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Auguste BACHELIN (1903-1969) Peintre neuchâtelois
Auguste Bachelin, peintre du Bas-Lac de Neuchâtel «Ne dessinez jamais Rien sans avoir la nature sous les yeux : il ne faut pas faire une main, un doigt de mémoire, de peur de tomber dons la manière, le relâchement ou la banalité ; il faut pour avoir le dernier mot de la nature, la respecter et l'adorer». Ce précepte de Monsieur Ingres que Bachelin a relevé dans ses notes situe d'emblée la démarche picturale du siècle passé, montrant à juste titre l’importance attachée à l'exactitude et à la bienfacture. Toutefois, respecter la nature n'implique pas la copier purement et simplement. La peinture dite réaliste ne reproduit pas une scène ou un paysage comme une simple photographie d'amateur le fait. Au contraire, elle traduit l'image telle que l'artiste désire la transmettre, ajoutant ou enlevant, au gré de son inspiration et de son état d'esprit, tel détail, telle forme, telle ombre, modelant un tout constant d'une multitude d'images dûment étudiées. Dominer la nature dont on veut faire un tableau demande avant tout un sens aigu de la composition. Celle-ci, du reste, a évolué au cours du siècle en fonction de la mode et des écoles. Au début du XIXe siècle, les peintres romantiques utilisent fort souvent les arbres repoussoirs ou des pans de murs de ruines pour délimiter les premiers plans, permettant ensuite l'étagement des divers champs de profondeurs. Dès la seconde moitié du XIXe siècle, les peintres ont créé des paysages beaucoup plus ouverts, présentant de vastes étendues ou horizons, abandonnant les détails exagérés des premiers plans, confinant à la nature une plus grande liberté. Le recours à la minutie, apanage des artistes issus des cours de David puis d'Ingres, ne signifie pas pour leurs cadets, l'abandon des détails, même si leur traitement fait davantage appel à l'impression plutôt qu'à la bienfacture, offrant aux spectateurs modernes que nous sommes un sentiment de spontanéité qui correspond à nos critères picturaux contemporains. Au XIXe siècle encore, les peintres étaient classés en catégories : peinture d'histoire, de portraits, de natures mortes, de genres, de paysages. Les peintres d'histoire étaient les plus cotés dans cette échelle de valeurs. Grâce à leurs œuvres, ils glorifiaient et magnifiaient le passé. En réalité, Ils le mettaient en scène, à l'instar des cinéastes d'aujourd'hui qui reconstituent des batailles ou autres moments marquants. Se voulant les chantres du passé, ces peintres du XIXe siècle ont réalisé des œuvres monumentales où le réalisme primait sur l'idéalisme dans la représentation directe du monde auquel ils s'attachaient. Ils jouaient donc tant avec les couleurs qu’avec le pathétique de l'événement dont ils se voulaient les héraults. L’importance des détails vrais les confortaient dans leur reconstitution imaginaire d'une pseudo-réalité si bien que leurs tableaux apparaissent maintenant comme des amalgames que seul le génie de l'artiste peut sauver de l'ennui, si bien que peu d'œuvres ont conservé au cours du temps les statuts de chefs-d’oeuvre qui leur avaient été attribués dans les éloges des Salons parisiens. Que d'artistes adulés alors sont aujourd'hui tombés dans l'oubli ! À Neuchâtel Si ces considérations sur la peinture meublaient les discussions de salon de la Monarchie de Juillet, où les détracteurs d'Ingres portaient aux nues Delacroix et réciproquement, à Neuchatel, en 1880, lorsque Bachelin naquit, rares étaient ceux qui se préoccupaient d'affaires culturelles et de peintures en particulier. Seuls quelques privilégiés formant cénacle autour de la personnalité de Maximilien de Meuron s'intéressaient à une telle futilité. Il est certain que Maximilien de Meuron fut le moteur de ce mouvement qui prit cependant quelque importance grâce à des esprits éclairés qui admirent qu'au-delà des cercles littéraires, il était juste que les beaux-arts aient droit de cité en sus des portraits de famille dus avant tout à des artistes de passage, voire de Prudhomme puis de Reinhart ou des rares tableaux des écoles françaises, hollandaises et italiennes qui étaient accrochés aux murs de quelques salons de l'aristocratie. Si le Pays de Neuchâtel s'est ouvert à la peinture, tout le mérite en revient à Maximilien de Meuron qui, après avoir donné deux de ses toiles à la Ville, a organisé en 1826 la première manifestation artistique dans le magasin de gravures et lithographies de MM. Jeanneret et Baumann. Rappelons aussi qu'il avait usé de toute son influence pour que Monsieur Roulet de Mézerac octroie une bourse au jeune Léopold Robert qui s'était vu privé de son prix de Rome suite à la chute de Napoléon et le retour de Neuchâtel à la Prusse. En 1828, une deuxième exposition eut lieu, suivie d'une autre en 1830 où des collectionneurs présentèrent leurs trésors. En 1835 fut mise sur pied la première rétrospective Léopold Robert. Septante-deux tableaux et études furent exposés dans les salles de l'ancien Hôtel-de-Ville. Ces