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Coghuf-98-68cm-deux-chevaux-serigraphie-1962
Coghuf (sérigraphie)
1500,00 CHF
tony-rusco-mise-en-scene-100-100cm-2017
Fusco Tony
4500,00 CHF
charles-humbert-marguerites-80-60cm-1949
Humbert Charles
2400,00 CHF
coghuf-ferme-franches-montagnes-60-92cm-1953
Coghuf
18500,00 CHF
edmond-de-pury-jeune-femme-48-38cm
De Pury Edmond
3500,00 CHF
andre-sugnaux-le-calme-50-59-1980
Sugnaux André
2500,00 CHF
jean-lurcat-coq-23-23cm-1961
Lurçat Jean
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marius-chambaz-geneve-l-arve-27cm-35cm-1959
Chambaz Marius
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tony-fusco-14-juillet-52cm-37cm-2004
Fusco Tony
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ferdinand-maire-village-en-espagne-50cm-95cm-1960
Maire Ferdinand
3500,00 CHF
andre-sugnaux-vue-de-romont-fribourg-47-61cm-1977
Sugnaux André
1600,00 CHF
janebe-paysage-italie-50-70cm-1957
Janebé (1907-2000)
2500,00 CHF
charles-humbert-fleurs-74cm-60cm-1932
Humbert Charles
2400,00 CHF
tony-fusco-ballet-nuptial-72-91cm-2019
Fusco Tony
3600,00 CHF
jacques-voyet-73cm-54cm
Voyet Jacques
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Veillon Margo (1907-2003)

Le remous dans la vase (1965)
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Description

Gravure originale signée numérotée 8/25 et datée de 1965
12,5 x 17 cm (sur un feuille de 19 x 27,5 cm)
En parfait état
Vendue avec le livre « Divertimenti »

« Divertimenti »

60 dessins de Margo Veillon imprimés sur papier fait à la main
5 pages avec un texte de Vera Bajocchi et une introduction de Max Robert.
Editions littéraires romandes, Genève et Moutier, 1966
20 cm x 29 x 3,3 cm
En parfait état

L’édition spéciale comprend 35 copies numérotées (25 en français, 10 en anglais) avec une gravure originale numérotée et signée par Margo Veillon. (reproduite ci-dessus)

A disposition 3 volumes :

- Exemplaires N° XI avec 1 gravure numérotée 8/25 Image ci-dessus
- Exemplaires N° XII avec 1 gravure numérotée 12/25 (similaire)
- Exemplaire en anglais sans numéro avec une gravure numérotée 8/25 (image ci-dessous)

Description : De-luxe edition of the book published by Editions Litteraires Romandes limited to 35 copies with an extra signed and numbered original etching by the illustrator Margot Veillon. Original pictorial boards with 60 full page drawings on hand-made paper preceded by 5 pages of text.

 

Margo Veillon (1907-2003)

Peintre, dessinateur et graphiste. Mosaïque murale et de façade.
Etudes à l’Académie à Florence et à Paris.
Depuis 1937 en Egypte.
Professeur de peinture à l'Université du Caire.

