienne, un critique a justement dit que ses toiles étaient absentes de pesanteur. C'était un compliment et ces choses-là s'usent très peu: il est donc toujours d'usage. Habitué des sommets, amoureux du soleil, coloriste passionné, alchimiste de la lumière, Roulin travaille le plus près possible du ciel dans ce grand grenier de sa maison vigneronne dont il a fait son atelier. Comme tous les autres, ce paradis se gagne; les escaliers sont donc assez raides... Depuis trente ans, l'oiseau a trouvé un nid à Boudry et il s'y sent bien. On sait qu'il fuit les coteries et répugne aux mondanités, preuve que le véritable talent aura toujours ses pudeurs. - J'ai fait, je fais ce qui me plaît mais j'en paie sans doute encore le prix ! Il s'est définitivement arraché à un système qui l'irritait déjà lorsqu'il enseignait le dessin sous les combles du Collège latin. Les programmes lui semblent trop restrictifs, juste bons à satisfaire le conformisme et les ronrons d'une commission scolaire. A l'âge où les ailes s'ouvrent et où les choix se décident, la jeunesse a besoin d'autre chose que de redites. Une bourse de l'Etat lui permet heureusement de changer d'air, l'envoie à Paris pour travailler aux Beaux-Arts avec Chastel et voir ce qu'il s'y fait, au lycée de Sèvres notamment où les classes de dessin de Mme Imbert explorent fébrilement mais sans contraintes de nouveaux horizons. Il reviendra avec mille idées, un rapport qu'il sait être explosif mais dont il n'a jamais bien su ce qu'il était devenu. «L'ami de Marat ? Un incorruptible...» En 1968, Francis Roulin quitte l'enseignement. Il ne part pas sans biscuits, la musette en est même pleine; il excelle dans tous les genres, peint, sculpte, grave et dessine, fournit les Picaud, maîtres lissiers d'Aubusson, «qui ont conservé le respect du beau travail» et voit grandir ses deux filles. Il parfait ses théories, travaille presque en secret, loin des clameurs et des ronds de jambes. Sa femme sera toujours à ses côtés, aussi efficace qu'elle sait être discrète. - Nous avons tous nos périodes. J'ai évolué à la façon de Juan Gris et de Delaunay. La forme, qui est la marque de l'intellect, s'est peu à peu effacée devant les couleurs, celles-ci dissolvant celle-là.
Aujourd'hui, à 63 ans, les souvenirs de vrais amis remontent à la surface et ce seront d'abord Jean-François Favre et Luc Monnier avec lesquels il décora en 1951-1952 le temple de Beaufort-sur-Gervanne, petite commune de la Drôme proche de Crest où ce fils de pasteur est né. Paysans et habitants, tous s'étaient associés à l'entreprise, les peintres mangeaient à leur table; chacun recevait avant de donner. L'enfant n'avait qu'un an quand son père fut nommé aux Boyards, qui y restera dix-sept avant de «tenir» la Collégiale et d'y imiter Karl Barth, ce qui causa quelque remue ménage dans les âme. Multiforme, l'oeuvre de Francis Roulin est considérable. L'a t-on assez saluée ? On pourrait en douter, mais ce n'est pas cela qui navre cet individualiste forcené. Il manque peut-être à son humble et grand bonheur un regard neuf de la critique, qu'on voudrait voir un peu plus chercher l'homme sur la palette, et pourquoi pas quelques commandes officielles, comme en fut une la tapisserie de la salle Marie-de-Savoie, au Château, qui beurrent les épinards et vous signalent à l'attention générale. Ses amis souhaitent aussi qu'il exprime une autre face de son talent: l'écriture. Mais peut-être hésite-il à le faire car si le style, qu'annonce le graphisme, coule comme l'eau vive, nous le suspectons d'avoir également le pied leste et l'on sait tous les coups quelque part qui se perdent dans ce monde... Aux Bulles, Berthoud doit penser la même chose ! Descendant des Roulin de Provence (Vaud), tous gens de la terre ou des bois, cet humaniste a ses vignes, qui comptent parmi les plus vieilles de Boudry, et des arbres fruitiers à Pontareuse. C'est là, à la naissance de chacune de ses