manifestations connurent un succès indiscutable montrant bien qu'un esprit de l'art commençait à souffler sur ce petit pays. Le travail de Meuron fut concrétisé en 1842 par la création de la Société des Amis des Arts. La présence en ville d'artistes comme Moritz, Lory, GrosClaude, des Girardet et de différents ateliers de gravures et lithographies, stimula aussi le développement culturel local si bien que Bachelin put s'adonner fort jeune à sa passion de collectionneur, entassant dans les vastes greniers de la maison paternelle de la rue des Terreaux où son père avait son commerce de menuiserie, d'innombrables trésors allant des collections naturalistes, d'objets historiques à des séries de gravures et d'estampes. Les années de formation Auguste Bachelin passa les vingt premières années de sa vie à Neuchâtel. Ses années d'adolescence nous sont connues grâce à Albert Anker qui fut son condisciple sur les bancs de l'école. Elève studieux, passionné d'histoire, crayonnant toutes les marges de ses cahiers, il suivait avec une attention toute particulière les leçons de dessin données par Moritz et celles que lui prodiguait un certain Wallinger. Avec Anker, il parlait sans cesse de peinture, tant des artistes du pays tels Calame, Edouard et Karl Girardet que de l'art en général, affirmant qu'«au lieu de s'encroûter dans les ténèbres d'un atelier, le peintre devrait se retremper au milieu des champs... C'est ce que je compte faire». Après deux ans passés à l'Académie, à suivre, entre autres, les cours de Charles Berthoud, comme son désir de devenir peintre s'affirmait de jour en jour, il partit finalement pour Paris en 1850. Dans une conférence intitulée «Comment se font les tableaux», Bachelin explique quel fut son apprentissage de la peinture. L'étude de la peinture commence ordinairement depuis l'âge de 16 à 20 ans, souvent même beaucoup plus tard. L'élève doit posséder un bagage suffisant de connaissances litté-raires, historiques. Ces études ont développé en lui le goût du beau. Il dessine plus qu'il n'écrit et crayonne sur ses cahiers et ses livres - c'est l'histoire de tous les artistes, du premier jusqu'au dernier - mais le dessin apparaît comme vite froid en comparaison de la couleur dont les mirages fascinent l'imagination. Se saisissant d'une boîte de couleurs et d'une toile, le candidat peintre va se lancer dans la copie, or, dit-il : «la copie d'un tableau à l'huile faite par le même procédé est une chose relativement facile et qui donne presque toujours un résultat approximatif». La couleur se prête à tous les maniements possibles. Le débutant peut s'en servir même à rebours du bon sens, amalgame de tons qui n'ont aucune solidité ni aucune durée. C'est égal ! Avec un peu de bonne volonté, il arrive à faire quelque chose de passable. A partir de ce moment, affirme Bachelin, il est perdu, c'est-à-dire qu'il est artiste ou qu'il veut le devenir. Le mot du Corrèges lui revient en mémoire «et moi aussi, je suis peintre» s'écrie-t-il ! Toutes ces étapes décrites ci-dessus ont été vécues par Bachelin à Neuchâtel, alors qu'il signait les lettres qu'il envoyait à Berne à Anker : «Ton vieux Bachelin, croûtiste». Au désir de devenir peintre et d'entamer de telles études s'opposait fort souvent la famille qui considérait que la peinture n'est pas un vrai métier. Soutenu dans ses démarches par Moritz, Bachelin put rapidement convaincre ses proches de le laisser partir même s'il lui fut pénible de franchir le pas de la séparation en allant à Paris. Cette première barrière surmontée, l'apprenti peintre va se trouver confronté avec une multitude d'obstacles et de combats à soutenir. Bien des découragements l'attendent. Bachelin était conscient des difficultés qu'il aurait à vaincre, conscient aussi du coût élevé de telles études, du sacrifice consenti par sa famille, mais convaincu qu'il n'abordait pas une telle carrière sur un simple caprice. Grâce aux lettres qu'il adresse à ses parents dès son installation à Paris en avril 1850, il est possible de le suivre presque au jour le jour tant dans son travail à l'atelier que dans ses autres occupations. A cette époque, les études artistiques s'effectuaient presque toutes sur le même mode dans les différentes écoles et académies de l'Europe, que ce soit à Paris, Munich, Düsseldorf, Anvers, Milan ou. Florence. C'étaient des classes de 20 à 50 élèves. Le travail commençait le matin de bonne heure et durait quatre à cinq heures. Le lundi arrivait un modèle homme ou femme qui prenait une pose déterminée qui devait être conservée tout au long de la semaine. L'élève faisait connaissance avec la nature et c'était alors que les illusions commençaient à chanceler. Après une semaine, rares étaient ceux qui achevaient leur académie, soit une figure en entier. Les élèves dessinaient ainsi pendant deux, trois voire cinq ans avant d'oser toucher la palette sous la direction du maître qui passait une à deux fois par semaine pour corriger, encourager et critiquer le travail. Parallèlement, les étudiants s'initiaient à la