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Dubuc Roland

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Le Moulin Rouge
Description du produit

Huile sur toile

46 cm x 55 cm

En bon état

Cadre d'origine offert

Oeuvres de Roland Dubuc en vente sur notre site

 

Roland Dubuc un des derniers peintres de Montmartre

Roland Dubuc, l'un des derniers représentants d'une espèce en voie d'extinction: celle des peintres montmartrois, citoyens Je la Butte à part entière dont ils prolongent les saines traditions de cette laborieuse Bohème que chantèrent Murger, Puccini, Dorgelès et Carco.

Affable, le geste rond, yeux pétillants derrière les lunettes à monture d'écaille, sourire gouailleur, cultivant volontiers l'humour à froid, front qu'une calvitie avancée n'en finit pas de prolonger vers le sommet du crâne. Tel apparaît Roland Dubuc né à Caudebec les Elbeuf et qui, au terme d'un long périple de remontée du cours de la Seine, devait jeter l'ancre à Montmartre.

C'est en 1924 que naît le sixième les treize enfants d'une très modeste famille.
La vie est dure au foyer des Dubuc et chacun doit apporter sa contribution aux fins de «faire bouillir la marmite». Ayant atteint sa quatorzième année, Roland entre au service d'une entreprise en qualité d'apprenti peintre... en bâtiment. Par quel mystérieux cheminement le l'esprit, la révélation d'une vocation artistique s'est-elle imposée chez ce garçon, qui deux années plus tard s'embarque pour Rouen, fermement décidé à y tenter sa chance? Se faire une place parmi les peintres de la capitale culturelle de Haute-Normandie, tel est son objectif.

Il n'y connaîtra hélas que la déprimante solitude du vagabond, la faim et le froid. Et pourtant, tout de cette vie misérable comptera peu aux yeux du jeune artiste en instance de se réaliser quand il lui sera donné de rencontrer les peintres Bordes, Letrivic et Frechon desquels il recevra encouragements et précieux conseils. Peindre et vivre de son art- Roland Dubuc le veut de toutes ses forces. Un nouveau départ pour le Havre lui permettra la connaissance des peintres Friboulet et Pailhes desquels le jugement favorable de ses oeuvres lui seront un précieux réconfort. Autre encouragement: quelques tableaux vendus à la galerie Hamon. Certes, cela ne suffit pas à lui assurer une sécurité, mais le conforte quant à la finalité qu'il s'est fixée. Cependant, il faut vivre en exerçant de menus métiers: exemples, ceux de clown dans un cirque et de vendeur ambulant de journaux. Quant à la peinture, Roland doit renoncer à l'huile d'un prix inabordable pour ses pauvres finances; reste la gouache moins onéreuse, discipline dans laquelle il excellera.

C’est alors que Roland décide de s’installer à Paris et plus précisément à Montmartre où il occupera une misérable chambre d’un immeuble vétuste de la rue Saint-Vincent. Un lit, une table, une chaise y tiennent lieu de mobilier. Ce sera dans ce réduit dépourvu de tout confort qu’il brossera quelques-unes de ses éclatantes compositions et recevra quelques rares amateurs tel Michel Doddoli, futur fondateur d'une galerie d'art dont Dubuc sera l'exposant privilégié et qui, dans le présent, lui accorde son parrainage pour le salon «Les grands et les jeunes d'aujourd'hui» présenté au Grand Palais. Ses envois ne manqueront pas d'y retenir l'attention de la critique, préfigurant ainsi sa première distinction officielle alors qu'en 1958 l'artiste se voit attribuer la médaille d'Argent de la ville de Paris que lui vaut La fanfare des pompiers de Montmartre.

C'est à Genève que Roland Dubuc présente sa première exposition hors hexagone. C'est le succès puisque plusieurs de ses toiles sont acquises par le Petit Palais cependant que viennent s'ajouter les achats de collectionneurs helvétiques. Ainsi, peut-il enfin vivre décemment de son art Va-t-il s'établir définitivement sur les bords du Léman? Non, car Paris l'appelle et en particulier Montmartre. Et c'est un Roland Dubuc pour lequel « le temps des vaches maigres » semble révolu, qui retrouve la Butte inspirée.

Nous l'avons dit, Roland Dubuc est l'un des derniers représentants des peintres montmartrois tant par son refus de sacrifier à la facilité, que par la perception du quotidien populiste dont il se fait le traducteur. D'où sa filiation avec Utrillo, Maclet, Gen Paul (Eugène Paul) avec lesquels il partage la spontaniété, cette naïveté propre à la jeunesse du coeur, l'écriture gestuelle incisive, la richesse d'une palette aux couleurs pures, à peine modulées.

« On ne peint pas avec des principes, mais avec ses tripes» affirmait Vlaminck. Ainsi en est-il de Roland Dubuc dont chaque composition semble résulter d'un défoulement, d'une irrésistible impulsion sinon de quelque furie de peindre, maîtriser l'espace pictural, soumettre la matière. Ce sont alors les rutilances du restaurant La mère Catherine, celle des rideaux d'un cirque où se produisent Les clowns musiciens (des souvenirs vécus au premier degré) et encore, l'auvent du Consulat, le bleu, couleur froide et statique, mis en oeuvre pour les bateaux au repos dans Le grand Bassin d'Honfleur, le jaune lumineux se taillant la belle part de la toile pour tel Paysage de la campagne.

Certes Roland Dubuc reste fidèle à la représentation réaliste, cependant s'accorde-t-il le droit d'en interpréter les formes, dépouillées de l'accessoire et partant plus évoquées que commentées.
En conclusion, des oeuvres fortes, marquées au sceau d'un talent éminemment personnel.
Jacques Dubois (Revue « Voir »)

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