filles, qu'il a planté un noyer. L'aînée, mariée à Bevaix, lui a donné trois petits-enfants et les noix sont dans une corbeille, sur le rebord de la grande cheminée qui réchauffe aussi l'atelier. Et s'il boit son propre vin, il aime aussi prendre le thé avec Turner, autre coloriste. il raconte tout cela comme une belle histoire à laquelle on tend une oreille d'enfant conquis; il s'exprime avec élégance, d'un ton calme, enjoué, débordant d'amitié. Et ses yeux se plissent comme s'il voulait mieux savourer cet instant. Francis Roulin parle aussi de l'ami Marat, sa grande sculpture de 14 mètres qui trouverait si bien sa place à Boudry et il pense à sa prochaine exposition. Ce sera à Hong-Kong, du 15 mai ou 15 juillet, avec une brochette d'artistes suisses dont Evrard et Ramseyer seront les autres Neuchâtelois. - Mais je n'irai sans doute pas... Préfère-t-il promener «Capi», un petit Bleu de Gascogne, dans les rues de Boudry ? Par temps de brouillard, quand le ciel bougonne, oui. Car pour ce disciple du soleil les jours froids tombent trop vite et l'hiver engourdit ses travaux. ll lui faut de la lumière. C'est sa vie, son pain et son sang; son oeuvre en témoigne. Et comme si le talent le gênait quand d'autre s'évertuent à dire qu'ils en ont talent, il remonte le cours de la rivière, s'amuse de l'année de prison qu'il passa à lasa faculté de droit de Neuchâtel, purgatoire qu'il quitta très vite pour s'inscrire à l'Ecole d'art de La Chaux-de-Fonds, enfin vivre avec Dessouslavy et Léon Perrin. - Les cours me pesaient. On dessine souvent pour tromper l'ennui et de là doit venir ma vocation artistique... Il pensait que des études de droit seraient pour lui le bagage premier du syndicaliste qu'il voulait être à l'image de Pierre Aragno, alors maître redouté de la FOBB qu'il admirait beaucoup. - C'était un incorruptible... Incorruptible ? Poudré, les lèvres pincées; vexé qu'on ait beaucoup trop parlé de Marat, Robespierre frappa soudain à la porte de l'atelier de la rue Louis-Favre...
(+) Source : Claude-Pierre Chambet (article paru le lundi 29 janvier 1990 dans L'Express)
Une journée avec Francis Roulin Tages Anzeiger Magazin 28-29 avril 1989
Neuchâtel, 7h33 le TGV démarre; je vais à Paris. Je prends généralement mon petit-déjeuner à cette heure-là, puis je monte à mon atelier ou, selon les jours, je m'occupe de mes vignes. Cependant, depuis un an, ma vie est un peu hors de contrôle. Le coupable est la sculpture de quatorze mètres de haut que j'avais réalisée d'après un dessin simple en l'honneur du révolutionnaire Jean-Paul Marat, des amis du peuple et leader populaire de la Révolution française, né le 13 juillet 1793 et qui a été poignardée à mort dans sa baignoire par Charlotte Corday. Ma passion pour Marat s'est réveillée lorsqu'une blessure à ma main droite, que j'utilise pour peindre, m'a mis au chômage en décembre 1987. Au début, ce n'était qu'une certaine curiosité, car Marat est est né dans mon quartier à Boudry. Il y a une pancarte sur sa maison natale et la place du village porte son nom. Durant mes deux mois de convalescence j'ai tout lu sur lui, plus de 3000 pages. Et au fur et à mesure de la lecture, Marat a pris possession de moi. Une chose pareille ne m'était jamais arrivée auparavant... D'après mon ressenti, j'ai fini par dessiner le portrait de Marat avec ma main désormais saine. Et ce Marat ne correspondait en rien aux mensonges qu'on m'avait enseignés à l'école. Ses parents étaient pauvres, mais représentaient une morale calviniste très stricte, qui a profondément influencé Jean-Paul. Je peux très bien comprendre cela car j’ai été élevé de la même manière. Son aversion pour les opportunistes et les profiteurs vient de cette enfance. Eh bien, sa pauvreté n'avait pas changé à Paris lorsqu'il fut chassé par le comte d'Artois, le frère impuissant de Louis XVI. Sa femme l'avait trompé avec Marat, le médecin personnel de son mari. Eh bien, je voulais