perspective, l'anatomie, l'ostéologie, la myologie, fréquentant des salles de dissection, lieux que les artistes en herbe ne goûtaient que fort peu. Ils étudiaient ensuite le statuaire antique, puis les maîtres de la Renaissance afin de saisir l'harmonie, le mouvement, le beau, la composition. L'étude des costumes et des leçons de modelage complétaient leur formation sans oublier les nombreuses heures passées dans les musées à admirer les chefs-d'oeuvre. L'étude de la peinture à proprement parler exigeait encore plusieurs années ! Installé dans la capitale française, Bachelin prit le chemin de l'atelier de Gleyre. Pendant deux ans, il s'initia au dessin chaque matin. Il passait ses après-midi au Louvre à copier les maîtres et ses soirées à modeler. Peu à peu, Bachelin s'ouvrit à la vie parisienne, découvrant le théâtre et l'opéra, rendant visite à des artistes et des personnalités littéraires. Le temps passant, il se fit aussi des amis tel Louis Schuller avec qui il partagea un appartement rue Vaugirard. Après deux ans d'une telle vie, il revint en Suisse passer l'été 1851. De retour à Paris en novembre, il rencontra Maximilien de Meuron au Louvre où il côtoyait souvent d'autres artistes neuchâtelois tel Léon Berthoud. Tous ses concitoyens l'encourageaient à persévérer. Peintre d'histoire Témoin occulaire du coup d'Etat du 2 décembre 1851, Bachelin fut transformé par ce qu'il put observer, relatant avec précision à ses parents événements et sentiments, laissant alors transparaître son goût pour la littérature. Sa nature romanesque s'enflamma à la vision de l'histoire en marche dont il se sentait devenir le chroniqueur. Cette révolution fut sans doute le catalyseur de son désir d'être peintre d'histoire. Cette sensation de vivre une nouvelle époque lui permit de s'enhardir et d'entre-prendre une autre orientation dans sa carrière, soit passer de l'école du dessin à celle de la couleur et du pittoresque comme il l'écrivit en date du 3 avril 1852, jour où il prit la décision de quitter l'atelier de Gleyre pour celui de Couture. Après deux ans de dessin, il voulait aller vite. Sa soif inextinguible d'apprendre, sa curiosité insatiable le poussaient à la concrétisation d'une expression plutôt que d'en peaufiner la forme. Même si Bachelin reconnut plus tard qu'il lui aurait fallu trois, voire cinq ans de dessin avant d'oser toucher une palette, l'appel de la couleur fut si fort qu'il préféra se lancer de tout son soûl dans une conception picturale dont la modernité sans doute l'attirait. Le réalisme dont on se targuait à l'époque ne lui convenait pas car il avait de la difficulté à s'attarder trop longtemps sur un objet pour le terminer. Cela l'ennuyait. Combien de peintres alors se sont-ils perdus dans une impossibilité de conclure et signer leurs oeuvres, empâtant leurs toiles, les surchargeant, les tuant en n'arrivant jamais à placer la dernière touche. Bachelin, au contraire, aux yeux de l'époque, fut taxé, sans que personne n'ose le dire ouvertement, de bâcleur, laissant la liberté du geste l'emporter sur la rigueur et le fini du détail. Avec Couture, il rencontra une personnalité avec laquelle il eut immédiatement des accointances qui se transformèrent rapidement en amitié. En même temps, il découvrit une vie parisienne où le dandysme prédominait à tel point qu'il dut s'y conformer. Il devint très parisien, presque oublieux de la Suisse qu'il chérissait pourtant. Cependant, quelques-unes de ses lettres d'alors laissent transparaître l'amour qu'il portait au lac de Neuchâtel et au village de Saint-Blaise. On pensait à l'époque qu'à moins d'être une nature hors ligne, il était impossible à un jeune artiste d'exécuter un tableau convenable avant huit ou dix ans d'études. Léopold Robert était entré en 1810 dans l'atelier de David et ses premiers tableaux sont datés de 1819, 1820. Karl Girardet mit dix ans avant de signer une toile ; Édouard, son frère, douze ans ! Bachelin pourtant estimait que la peinture est une chose toute pratique et qu'on ne peut l'apprendre qu'en travaillant et ne la comprendre qu'en voyant peindre. Chez Couture, les élèves devaient travailler la couleur, copier Rubens pour égayer la palette, Rembrandt, pour affiner les clairs-obscurs, Raphaël, pour améliorer le dessin. Toutefois, explique Bachelin, ce qu'il y a de plus difficile pour le débutant, c'est le mélange des couleurs afin de rendre tous les tons de la nature, les plus foncés, les plus clairs, les plus brillants, les plus neutres. Le peintre doit donc apprendre à manier les tons. Il dit à ce propos : «N'importe quel ton de la nature se compose à trois tons colorants, trois, pas davantage. S'il en entre un quatrième comme par exemple dans l'ombre des chairs, il faut l'employer à part, le superposer. Si ces quatre tons étaient mélangés, la peinture deviendrait malsaine. Si on en mélangeait cinq, elle serait fausse ; avec le chiffre six, la peinture n'a plus d'élasticité, elle n'est plus solide, elle noircit et se détruit avec le temps». En 1851, à l'exposition des Amis des Arts de