1907 — Margo Veillon naît au Caire le 19 février 1907, d’un père suisse et d’une mère autrichienne. Adrien, son père, était arrivé en Égypte à l’âge de seize ans et, après une formation commerciale, avait fondé une entreprise d’import-export. Il avait auparavant voyagé en Perse et en Chine, à une époque où ces voyages représentaient encore une aventure téméraire. Du côté paternel, Margo Veillon descend d’une famille d’artistes. Son grand-père, Louis-Auguste Veillon, était un paysagiste apprécié en Suisse Romande, alors que sa grand-tante, Léonie Dupuy, était une portraitiste de grand talent. Sa mère, Joséphine Loos, viennoise de naissance, était allée au Caire comme dame de compagnie d’une comtesse autrichienne.
À sept ans déjà, Margo Veillon se rend compte qu’elle aime dessiner. Son violent désir de liberté inquiète beaucoup sa mère, une femme par ailleurs très tolérante : Margo n’accepte pas le conformisme social et fréquente l’école très irrégulièrement.
Jusqu’à douze ans, Margo fréquente diverses écoles du Caire. Ensuite, elle passe quatre ans en Suisse, dans un institut privé de Zurich, en habitant chez sa grand-mère paternelle, puis dans les Grisons dans un internat pour jeunes filles de bonne famille.
1923 — À seize ans, elle retourne chez ses parents, et la famille déménage alors du Caire à Maadi, un village verdoyant à quinze kilomètres au sud de la capitale. Revenue d’Europe, bien décidée à peindre, Margo trouve dans son nouvel environnement des thèmes et des motifs particulièrement intéressants, non seulement sur les rives du Nil et à l’orée du désert mais surtout dans un village de bédouins devenus sédentaires. C’est là qu’elle commence le dessin rapide avec des modèles en mouvement, tout en fréquentant les cours de l’Académie Scarselli au Caire.
1926 — Premier séjour à Paris, et première lecture de l’œuvre de Picasso.
1927 — Mort de son père.
1929 — Margo part à Paris pour perfectionner sa formation. Elle s’y lie d’amitié avec d’autres artistes qui partagent ses aspirations : notamment le peintre Alfred Pellan, aujourd’hui très connu au Canada, et surtout le sculpteur Sania Rabinovitch, se révèlent d’un grand apport formateur. Ce dernier lui suggère de composer les dessins et les toiles comme un tapis, à petits trait saccadés et lents, ce qui laisse le trait poursuivre son chemin, tandis que l’artiste reste attentive simultanément au détail et au global de l’image. Sa production de ces années-là est une véritable lecture du surréalisme, un travail que Margo appellera « dessins analytiques ».
1932 — Retour à Maadi, qui reste pour elle l’instance originaire du mouvement, de la lumière et de la disposition. Elle reçoit tout ce que le pays lui offre généreusement : l’activité quotidienne des Bédouins, leur vie, leur rythme. Elle travaillera ces thèmes jusqu’à la fin des années cinquante.
1934 — Rencontre du jeune peintre Martin Seidel, qui devient son ami et le compagnon de nombreux voyages. Ils se rendent tous deux en Haute Égypte, où ils visitent Louxor, la Vallée des Rois, les cataractes d’Assouan et le temple d’Abou Simbel. Ils partent ensuite pour l’Espagne, passent six mois à Ibiza. Ils travaillent ensemble à Zurich et reçoivent un prix pour une fresque au bâtiment Walche. Lorsque la deuxième guerre mondiale éclate, Martin Seidel s’enrôle. Il sera tué sur le front russe en 1945.
1939 — Rencontre de Claude Barlow, médecin américain qui s’occupe, en Égypte, de la lutte contre la bilharziose, l’une des maladies tropicales les plus répandues dans le pays. Avec lui débutent une conversation et une écoute qui l’enrichissent considérablement. Avec cette relation, Margo Veillon trouve l’ouverture, et elle traverse des années de joie intense. Un nouvel horizon d’inspiration s’ouvre alors : le désert. Avec Claude Barlow, elle découvre les hautes dunes de Khanka dans une forêt pétrifiée non loin du Caire, le Sinaï, et les oasis occidentales. Ce qui séduit beaucoup Margo Veillon, c’est le sable dans ses tons les plus extraordinaires, qu’elle recueille et catalogue pour l’utiliser ensuite avec un mélange de couleurs, comme matériau pour ses tableaux.
Une autre rencontre décisive est celle de Suzanne Viterbo, avec laquelle elle va à deux reprises faire de la peinture dans la région des cataractes d’Assouan. C’est alors qu’apparaissent dans l’œuvre de Margo Veillon les « carnets de notes », ou « journaux », aujourd’hui exposés au Musée de l’Université Américaine du Caire : recueils d’esquisses, d’aquarelles, de textes, de poésies, d’aphorismes puis, plus tard, de photographies, réunis dans des cahiers, qui deviendront d’inextinguibles et vivantes archives pour le futur.
1945-48 — Margo Veillon rencontre Yvette Ayrout et son frère Henri, jésuite, fondateur de l’œuvre des écoles gratuites des villages de Haute Égypte. Le religieux lui présentera les paysages de Moyenne Égypte, où Margo Veillon débute, de village en village, un nouveau chapitre de son texte pictural.
1947 — Décès de sa mère.