un grand pilier de Marat avec la figure d'un proclamateur, et non l'image d'une personne ignoble et répugnante, comme c'est ancré dans le subconscient des gens. Je lui ai donné une tête qui représentait un œil (il était hypermétrope) et deux bras levés vers le ciel. L'œil-tête est dirigé d'un côté, les bras de l'autre et deux phares fixés dans les mains créent des effets de lumière la nuit. Pendant que je suis en route pour Paris, mon Marat se trouve temporairement dans un jardin à Grandson. Mais les propriétaires l'on assez regardé, et à mon retour, je dois lui trouver un bon toit, où il puisse attendre quelque chose de mieux. J'ai mis 80'000 francs dans cette sculpture. Faute de liquidités, j'ai emprunté de l'argent à la banque pour la petite maison que je possède à Boudry depuis 1963. Depuis, ma femme passe des nuits blanches. Elle a du mal à comprendre qu'à mon âge, je puisse me lancer dans une telle aventure sans aucune sécurité. Je ne le regrette pas, même si cette sculpture m'a déjà englouti beaucoup d'énergie et d'argent et engloutira aussi les quelques milliers de francs que me rapportera ma prochaine exposition à Paris. Dès le début, je me suis engagé sur un chemin un peu calqué sur celui de Marat, parti de Boudry à l'âge de seize ans... Le premier obstacle fut l'exécution. Il fallait trouver les personnes suffisamment compétentes et motivées pour réaliser mon idée, c'est-à-dire qu'il me fallait un ferblantier, un atelier de mécanique et l'aide du sculpteur Jacot-Guillarmod pour la partie la plus délicate de la sculpture, pour les bras. Début octobre 1988, Marat leva son torse interminable rouge sang vers le monde et leva ses bras triangulaires rouge-blanc-bleu vers le ciel. Mais le monde le voulait-il réellement ? La France l’accueillerait-elle à bras ouverts ? Bien entendu, sa personne, ma sculpture et les événements entourant les célébrations du bicentenaire à Paris doivent être replacés dans leur contexte. C'est juste que les idées avancent moins vite que le TGV. Aujourd'hui, j'en suis plus ou moins au dernier voyage dont je puisse espérer quelque chose. Et pendant ce temps, je remuais les bureaux, j'écrivais des lettres et je passais des heures entières au téléphone. A Berne, j'ai rencontré le président de la Mission du bicentenaire, M. Jean-Noël Jeanneney. Il m'a demandé de contacter son premier assistant, Elie Schulmann. Mais il est tout aussi impossible de le joindre au téléphone que d’obtenir une réponse écrite de sa part. Je n'ai manqué aucune porte; J'ai même envoyé mon dossier au président de la République, avec une recommandation de l'ancien conseiller fédéral Pierre Aubert. Lors de mes précédents voyages à Paris, j'ai discuté à l'Elysée avec Claude Manceron, l'historiographe de Mitterrand. Je rencontre Bernard Tschumi à La Villette. Claude Manceron, l'historiographe de Mitterrand. Je rencontre Bernard Tschumi à La Villette. 11h30, Gare de Lyon. Je mange au buffet de la gare puis me dirige vers la "forteresse du Bicentenaire", où j'arrive à trois heures. Dès qu'ils entendront mon nom, ils sauront que Marat est de retour. J'ai décidé de les assiéger aujourd'hui. Je veux une réponse. M. Schulmann est absent ? Je vais l'attendre. Près de deux heures s'écoulent. Et finalement l'impossible se produit: M. Schulmann peut enfin me recevoir. Un bureau imposant entièrement tapissé de dossiers et une personne froide au milieu: "votre sculpture, dit-il, concerne une personne excessive." Marat est problématique: trop individualiste pour les socialistes de 1989. Il ne me reste plus qu'à explorer la ville de Paris et les mairies de banlieue. En fait les communistes sont les seuls à ne pas se boucher les oreilles lorsque le nom de Marat est évoqué. Il me reste une heure pour aller chercher mon collègue Bubloz au travail. Nous prendrons un verre de vin ensemble et je lui reparlerai de Marat pendant qu'il essaiera de me faire changer d'avis.