Neuchâtel, Bachelin avait présenté un dessin d'après un tableau d'Ary Scheffer. Lorsqu'il reçoit en 1853 l'avis de la nouvelle exposition, malgré son parisianisme exacerbé, il consent à envoyer deux paysages et un dessin, montrant qu'il s'essayait déjà à la couleur et aux toiles. Dès 1853, Bachelin revint chaque été en Suisse et plus particulièrement à Marin où son père lui fit construire une maison, avec un vaste atelier, qui fut achevée en 1854. Dès cette année, l'écriture va tenir presque autant de place dans la vie de Bachelin que la peinture pour laquelle il puisait ses sujets dans la nature environnante. Il s'adonnait presque exclusivement au paysage n'ayant pas les moyens de payer des modèles et surtout, à ses yeux, insuffisamment de maturité pour s'attaquer à un sujet plus ambitieux. Son faire d'alors choquait le goût des amateurs habitués aux compositions romantiques construites autour de premiers plans détaillés cernés d'arbres repoussoirs et s'ouvrant ensuite sur des étendues plus vastes, le tout dans des nuances douces et équilibrées. Bachelin avait recours à des couleurs vives et gaies et composait ses sujets en donnant de l'importance à des détails jugés jusque-là insignifiants. Malgré l'incompréhension du public, Bachelin continua à travailler avec acharnement, alternant séances de peinture et rédactions, lectures et promenades. Tant à la Tène, la Poissine que dans le vallon de la Goulette ou sur les rives du lac, Bachelin s'emplissait des beautés de la nature, reprenant à son compte la maxime de Couture : «Ayez de bonne heure un grenier d'abondance». Un grand tableau De retour à Paris, il reprenait ses études à l'atelier, aidé par Couture qui se chargeait de lui vendre ses paysages et de lui trouver des commandes telles ce portrait posthume du maréchal de Saint-Arnaud qui lui amena d'autres clients. Le maître poussait aussi l'élève à entreprendre une grande composition. Bien qu'ayant en tête un sujet, Bachelin n'osait pas se mettre au travail. La couverture des frontières suite à l'affaire de Neuchâtel en 1856 par l'armée fédérale avait donné à Bachelin le sujet de ce qui allait être sa première grande composition historique. Il définit ainsi gon sujet : «La Suisse au bord du Rhin sera représentée par un carabinier et un canon; ce sera une peinture symbolique; la toile est prête; elle est immense. Mais entre une toile blanche et un tableau il y a la distance de la coupe aux lèvres. Je voudrais dans cet homme incarner l'âme d'un peuple». Victime des facéties de ses amis qui couvraient régulièrement la toile de slogans antimilitaristes, Bachelin dut achever son travail ailleurs que chez lui. Présentée en 1858, cette oeuvre connut un succès mitigé. Elle marquait cependant les débuts de Bachelin en tant que peintre militaire. Faire un tableau à cette époque demandait que le peintre entreprenne tout d'abord une esquisse très petite sur papier afin de dégager l'idée du vague, d'indiquer la place des personnages, leurs attributs et les lignes de l'environnement dans lequel se joue la scène. Ensuite, l'artiste partait en quête des modèles dont il effectuait d'innombrables études; tant dessinées que peintes par lesquelles il cherche à rendre les nuances que les personnages expriment ou doivent exprimer. L'accumulation de dessins très simples voire naïfs lui permet d'opérer une sélection des attitudes, poses, expressions voulues. Il en va de même pour les détails, objets ou autres accessoires faisant partie du décor. Ensuite, le peintre dresse une nouvelle esquisse plus grande que la première en dessinant chaque figure d'après ses études; il en indique l'effet à la sépia - le tableau y est entièrement formulé -. Pour le transposer sur la toile, il use de la mise aux carreaux. Ce travail achevé, il commence une nouvelle série de dessins pour les têtes et les mains puis il attaque le tableau à proprement parler d'après ses études et, en refaisant même appel aux modèles. Le tableau est donc fait d'une multitude de poses et détails pris dans la nature mais transposés intellectuellement sur la toile. Le résultat final dépend ainsi du génie esthétique de l'artiste, de son savoir-faire et de la question du beau. Ce dernier critère est toujours difficile à évaluer car les goûts ont changé au cours du temps et des modes. Avec «La Suisse au bord du Rhin», Bachelin avait fourni un grand effort qui lui avait amené quelques commandes mais surtout il s'était découvert une vocation de peintre militaire dont il tempérait l'ardeur par des ballades et des séances de peinture dans les marais, le bord du lac et aux lieux qu'il chérissait, mettant en place l'ambivalence de sa démarche picturale. Bachelin avec ses peintures militaires s'était trouvé un idéal qu'il voulut poursuivre sur le terrain même d'opérations afin de saisir sur le vif les expressions et les attitudes de soldats et non de modèles costumés. A cet effet, il se rendit en 1859 en Italie suivre les manoeuvres sur les champs de bataille de Solférino et de Magenta. A pied d'oeuvre sur le terrain, Bachelin fit de