1950 — Margo Veillon se fait construire une petite villa à Maadi, composée d’un très vaste atelier dans lequel elle vivra et travaillera jusqu’en 2003. Margo Veillon commence à donner des leçons de peinture dans de petites équipes de quatre à cinq personnes.
Avec sa compatriote Anne Escher, qui vit à Alexandrie, femme sportive et aimant le désert, elle se rend à pied, escortée par des Bédouins, dans les hautes vallées du Sinaï, toujours dans sa recherche autour de la couleur et de la texture des paysages.
Elle accomplit ensuite deux voyages avec Georg Gerster, photographe suisse passionné de voyages scientifiques. Le premier l’emmène dans la partie égyptienne de la Nubie, le second au nord du Soudan, avant que la construction du barrage d’Assouan ne fasse engloutir pour toujours les villages de cette région. Margo Veillon garde de ces voyages, et de cinq autres qu’elle fait les années suivantes, un « carnet de notes », qui est édité en Angleterre en 1994, par Scorpion Publishing, sous le titre Nubia, sketches, notes and photographs.
Toujours avec Georg Gerster et la même année, elle accomplit le voyage de Ouadi Halfa à Khartoum, par voie de terre, dans une région isolée et pratiquement dépourvue de routes.
1959 — Margo Veillon travaille une année avec son amie et élève Lydia Farahat, poursuivant la recherche autour des portraits et de natures qui ne sont plus mortes, exercices qu’elles accomplissent avec une rigueur absolue.
1960 — Jamais satisfaite, toujours plus exigeante, Margo Veillon prend en main le crayon et commence à dessiner, sans bien savoir ce qui apparaîtra. C’est ainsi que naissent des motifs complexes qui, d’un seul trait, mais sans linéarité, surprennent l’artiste elle-même. Elle nomme ces dessins — inspirés souvent de dessins des expéditions napoléoniennes —Divertimenti. En 1968, soixante de ces dessins sont publiés à Lausanne, aux Éditions Moutier.
1961 — Margo Veillon se lie d’amitié avec les trois sœurs Morcos Fahmy : Alice, Andrée et Soraya. Ces trois femmes, de culture française, possèdent une « isba » dans les environs de Mahallet Malek, dans le nord du Delta du Nil. En 1962, les trois sœurs mettent leur propriété à la disposition de Margo Veillon, et elle y séjourne de longs mois, parfois même tout l’été. C’est là qu’elle explore un regard nouveau, qu’elle appelle perspectives englobantes. Il s’agit d’une tentative de restituer les objets simultanément de face et de périphérie. Elle peint aussi avec des moyens insolites, en utilisant, à la place des pigments ordinaires, du sable coloré qu’elle dépose sur un fixateur constitué de résines acryliques.
1966 — Rencontre de Penelope Bennett, écrivain et céramiste anglaise, qui lui montre Londres dans tous ses détails. Margo Veillon dessine un grand nombre d’esquisses qu’elle retravaille à l’aquarelle, puis plusieurs années plus tard, à l’huile. Les deux amies voyagent ensemble en Europe, aux États-Unis et en Afrique. Depuis, chaque année, Margo Veillon prolonge son séjour en Europe par une visite à Londres avec son amie Penelope Bennett.
1968 — Elle part pour l’Éthiopie, où elle séjourne auprès de la mission de recherche des États-Unis, d’abord à Adis Abeba, puis à Gambela.
1970 — Elle fait la connaissance de Sylvia Kernthaler, peintre, et de Linette Matouk, qui devient son élève préférée. Elle travaille assidûment avec Christina Stoermer.
1974 — Pour cette Suissesse d’Égypte, le désert et les Bédouins, la vie sereine et silencieuse des fellahs et des pêcheurs, celle mouvementée et rythmée des quartiers populaires du Caire, présents dans la plus grande partie de ses oeuvres, sont devenus au cours des années des prétextes inépuisables pour peindre et peindre encore. Ces thèmes sont devenus les rendez-vous avec la peinture, qui ont donné le rythme de son chemin artistique autant que de son parcours culturel. De l’écoute et de l’observation de la vie quotidienne dans le Mouski — le souk de la capitale égyptienne — elle tire une série de seize dessins magistraux, publiés à Lausanne, la même année, par Serge Dulac, avec comme titre La vie autour des charrettes.
1989 — Elle travaille dans son atelier de Maadi, se rend chaque année, à l’été, à Zurich et à Londres. Les toiles de cette année, qu’elle nomme Splash, sont le fruit d’une écoute toujours plus large et d’une recherche particulière, que l’artiste traduit dans un geste généreux et rapide.
1990 — Margo Veillon débute, à quatre-vingts trois ans, une nouvelle série de tableaux qu’elle appelle Nocturnes. Ils sont presque tous élaborés et conclus au cours d’une seule nuit : des travaux rapides, intenses, comme des aphorismes. Ils témoignent de l’accomplissement de la recherche — qui est loin d’être finie — du chiffre de Margo Veillon.
Le long de cet itinéraire qui traverse un siècle, Margo Veillon a accompli un grand voyage qui a traversé l’Italie, la Grèce, l’Espagne, la France, le Guatemala, les États-Unis, l’Angleterre, le Mexique, le Soudan, l’Ethiopie, la Suisse. Et chacun de ces pays trouve sa trace dans son oeuvre. « Je n’ai jamais voyagé pour voyager », disait-elle souvent. Son voyage est le voyage de la peinture.