Oeuvres de Francis Roulin en vente sur notre site
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MARICELA SALAS RICO Artiste peintre mexicaine
Maricela , artiste peintre mexicaine
Notre chambre commune était toujours pleine de bouts de tissus et de ciseaux de coiffure (ma mère était coiffeuse à domicile). Je gardais aussi de vieux cartons, que je collais ensemble avec la colle « resistol » de ma grand-mère, pour en faire des petites maisons et des voitures. Je jouais avec ma boîte de crayons en mariant les couleurs selon mes envies, le rouge avec le bleu, le violet avec l’orange, mais le beige et le brun restaient irrémédiablement seuls, car je ne pouvais pas me les imaginer en couple. C’est à ce moment-là que j’ai appris à tailler mes crayons avec un couteau de barbier. Sur le chemin de l’école, je levais les yeux vers le ciel pour regarder les avions et me disais que lorsque je serais grande, je voyagerais beaucoup. Cela devait être merveilleux de voler ! C’est ma marraine qui m’a fait découvrir les arts visuels en m’offrant un livre intitulé « Los cien grandes de la pintura » (les 100 plus grands peintres). Ce livre exerça une grande fascination sur la fillette de 10 ans que j’étais alors. Plus tard, j’ai d’abord fait des études à l’école de peinture, de sculpture et de gravure « La Esmeralda », à Mexico City, puis à Dublin, en Irlande, au Dún Laoghaire Institute of Art, Design and Technology et au Bally Fermont Senior College. Je me suis ensuite installée en Suisse pour fonder une famille. Cette période a été marquée par la naissance de mes deux merveilleux enfants et jalonnée de nombreuses expositions de mes œuvres. Jusqu’à récemment, je suis retournée vivre quelques années au Mexique, dans le sud-est du pays, dans un village tranquille au bord de la mer. Ma production artistique n’a cessé de se développer au fil des ans. Oeuvres de Maricela en vente sur notre site
Mes personnages, constituent le vecteur central de mon œuvre. Représentés dans un style figuratif, ils se caractérisent par une note baroque et parfois humoristique ainsi que par leur affinité avec l’univers du cirque. L’identité sexuelle de mes personnages est ambiguë, tout comme leur âge. Leur physique filiforme est associé à une ligne sans fin, en mouvement perpétuel, incapable de s’immobiliser. Mon intention, est d’attirer l’attention du spectateur et de le séduire par une représentation simple de l’individu et un recours à des couleurs vives et fortes, qui font également appel aux contrastes. J’essaie ainsi de susciter chez le public l’envie de revenir au langage de l’enfance, d’y goûter et de retrouver une capacité d’étonnement et d’émerveillement quelque peu anesthésiée par la routine de la vie d’adulte. Mon objectif, est de confronter les diverses expériences humaines entre elles, en alliant les plus simples et atemporelles aux plus nostalgiques ou ludiques, ou encore au plus chaotiques, injustes, utopiques, agressives ou imprévues. La finalité, de mon œuvre est de nous amener à questionner et à repenser notre mode de vie, nos croyances, notre contexte social et culturel ainsi que notre imaginaire collectif, tout en mettant en lumière notre capacité d’apprendre de nos expériences, de surmonter les situations difficiles et d’assurer notre survie. L’idée est dès lors de se remettre constamment en question, même lorsque nous croyons avoir atteint un équilibre.