fort nombreuses études, croquant le soldat en marche, les détails de l'armement, bref des milliers d'observations pittoresques qu'il engrangea en vue de futurs tableaux qu'il exposa au cours des années suivantes et qui connurent indubitablement un certain succès. Les couleurs chatoyantes des uniformes attisaient son tempérament inné de coloriste et grisaient son imagination éprise d'héroïsme. Ces toiles-là lui permettaient d'associer sans critique les bleus et les verts qu'il affectionnait et dont on lui reprochait la crudité dans ses paysages. L'éveil des nationalités incitait le public à préférer ses peintures historiques, faisant peu à peu croire à Bachelin qu'il devenait un peintre reconnu pour la qualité morale et édificatrice de ses oeuvres: l'Histoire magnifiée par la peinture. Le peintre national et l'homme providentiel Dès les années 1860, Bachelin commença à se lasser de la vie parisienne, retrouvant ses racines neuchâteloises, son attachement à la Suisse. En 1864, sa voie est définitivement tracée quand il écrit : «Je me suis mis en tête de faire de la peinture qui ait une raison d'être, c'est-à-dire de peindre des scènes qui rendent des sentiments grands, généreux, profitables à l'esprit patriotique et à la morale». La peinture qui se veut moralisante et édificatrice n'est que rarement esthétique mais tend à la vaste fresque ennuyeuse. Les oeuvres que Bachelin a commises en suivant ce mode de penser nous apparaissent aujourd'hui comme d'effroyables tartines dont les titres seuls font déjà frémir: «L'Allemagne et l'Italie apportent aux libres tireurs de la Suisse, réunis au tir fédéral de La Chaux-de-Fonds, les bannières de leurs pays, gages de leur amitié», «Les Faucheurs des Alpes», «La Mort du lieutenant Montmollin à la journée du 10 août 1792», «Enfants des Petits Cantons chargeant les armes de leurs pères», etc... Bachelin se voulait alors peintre national ! Cette prise de conscience de devoir mettre son talent au service de la Nation s'est encore renforcée avec la création en 1864 du Musée Neuchâtelois et de la Société d'histoire et d'archéologie. Bachelin, comme l'écrit Philippe Godet, a été l'âme de la revue «pour laquelle il a travaillé jusqu'à son dernier jour : souvenirs militaires, archéologie, histoire du costume, iconographie, sites pittoresques, biographies d'artistes, littératures nationales, histoire industrielle, il n'est aucun sujet qui n'ait éveillé l'attention de l'infatigable chercheur; il a touché à tout d'une main sûre, donnant à la moindre notice un tour agréable et personnel et l'illustrant presque toujours de quelque dessin autographique». Le voilà donc, à côté de la peinture, s'adonnant à l'histoire mais aussi à la littérature. Il devient dès lors l'homme providentiel de toutes les manifestations patriotiques locales. De cette époque datent les albums-souvenirs de voyages et d'excursions qu'il entreprit en compagnie d'une cohorte de professeurs, tel celui intitulé «Un jour au Creux du Vent». Ces recueils illustrés, même s'ils ont conservé un charme désuet indéniable, doivent être compris comme des supports didactiques pour glorifier le rôle éducateur de l'histoire et de la nature locale. Il est certain que le changement de régime politique survenu dans le canton de Neuchâtel en 1848 a favorisé l'éclosion de nombreuses sociétés et de manifestations dont le but était de réunir de manière apolitique des esprits souvent divisés pour qu'ils oeuvrent en commun à la connaissance et l'édification du pays. Sans aucun doute, Bachelin a senti ce courant et y a adhéré de toutes ses forces, mettant en pratique son idéal de l'Art, soit que les artistes prêtent leur concours à toutes les branches de l'industrie. Il précise encore : «si ouvriers et artistes se confondent unis dans la recherche de l'utile et du beau, ils auront donné à notre chère patrie, une nouvelle source de prospérité». En 1865, à trente-cinq ans, Bachelin entreprit son pèlerinage d'Italie, suivant une tradition à laquelle ni Léopold Robert, ni Maximilien de Meuron et ses épigones n'avaient failli. Si ses aînés y avaient trouvé la lumière, la couleur et d'innombrables sujets, Bachelin n'en conserva qu'une masse de renseignements, d'études et de copies qui vinrent enrichir son cabinet de curiosité, son grenier d'abondance. De 1865 à 1870, Bachelin passa régulièrement l'hiver à Paris où il retourna à l'atelier pour réapprendre des gestes oubliés. A Marin, il entreprit de grands projets comme son grand tableau intitulé «La bataille de Morat», grande composition qui fait davantage ressortir ses qualités de coloriste que celles de la composition. Pris dans un tourbillon d'officialité, Bachelin s'échappait de temps en temps pour courir les grèves, les marais, les bois et vallons. Là, il oubliait qu'il se voulait peintre d'histoire pour se laisser aller à la rêverie et à la poésie. Il devenait alors authentiquement artiste, coloriste de talent. Epris de liberté, il composait sans contrainte, sans arrière-pensée. Toutefois, ces moments d'évasion étaient rares car la multiplicité de ses occupations, son incapacité à dire non, sa soif d'érudition l'empêchaient de se consacrer pleinement à un seul art. La notoriété acquise au gré des ans lui avait fait affluer bon nombre de commandes pour des sujets militaires. Les événements de la guerre franco-prussienne de 1870/1871 lui apportèrent des sujets tragiques par lesquels il obtint ses plus grands succès picturaux. L'internement aux Verrières de l'armée du général Bourbaki lui permit de peindre vingt grandes toiles comme «Entrée de l'Armée de l'Est», «Les deux Croix», «Halte d'un détachement d'infanterie», «La générale à Fahy» et «Les cuirassiers». En complément de ces toiles qu'il peignit totalement bouleversé, il conçut deux albums autographes «Aux frontières» et «L'armée de l'Est», qui contribuèrent à le sacrer pleinement peintre de la neutralité armée. Dès lors, jusqu'à sa mort en 1890, Bachelin s'enfonça de plus en plus dans d'innombrables travaux, se réfugiant pourtant chaque année quelque temps sur les rives du lac de Thoune d'où il ramena des quantités de tableaux et études où les bleus et les verts du lac et des montagnes s'entremêlent autour d'arbres et de chalets. A Marin, il rédigeait son Iconographie neuchâteloise, ses romans «Jean-Louis», «Sarah Wemyss»; il prépara en 1876 le cortège commémoratif de la bataille de Morat. Il s'intéressait ardemment à la créa- tion du Musée historique. Apportant régulièrement des articles pour le Musée Neuchâtelois - plus de 220 -, il donnait en sus des cycles de conférences et en organisait. Cette prodigieuse capacité de travail dans des domaines opposés l'éloignait de la peinture à proprement parler et les toiles de commandes qu'il commettait alors montrent bien qu'il etait pressé de les achever. Ces multiples occupations l'accaparaient totalement, lui laissant rarement le temps d'aller flâner dans les lieux qu'il chérissait et où il prenait son « dessert ». Sans cesse, it continuait de peindre de grandes compositions militaires, cherchant à montrer que la neutralite suisse ne devait pas seulement être une couverture des frontières mais une aide et un secours envers tous les bélligérants à l'instar de son tableau intitulé «Fraternité militaire». Pour persévérer dans ce chemin pictural, il se rendit en 1885 à Coblence où le géneral de Gélieu, un Neuchâtelois, l'avait autorisé à prendre des modèles au sein même de la garnison qu'il commandait. Là, Bachelin a pu continuer d'engranger dans son grenier d'abondance selon son expression favorite. Finalement, suite à des maux de gorges qui l'accablèrent durant l'hiver 1889/1890, Bachelin dut se résoudre à se faire opérer à Berne. En partant pour l'oôpital, il prit avec lui le manuscrit de «Sarah Wemyss», dont il avait chargé Philippe Godet de s'occuper au cas où... En ces jours de juillet qui précédaient l'opération, Bachelin, anxieux malgré tout, relisait et apportait les dernières corrections à son roman. L'opération eut lieu le 30 juillet. Il semble qu'elle ait bien réussi mais le 3 août, Bachelin fut emporté par une pneumonie foudroyante selon le diagnostic de l'époque. Il aurait eu soixante ans le 30 septembre.
Bachelin aujourd'hui Un siècle après son décès, les critères déterminant la qualité d'un tableau n'ont plus rien à voir avec ceux en vigueur au XIXe siècle. Parmi la multitude de personnes qui s'adonnent aujourd'hui à la peinture, d'innombrables se qualifient d'autodidactes qui, après une année ou deux d'essais se lancent dans le circuit de certaines galeries. Comme ils vendent quelques oeuvres généralement à des amis qui se sentent obligés de faire plaisir, ils s'imaginent lancés. Personne n'aurait l'idée d'interprêter un concerto pour violon sans connaître les gammes et l'harmonie. Le pêle-mêle des goûts actuels les autorisent à manier pinceaux et couleurs. Le snobisme fait le reste. Et pourtant, notre époque a de vrais artistes qui, maîtres des techniques et des matières, créent des oeuvres où la peinture se met au service de l'esprit, inféodation complète de la matière à la puissance intellectuelle. Mais pour que l'acte spirituel tienne, il faut que le support plastique soit solide et rigoureux, c'est-à-dire que le hasard ne soit pas conceptuel même s'il peut jouer dans quelques cas un certain rôle. Tous les artistes contemporains dignes de ce nom ont une solide formation classique même s'ils ne s'adonnent plus à la peinture d'histoire ! Dans le contexte actuel où tous les genres sont permis, la peinture du XIXe siècle n'est pas à priori démodée. Cependant les sensibilités ont changé et le regard que le public porte sur les tableaux n'est plus le même. Il faut aussi admettre que le nombre des amateurs a fortement crû et qu'une démocratisation de l'art s'est faite. Les sentiments «j'aime» ou «je n'aime pas» paraissent plus spontanés et non exclusivement basés sur la connaissance, bien que les cotes de certain peintres faussent tous débats, et que des signatures seules contribuent a l'appréciation d'oeuvres. La valeur commerciale d'un artiste influe sans aucun doute sur