Une grande variété de techniques Il y a tout d’abord la grande variété de techniques, appliquées à divers matériaux: papiers, toiles, tissus, carton-pâte, Ses “livres-palimpsestes” sont fascinants: vieux livres achetés au marché aux puces, dont les pages sont ensuite agrémentées de dessins, peintures, pensées, découpages, collages, à travers lesquels transparaît parfois le texte d’origine, souligné, troué, colorié, et ainsi relu par l’image. Richesse de couleurs ensuite, souvent très vives et très contrastées, à la manière latino-américaine, mais aussi très chaleureuses. Un hymne poétique aux couleurs de la vie, elles aussi très variées et contrastées: un bleu profond , un vert tendre, tout d’espérance, des rouges comme le sang qui court dans nos veines. Et même les êtres humains prennent des couleurs différentes, au gré des situations, parce que la vie colorée déteint sur eux. Tragique et comique A travers ce jeu de couleurs, il y a toujours aussi une part d’humour. Pas une gaïté superficielle, qui passerait par-dessus la réalité. Les motifs peuvent être tragiques, et la souffrance n’est pas tue, celle de l’emprisonnement, de la haine, du mépris, si bien que parfois “les larmes sont noires”. Mais c’est le propre de l’humour: à travers ce tragique se manifeste aussi le comique, exprimé de multiples manières: c’est lui qui donne au souffle de vie la force de résister, qui anime la danse de l’élévation, qui permet d’aller parler aux étoiles et de partir à la recherche des rêves cachés… Cet humour à la croisée du tragique et du comique, peut se vivre vivre tout particulièrement à l’occasion des fêtes des morts, célébrations colorées et joyeuses d’une finitude sereine ! Ce tragi-comique, c’est la condition de l’être humain. Même s’il y a parfois aussi des éléphants, des serpents, des tortues ou des baleines dans les peintures de Maricela, les humains y sont omniprésents. Des petits, des grands, des femmes, des hommes, des enfants; rarement seuls, plutôt en couple ou en groupe. Et ce qui frappe, c’est qu’ils sont longiformes, squelettiques, avec des troncs et des membres étirés, un peu à la manière d’Alberto Giacometti. Et souvent dénudés, réduits à l’essentiel. Une manière d’exprimer que la vie ne permet pas de s’asseoir tranquillement et de prendre de l’embonpoint, de s’enrober... Les humains de Maricela sont en mouvement, ils grimpent, ils dansent, ils attendent et espèrent, ils aiment, ils caressent, ils accueillent et recueillent. Dans son tableaux intitulé « La dernière goutte de l’humanité » (2015), la figure humaine tire toute sa force du groupe. Le tableau est l’expression d’un cri collectif d’angoisse et de douleur devant notre impuissance à remédier aux tragédies qui nous affectent. Peinture murale "Hommage à la culture Maya", Puerto Morelos, Quintana Roo, Mexique, 2012 About Maricela I am Maricela, I was born in Mexico City little over 5 decades ago in a small apartment in Mexico City I had my bedroom, which I used to share with my mother, it was constantly full oof illustration cut outs and scissors (my mom was a hairdresser). I also kept pieces of old boxes that I pasted with my grandma’s glue to create little houses and moving cars. I used to play with my wooden pencil case; the colours became couples and married, although the browns were eternal loners. With my mother's hair razor I learned how to sharpen each one of them. When walking to school I would look at planes flying above me in the sky and I thought “when I grow up I will travel a lot”. Flying must be wonderful! My introduction to the theory of visual arts was with a book called Los 100 Grandest de la Pictura (The100 Greatest Painters) I was 10 years old when my godmother gave me this book and I was enchanted by it. Currently, I live in the south east of Mexico in the tranquil place near the sea, developing my artistic productions evermore. Education : Later on I studied in the School of Painting, Sculpture and Engraving, La Esmeranlda. In Dublin, Ireland, I studied in Dun Laugher Institute of Art Design and Technology and in Bally Fermont Segnior College. Later I travelled to Neuchâtel, Switzerland, and started a family and the new life, I created multiple exhibitions and two wonderful children.