l'intérêt qu'on peut lui porter. Bachelin, pour l'instant, a échappé à la spéculation dont font l'objet quelques-uns de ses camarades. Il est donc encore possible d'essayer de porter un jugement impartial sur la qualité et l'intérêt de son oeuvre peinte. Quatre Bachelin s'offrent alors au regard: le peintre d'histoire, celui des natures mortes, le portraitiste et le paysagiste. Fidèle a son temps, Bachelin tenait en la plus haute estime la peinture d'histoire, la seule selon l'époque qui méritait les éloges. Pour faire partie du cénacle de ces peintres privilegiés, Bachelin s'est orienté vers la peinture militaire. Le prestige des uniformes dont les couleurs chatoyantes fascinaient de nombreuses personnes, la gloire dont il était possible de se couvrir, à quoi il faut adjoindre la poussée des nationalismes, la Suisse d'après 1848 et sa politique de neutralité armée, tous ces facteurs pouvaient enflammer une âme éprise d'histoire, d'héroisme et d'idéal. Réunir en une toile, le beau, l'art et la patrie, telle fut sa démarche. Victime d'un certain succès mais surtout de son propre caractère de poète et d'enthousiaste, Bachelin s'est lancé dans de vastes compositions où la complexité du sujet finalement l'ennuyait si bien que ce n'était plus l'artiste qui travaillait mais une main habile au service d'une idée. La puissance inspiratrice disparaissait au profit de l'image à rendre. Ces raisons jointes au désintérêt actuel pour ces sujets font que ses tableaux militaires ont perdu toute attractivité auprès du public. Seuls quelques historiens et historiens de l'art y trouvent encore motifs à études et réflexions. Même si certaines de ces toiles ont sans aucun doute une valeur artistique, elles font davantage figure de documents. Les quelques natures mortes qu'il nous a laissées n'emportent plus la faveur du public. Quoique bien peintes et équilibrées, elles presentent des empâtements et des clairs-obscurs trop académiques. Une certaine gêne semble s'y manifester même si techniquement il y a de quoi rendre envieux beaucoup de peintres d'aujourd'hui. Bachelin n'était pas davantage portraitiste même si nous lui connaissons quelques toiles fort intéressantes. A chaque fois pourtant, il donne l'impression de remplir une obligation comme s'il accomplissait un devoir. Est-ce son attrait pour les rouges qui donne à chacune de ses figures des visages empourprés voire sanguins ? A l'époque où le réalisme l'emporte, ses portraits témoignent d'un faire libre non dénué de qualité, mais sonnant faux pour l'époque et pas assez osé pour satisfaire notre notion de la liberté par une touche plus hardie et spontanée. Quant aux visages de ses grandes compositions, ils sentent le modèle, voire le mannequin. Après ces quelques lignes, il semblerait que l'ceuvre picturale de Bachelin fait piètre impression de nos jours. Croire cela serait faire fi de ses paysages. Et pourtant, l'artiste de son vivant était déjà vexé de voir les amateurs les préférer. Entre l'édification et la poésie, le temps a retenu de son oeuvre les pièces où il oubliait qu'il voulait être le peintre national. Loin de toutes contraintes, sur les rives du lac, dans les ruelles de Saint-Blaise, dans le vallon de la Goulette, Bachelin se sentait heureux. Il s'y délassait et laissait libre cours à son imagination, à son âme de poète et a son talent. Ces trois facteurs conjugués lui permettaient de saisir sur la toile cette nature qu'il chérissait par-dessus tout. Ne peignant point pour le public, il faisait de la vraie peinture, celle qui ne doit réjouir que l'artiste et non son public. Son plaisir servi par une technique parfaite perdure dans ces oeuvres-là et le temps n'a pas pu l'effacer, montrant à l'envi que la sincérite soutenue par le talent ne s'altère pas, ni les émotions, lorsque celles-ci sont vraies. L'amateur d'aujourd'hui perçoit toujours cette sérénite qui irradie de ces tableaux où l'artiste était libéré de toutes missions sociales, de tous soucis patriotiques et de volontés d'evangélisation, étant authentiquement et exclusivement peintre. Avec des bleus et des verts qui lui sont propres, Bachelin a pu saisir des instants de nature, en la respectant, l'adorant, tout en la déformant au gré de son esprit, faisant acte de pure peinture. Patrice Allanfranchini
Biographie
30 septembre 1830 : Naissance d'Auguste Bachelin à Neuchâtel. Il est l'aîné de six enfants. 1843-1845 : Remplit ses albums de dessins; suit les cours de Moritz et prend des leçons particulières chez Wallinger. Est en classe avec Albert Anker. 1847 : Fait son instruction religieuse. Est impressionné par les soldats du Sonderbund. 1848 -1849 : Entre et suit des cours à l'Académie. Fait partie de Belles-Lettres puis de Zofingue. Avril 1850 : Part pour Paris pour entrer dans l'atelier de Gleyre le 23 mai. Novembre 1850 : Partage un appartement avec Schuller. Été 1851 : Sejourne en Suisse après avoir exposé aux Amis des Arts un dessin d'après un tableau d'Ary Scheffer. Novembre 1851 : Rencontre Maximilien de Meuron au Louvre. 2 decembre 1851 : Est témoin du coup d'Etat de Bonaparte. Mars 1852 : Rend visite à Ingres pour découvrir le portrait de Madame Moitessier. 25 avril 1852 : Quitte l'atelier de Gleyre pour celui de Couture. Été 1852 : Visite les Iles anglo-normandes. Hiver 1852 -1853 : Devient dandy. 1853 : Expose à Neuchâtel deux paysages et un dessin et passe l'été en Suisse où revient désormais chaque été. Novembre 1853 : Étudie les plans de sa future maison de Marin 1854 : Entre dans sa maison-atelier de Marin. 1855 : Passe quelques mois d'hiver à Paris et expose a Neuchâtel «Les passe-roses» qui font scandale. 19 octobre 1856 : Perd sa sceur préférée. Hiver 1857 : Couture lui trouve des commandes, lui vend quelques toiles et le pousse a entreprendre un grand tableau. Printemps 1857 : Voyage au Luxembourg et jusqu'en Prusse. 1857 : Expose au Salon a Paris. Hiver 1858 : Peint le portrait posthume du maréchal de Saint-Arnaud. 1858 : Entreprend «La Suisse au bord du Rhin» et l'expose en obtenant un certain succès. Attaque ensuite le «Bataillon en marche sous la pluie». 1859 : Suit la campagne d'Italie. Janvier 1860 : Visite les Iles d'Hyères. 1860 - 1861 : Peint et expose «L'attaque du cimetière de Magenta», «La consigne», «A la régalade», «Vedette». 1862 -1863 : «Les Faucheurs des Alpes», «La Convalescence». 1862 : Organise la fête des Armourins lors de la fête fédérale de gymnastique. 1862 : Expose 9 tableaux à Neuchâtel. 1863 : S'occupe du tir fédéral de La Chaux-de-Fonds et peint «L'Allemagne et et l'Italie apportent aux libres tireurs de la Suisse, réunis au tir fédéral de La Chaux-de-Fonds, les bannières de leur pays, gages de leur amitiés». 1863 : Publie son étude sur le Prince Berthier. 1864 : Entreprend son «Iconographie neuchâteloise» qui a paru en 1878. 1864 : Fondation du Musée Neuchâtelois et de la Société d'histoire et d'archéologie. 1864 : Cours public sur l'histoire du costume. 1864 : Expose à Paris «Mort du lieutenant de Montmollin à la journée du 10 août 1792». 1864 : Publie les albums autographes : «Trois jours de vacances», «Autour de deux lacs», «Un jour au Creux du Vent», «À travers le Jura» jusqu'en 1867. 1864 : Participe au Rameau de Sapin. 1865 : Voyage en Italie. Printemps 1866 : Retourne à Paris. 1866 : Expose à Neuchâtel les «Enfants des Petits Cantons chargeant les armes de leurs pères (1799)». 1867 : Entre à Paris dans l'atelier de Bardas. 1868 : «Daniel Jean-Richard». 1868 : Dès lors, passe souvent ses étés au bord du lac de Thoune. 1869 : Écrit le «Tableau de l'histoire suisse, d'après les compositions originales d'artistes internationaux». 1869 : Présente à Paris «Triomphe et deuil». 1870 : Expose à Neuchâtel «Prière avant la bataille de Morat». 1870 : Travaille pendant l'hiver à Paris à «Tirage au sort». 1870 : Accueille, pendant l'été, à Marin, des réfugiés. Hiver 1870-1871 : Est impressionné par la reddition aux Verrières de l'armée de l'Est du général Bourbaki. Il peint suite à ces événements vingt tableaux importants et dessine deux albums «Aux frontières» et «L'armée de l'Est». Eté 1871 : Séjourne dans les Alpes. 1873 : Préside la Société d'histoire. 1874 : Se marie. 1874 : «La Conversion difficile». 1876 : S'occupe du cortège commémoratif de la bataille de Morat; inaugure la statue de Farel à Neuchâtel. 1878 : «Iconographie de Rousseau» et «Iconographie neuchâteloise». 1878 : Articles sur les artistes neuchâtelois ; la nouvelle intitulée «La Marquise». 1878 : Cycle de conférences à Saint-Blaise. 1881 : «Iconographie de Marat». Novembre 1881 : Parution de «Jean-Louis» suivie d'autres nouvelles telles : «L'Idiot», «Toujours tout droit», «La Maison d'Erasme». 1882 : Organise le cortège historique du tir fédéral à Neuchâtel. 1882 : Commence la rédaction de «Sarah IVemyss» (parution posthume). 1885 : Organise le Musée historique. 1885 : Publie «Paul de Pury 1844-1874». 1885 : Se rend à Coblence pour étudier la garnison du général de Gélieu. 1887 : Cortège historique de Neuchâtel. 1888 : Volume sur «L'Horlogerie neuchâteloise». 1864-1890 : Publie 220 articles dans le Musée Neuchâtelois. Hiver 1889-1890 : Souffre de la gorge. 23 juillet 1890 : Entre à l'hôpital à Berne. 30 juillet : Est opéré par le professeur Kocher. 3 août : Meurt.
Bibliographie
Godet Philippe, «Auguste Bachelin» in Musée Neuchâtelois 1892. Godet Philippe, «Art et Patrie: Auguste Bachelin d'après son oeuvre et sa correspondance» Neuchâtel, 1893. Thévenaz Louis, «Bachelin historien», in Musée Neuchâtelois 1932. Berthoud Dorette, «Bachelin romancier», in Musée Neuchâtelois, 1932. Jeanneret Maurice, «Bachelin peintre», in Musée Neuchâtelois, 1932. Jeanneret Maurice, «Un siècle d'art à Neuchâtel», Neuchâtel 1942. Godet Pierre et Jeanneret Maurice, «Le Pays de Neuchâtel: Beaux-Arts», collection du centenaire de la République, 1848. Allanfranchini Patrice, «Auguste Bachelin (1830-1890) peintre de nos paysages» in Le Gouvernail, février 1990. Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel, «Le fonds Bachelin» en particulier Ms 1759.
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