Maricela (1970) Maricela (Maricela Salas Rico) nace en 1970, al sur de la Ciudad de México. Inicia estudios en la Escuela Nacional de Bellas Artes "La esmeralda" en el año de 1990. En el año 1997 viaja a Dublín, Irlanda y continúa los estudios en Artes Visuales realizando un Diplomado en Artes. En 1999 regresa a México, estableciéndose en la ciudad de Cancún, realizando múltiples exposiciones y trabajos de campo; se especializa en la técnica de collage así como en la elaboración de papel hecho de fibras naturales. En el año 2002 viaja a Neuchâtel, Suiza para continuar con su desarrollo artístico. Participa con diferentes asociaciones interculturales como "INTERNOS", "Maloka", "AMEX", Realiza el proyecto del cartel "Les étapes de la vie" (Las etapas de la vida), distinguiendo su trabajo en una modalidad más gráfica e ilustrativa. En el año del 2004 gana el premio al mejor Cartel de "Journeé Mondiale contre le Racisme" (Día mundial contra el racismo), manteniendo su apoyo a la tolerancia y a la lucha contra el racismo. En 2006, el Hospital Bellelay de rehabilitación mental en Berna, la invita a exponer su obra en el espacio-galería; hecho que le permite distinguir el impacto que su trabajo genera en este lugar. En 2008 forma una asociación con dos artistas más, "Les trois Poules" para trabajar sobre el Proyecto "Día de Muertos", festividad mexicana reconocida mundialmente por la UNESCO y declarado Patrimonio Oral e Intangible de la Humanidad. En el año del 2010 Maricela regresa a México, Quintana Roo. Se instala en la Localidad de Puerto Morelos incorporándose al equipo de Casa de la Cultura, como Coordinadora del área de Artes Visuales. En el 2012 realiza un Mural para la Biblioteca de dicha localidad alusivo al tema de "La Cultura Maya 2012"
Bordes y Fronteras En entrevista, Marisela Salas explica: “la serie se llama ‘Bordes y Fronteras’ porque la empecé a hacer para participar en la bienal de Tamaulipas, hice primero dos cuadros que no fueron seleccionados, porque creo la convocatoria se refería más el tema geográfico. El tema para mí, fue un detonador de esta serie que acabo de terminar”. Originaria de la Ciudad de México y egresada de la Escuela de Pintura, Escultura y Grabado La Esmeralda, Salas Rico abunda en el significado de esta colección plástica que continúa con su exploración artística entre las relaciones que juegan lo mecánico y lo orgánico. Puede verse y sentirse: “Inicia la invasión, subraya la artista, un beso acelera el ritmo del corazón, es caótico disolver la ingestión de un flujo continuo de dos seres biológicos haciendo reverencias a la seducción de vernos al interior, romper con nuestro borde visual, material y recorrer la sensibilidad de una estructura como organismos a veces biológicos, a veces mecánicos”. Para la artista, “identificamos nuestro entorno succionando de manera instintiva, transmitiendo impulsos eléctricos, llenándonos de bienestar y sensaciones de alerta, abriendo los ojos dónde la temporalidad tiene una dimensión convencional entonces sabemos el lugar que ocupamos en el espacio…”.
Gotas de agua Con la participación de 10 artistas locales, pero de reconocida trayectoria internacional, fue montada el fin de semana la exposición de gotas de agua en 3D en la “Ventana al Mar”, donde se plasman diversas temáticas como la vida, la ecología, los mayas o el mar, con la intención de mostrar y hacer lucir el arte y la cultura que posee Puerto Morelos. Marisela Salas Rico, una de las artistas participantes y que pertenece a un colectivo de arte local, comentó que las vistosas gotas se enmarcan en las festividades del Día Internacional del Agua. (mars 2017, https://www.quequi.com.mx) Exposiciones 2015 Colectiva, Festival internacional del Caribe, Instituto de Cultura de Cancún. Aprendiendo a nadar - Técnica: Temple sobre tela - Medidas (cm): 80 x 60 “Este trabajo forma parte de una Serie de 12 cuadros, titulada: "Aprendiendo a Nadar".”
Oeuvres de Maricela Salas Rico en vente sur notre site
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